Vendredi 27 avril 2007 - Michel Barnier, ancien ministre
de l'Environnement et des Affaires étrangères, ancien commissaire
européen, est conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Spécialiste
des questions internationales et européennes, il a répondu à
vos questions.
Dans le feu de l'entre-deux tours : débats
et polémiques

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L'Internaute Magazine / Agathe Azzis |
| "Je
sais que Nicolas Sarkozy continuera de se comporter en homme d'Etat" |
On dit que Nicolas Sarkozy a fait pression sur
Canal + pour annuler le débat entre Royal et Bayrou... Qu'en dites-vous ?
C'est ridicule. Nous sommes dans un pays libre : deux candidats
du premier tour peuvent se rencontrer quand ils veulent sans faire toutes ces
histoires.
M. Sarkozy a évoqué une note
du PS contre François Bayrou, qui aurait été retirée du site des socialistes hier...
Vous en avez entendu parler ?
J'ai
entendu parler d'une critique très dure du programme de François Bayrou par le
PS avant le premier tour. Il y a même eu des mots très durs contre lui des dirigeants
socialistes qui ont visiblement la mémoire courte maintenant, alors qu'ils cherchent
à récupérer les voix de François Bayrou. Je pense que les électeurs, eux,
n'ont pas la mémoire aussi courte.
Comment
se fait-il que tant de personnes craignent Nicolas Sarkozy ? Que compte-t-il faire
pour être plus apprécié ?
31% des Français ont
déjà répondu à cette campagne très injuste, même caricaturale que ses adversaires
ont tenté de mener contre lui. Je suis sûr que ce mouvement populaire et positif
va continuer au deuxième tour. Les Français veulent voter pour et non pas contre.
Quelle indépendance M. Sarkozy aurait-il, s'il
est élu, vis-à-vis des grands patrons (dont l'un est le parrain de son fils) ?
Laissons de côté la vie personnelle et privée.
Je sais que Nicolas Sarkozy continuera de se comporter en homme d'Etat comme il
l'a fait en tant que ministre et qu'il prendra, si les Français lui font confiance,
des décisions conformes à l'intérêt général.
Que
pensez-vous de l'EPR de Flamanville ?
Le continent
européen et la France doivent impérativement travailler pour leur indépendance
énergétique. Regardons les choses en face, notre pays n'a pas de pétrole, de gaz.
C'est le choix électronucléaire qui nous a permis d'être relativement indépendant
jusqu'à aujourd'hui. Il faut continuer la recherche, prendre le temps des concertations
et des explications. Au-delà de l'EPR, et du nucléaire en général, je pense que
nous devons intensifier nos efforts pour économiser d'une part, et pour les nouvelles
énergies d'autre part.
Est-ce que vous
voyez beaucoup de points communs entre la politique que Nicolas Sarkozy souhaite
conduire et celle mise en œuvre par Sylvio Berlusconi, comme certains le laissent
entendre ?
D'abord, Sylvio Berlusconi n'est
plus au pouvoir en Italie. Ensuite, la situation en Italie et en France n'est
pas la même. Je peux trouver des points communs avec tel ou tel dirigeant européen,
y compris des dirigeants socio-démocrates. Mais ce genre de comparaison ne nous
aidera pas à résoudre des problèmes français qui ne dépendent que de nous.
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chat : La campagne du PS