Les habitants de l'outre-mer plus "friands" de sucre qu'en métropole ?

Certains aliments, comme les yaourts ou les sodas, contiennent plus de sucre en outre-mer qu'en métropole. Pourquoi une telle différence ?

Mercredi 27 mars, les députés français ont adopté un projet de loi socialiste pour rétablir l'équité entre l'alimentation en outre-mer et en métropole. Cette semaine a été révélée au grand public une situation étonnante : d'une part, les dates de péremption de certains yaourts ont des dates deux fois plus longues en outre-mer qu'en métropole. D'autre part, certains produits pourtant étiquetés de la même manière présentent des quantités de sucres plus élevées dans les collectivités ultramarines qu'en métropole. Le nouveau texte vise à harmoniser la composition des produits, sur tout le territoire français.

Pourquoi cette différence au niveau de ces taux de sucre, principalement observée dans les sodas et les yaourts ? Victorin Lurel, ministre de l'outre-mer, pointe le rôle des industriels qui auraient, selon lui, des préjugés "selon lesquels les habitants des outre-mer seraient plus friands de sucre que les autres Français". Ainsi, les limonades contiennent 12 % de sucre en plus dans ces territoires, 12 % également pour les yaourts aux fruits. Une différence entre l'outre-mer et la métropole qui grimpe à 13 % pour les yaourts natures et même à 20 % pour les boissons gazeuses aux fruits. Des différences discriminantes, pour des territoires globalement plus touchés par l'obésité que la métropole. Pour Jean-Louis Lambert, sociologue des pratiques alimentaires, qui publie une chronique sur Le Nouvel Observateur, il y aurait une explication historique à cette plus grande teneur en sucre : "Les terres d'outre-mer ont été pendant des siècles des lieux de production de sucre. Quand des êtres humains se trouvent dans un environnement qui met à leur disposition un aliment, ils s'habituent à le consommer dès le plus jeune âge. C'est une sorte de conditionnement des préférences alimentaires."

Le nouveau texte de loi devrait également être examiné par le Sénat au mois de mai. Il doit aussi mettre un terme aux différences en matière de dates de péremption.

EN VIDEO – Des avions qui carburent au sucre, c'est possible !

Victorin Lurel

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