Frigide Barjot : "Est-ce qu'on demande de l'argent à la Gay Pride pour nettoyer les rues ?"

La fantasque porte-parole des anti-mariage gay a répliqué vertement (et laborieusement) à Bertrand Delanoë qui veut faire payer aux manifestants les dégradations faites lors de la "Manif pour tous". Florilège.

Depuis des semaines, son visage incarne la résistance contre le projet de loi sur le mariage pour tous sur tous les plateaux de télévisions et dans tous les articles de presse. Ancienne humoriste déjantée et jet-setteuse, Frigide Barjot a réussi à faire accepter son style provocateur et son franc parler aux milieux catholiques depuis qu'elle a eu, dit-elle, une révélation sur sa foi. Tenue rose et cheveux ébouriffés, c'est encore elle qui s'est exprimée devant les caméras pour répondre à Bertrand Delanoë cette semaine. Le maire de Paris a envoyé une facture de 100 000 euros au ministère de l'Intéreur, qui avait autorisé la "Manif pour tous" dans la capitale le dimanche 13 décembre. Le motif : les centaines de milliers de manifestants contre le mariage homosexuel présents ce jour là auraient massacré les pelouses du Champs de Mars. Dans son franc-parler toujours aussi désarçonnant, Frigide Barjot s'est de nouveau laissée aller face aux caméras de France 3.

"J'appelle tous les citoyens à vernir aujourd'hui replanter le Champs de Mars comme l'a justement dit Laurence Cheng, de la Gauche pour le mariage républicain (un groupe créé sur Facebook pour protester contre le projet du gouvernement – NDLR)." Puis Frigide Barjot a comparé la préservation des "brins d'herbe du Champs de Mars" avec celle des "générations futures" remise en cause selon elle par la loi Taubira. La porte-parole des anti-mariage gay s'est ensuite indignée de la demande de Bertrand Delanoë : "Il n'a jamais été demandé d'argent après les autres manifestations. La Gay Pride par exemple, est-ce qu'on demande de l'argent pour nettoyer les rues ?", s'est-elle interrogée.

Dans la vidéo de France 3, Frigide Barjot semble en outre peu à l'aise quand il s'agit de défendre le chiffrage de la participation à la manifestation. Une séquence qui pourrait faire ricaner les partisans du mariage pour tous. "Chaque cortège, qui fait 5 km à 50 000 personnes par heure, sur 6 heures, ca fait 120 000 par cortège", avance-t-elle péniblement dans la vidéo, face aux micros des journalistes, avant de se reprendre et de balbutier : "On ne peut pas être à 348 000 tout... tout... TTC ! C'est pas possible" (sic). Et la militante de conclure : "Le général Dary (ancien gouverneur militaire de Paris, favorable aux manifestants - NDLR), qui est général qui sait mieux compter que moi et qui est plus précis parce qu'il est général, il est arrivé au plus bas et au plus strict à 800 000".

  Voir la vidéo sur le site de France 3

Autre chiffre sujet à caution : celui des fonds collectés lors de la manifestation, qui pourraient satisfaire la demande du maire de Paris. Le chiffre de 1 million d'euros circulait dans les médias. Frigide Barjot dément et parle d'une "quête" de 600 000 euros. "Pour 1 million de personnes, ça fait 0,86 euro par personne", lance-t-elle avant que quelqu'un ne la reprenne en arrière plan avec la bonne moyenne : "0,6 euro". "Bon je ne sais pas compter", finit-elle par conclure, penaude.

Frigide Barjot, de son vrai nom Virginie Tellenne, avait milité en 1999 en faveur du Pacs. Ancienne étudiante de sciences-Po issue d'un milieu bourgeois de droite conservatrice, elle avait d'abord rompu avec ces origines. Habituée des soirées mondaines, elle a même chanté dans un groupe de rock, les "Dead Pompidou's". Mais en 2004, elle redécouvre la foi divine au point de devenir une véritable attachée de presse de Jésus et de défiler au côté des ultra-conservateurs de Civitas. Depuis la mise sur les rails du projet de loi autorisant le mariage et l'adoption pour les couples homosexuels, elle tente de regrouper des militants socialistes, des homosexuels et plus largement les opposants au mariage homo sous sa bannière.

EN VIDEO - Le portrait de Frigide Barjot, tête de gondole des anti-mariage homo :

Mariage / Bertrand Delanoë

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