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"Bruits de couloirs..."

Apparus au début du XIXe dans les couloirs ("lobby" en anglais) de la Chambre des communes britanniques, les "lobbies" désignent aujourd'hui tous les groupes de pression qui tentent de peser sur les décisions politiques. "Lobby bancaire", "lobby du sucre", "lobby homosexuel", ONG, syndicats... Privés ou publics, associatifs ou économiques, tous les groupes d'intérêts mettent désormais en œuvre des stratégies de communication et d'influence, aux niveaux national et international. Et pour faire valoir leurs causes, ils ont de plus en plus souvent recours à des "professionnels de l'influence" et de l'intelligence économique. Mais entre "pros" et "antis", les lignes d'affrontement fluctuent souvent : les alliances se font et se défont vite dans les couloirs de l'Assemblée. "Chasseurs écolo" ou "écolo pour une chasse raisonnée" brouillent par exemple les pistes sur le dossier de la chasse. Et en octobre 2006, une campagne des professionnels du sucre contre les substituts a failli faire voler en éclat leur alliance traditionnelle avec les géants de l'agroalimentaire.

Le "retard" français

Mais contrairement aux pays anglo-saxons où les lobbies sont partie intégrante du système démocratique (20 000 lobbyistes sont officiellement enregistrés auprès du Congrès américain), les lobbies ont toujours une image très négative et sont peu encadrés en France. La "faiblesse" du lobbying français est apparue au grand jour lors du processus de désignation du pays d'accueil des JO de 2012 : selon le lobbyiste Thierry Coste, "les JO en France ont été pilotés par des politiques, alors que Madrid et Londres ont mis en place un pilotage par des professionnels du lobbying avec utilisation des politiques au coup par coup".

Stopper les dérives

Le manque de réglementation du lobbying et ses pratiques abusives viennent d'être une nouvelle fois révélés par l'enquête des journalistes Hélène Constanty et Vincent Nouzille ("Des députés sous influence") : opacité totale sur la distribution de badges d'accès, recrutement d'assistants parlementaires par les lobbies, financement de voyages et de colloques...

En juin 2006, le groupe Suez est allé encore plus loin en offrant des invitations à la finale du Mondial de football aux députés, quelques semaines avant l'adoption du projet de loi autorisant la fusion de Suez et de GDF. Cette pratique a provoqué un sursaut de la part de certains parlementaires : le 31 octobre, les élus Verts ont demandé l'ouverture d'une enquête judiciaire sur le lobbying de Suez et la création d'une commission d'enquête parlementaire sur ces pratiques. Les députés UMP Arlette Grosskos et Patrick Beaudouin ont déposé une proposition de règlement visant à mieux encadrer l'accès des lobbyistes au Parlement (L'interview de Patrick Beaudouin).

 

A lire

»  "Le vrai pouvoir d'un lobby" de Thierry Coste (Bourin Editeur, mars 2006) Consulter les libraires en ligne

 

»  "Députés sous influence - Le vrai pouvoir des lobbies à l'Assemblée nationale" d'Hélène Constanty et Vincent Nouzille (Fayard, octobre 2006) Consulter les libraires en ligne

 

Sur L'Internaute Magazine

» Le chat avec Thierry Coste sur "Le vrai pouvoir d'un lobby"

» Dossier : "Nucléaire, idées reçues et idées nouvelles"

» Dossier : "Vers une France sans tabac ?"

» Article : "Premiers bilans de l'interdiction de fumer en Europe""

» Dossier : "Faut-il avoir peur d'ITER ?"

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