www.linternaute.com Actualite
L'Internaute > Actualité >
Untitled Document Présidentielle 2007 > François Bayrou répond aux lecteurs de L'Internaute
Untitled Document

Le tac au tac de la rédac

Lire l'intégralité des réponses

En savoir plus

Chargement en cours...

 

Frédéric : Que pensez-vous du Darfour ? Si vous êtes élu, envisagez-vous de prendre des mesures concrètes afin de stopper ce nouveau génocide.
F. B. : Comme vous le savez peut-être, je suis le seul responsable politique français à m'être rendu au Darfour, il y a deux ou trois ans, parce que je voyais bien venir ce qui était en train de se former là-bas, qui est en effet une guerre, un génocide, enfin beaucoup de choses extrêmement cruelles et fortes en même temps.

Qu'est-ce que c'est le Darfour ? Ce sont des dizaines de camps, comportant chacun des dizaines de milliers de personnes qui vivent sur le sable avec parfois une toile de plastique au-dessus de la tête. Ils n'ont rien. Ils n'ont rien et on leur a tout pris à jamais parce que, ce que l'on ne sait pas toujours, c'est que le droit de la terre au Soudan est tel que si vous cessez de la cultiver pendant un an, elle ne vous appartient plus. Voilà pourquoi on les chasse, voilà pourquoi on viole, on met le feu. On fait tout cela pour qu'ils s'en aillent et perdent ainsi leurs terres. C'est donc le désespoir le plus absolu que l'on puisse imaginer.

Qu'est-ce qu'il faut faire ? Il faut faire pression sur le gouvernement soudanais pour qu'il accepte une force d'interposition internationale de l'ONU et de l'Afrique. Et pour cela, il est nécessaire que le gouvernement chinois, qui s'est institué comme protecteur du gouvernement soudanais au conseil de sécurité de l'ONU, comprenne que la conscience internationale n'acceptera pas que l'on tolère ces horreurs, alors que l'on sait ce qu'il se passe, et que l'on a en face de soi des armements inexistants. L'arme la plus élaborée doit être une mitrailleuse et peut être un hélicoptère. Ceci est donc un travail international qui mérite que l'on s'adresse aux autorités chinoises, en disant qu'il y a là quelque chose que, même pour du pétrole, même pour des matières premières - puisque c'est cela l'objet de la protection chinoise -, on ne peut pas faire. Voilà ce que j'ai l'intention de faire.

Concrètement, la France est à la frontière du Soudan, au Tchad, mais le plus important à faire est de manifester, en parlant aussi clairement que je viens de le faire, qu'il y a des choses inacceptables. Que l'on respecte tout, mais que quand il y a un génocide, la communauté des nations décide d'intervenir.


» 
Lire la suite : "L'Europe doit s'occuper des salariés du privé"

Chaine Actualité Envoyer | Imprimer Haut de page