Pape François : le "pape des pauvres"

Pape François (François Ier) : biographie, secrets, opinions, actualité... Jorge Mario Bergoglio, le pape François, est le 266e pape de l'Eglise catholique. Il s'agit du premier pape des Amériques, du premier pape jésuite, du premier pape à s'appeler François. Biographie, secrets, opinions, actualité... Toutes les infos.

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Le pape François. © AFP

Son nom a créé la surprise. Jorge Mario Bergoglio a été élu après 5 tours de votes au sein du conclave et a salué la foule le 13 mars 2013, après 20 heures. Les premiers mots du 266e pape ? "Les cardinaux sont allés me chercher au bout du monde !". Un trait d'humour pour débuter le pontificat. Cet Argentin ne faisait pas partie des favoris pour diriger l'Eglise catholique. Il est le premier pape à venir de l'autre côté de l'Atlantique, le premier à être Jésuite. Mais aussi le premier à avoir choisi de s'appeler François. En 2005, la rumeur dit qu'il avait déjà réuni plusieurs dizaines de voix après la mort de Jean-Paul II. Mais au sein de ce conclave, le cardinal argentin aurait expliqué ne pas être prêt pour assumer cette charge. C'est finalement Joseph Ratzinger, alias Benoît XVI, qui avait pris la tête de l'Eglise. A 76 ans, Jorge Mario Bergoglio accède ainsi à son tour en 2013 à cette fonction suprême. En homme humble et conservateur.

Enfance et origines du pape François

Jorge Mario Bergoglio est né le 17 décembre 1936 à Buenos Aires, dans une famille modeste d'origine italienne. Son père, Mario Bergoglio, est un cheminot originaire de Turin. Sa mère, Regina Maria Sivori, était femme au foyer. Jorge Mario Bergoglio a quatre frères et sœurs. Sa santé est fragile : opéré à l'âge de 20 ans, après une maladie infectieuse respiratoire, l'Argentin ne dispose plus que d'un seul poumon. Le futur pape François a suivi  des études de technicien chimiste, avant de finalement se tourner, en 1958 à l'âge de 22 ans, vers la foi.

Un pape jésuite, une première

Jorge Mario Bergoglio a choisi de devenir Jésuite. Cela signifie qu'il fait partie de la Compagnie de Jésus, une obédience dévouée à la papauté. Pour intégrer cet ordre, les études sont longues. Le futur pape a ainsi étudié pendant une quinzaine d'années plusieurs matières, dont la théologie, la philosophie et la psychologie.

Outre l'espagnol, il parle couramment l'italien, qui est la langue de ses parents, mais aussi l'allemand et évidemment le latin.

Ordonné prêtre en 1969, ce n'est qu'à l'âge de 37 ans qu'il a achevé son parcours initiatique, en prononçant son dernier vœu, celui d'allégeance au pape. Conformément à la tradition jésuite, Jorge Mario Bergoglio est donc un intellectuel. Un érudit, qui, outre l'espagnol, parle couramment l'italien, qui est la langue de ses parents, mais aussi l'allemand et évidemment le latin. Durant son temps libre, il aime lire les œuvres de Jorge Luis Borges et de Dostoïevski, mais feuillette aussi la presse. Il est également amateur d'opéra.

Un homme humble, engagé contre la pauvreté

La vie de Jorge Mario Bergoglio est marquée par l'austérité, lui qui se lève à 4h30, pour terminer sa journée à 21 heures. Le pape François est décrit comme un homme timide, humble, tout en retenue. Un religieux qui n'est pas expansif, préférant la modestie. Et il fuirait volontiers le faste : il a  été consacré cardinal par le pape Jean-Paul II le 21 février 2001 et s'est rendu à cette cérémonie à pieds, tout simplement. Une anecdote qui fait écho à ses premiers jours en tant que pape. En effet, au soir de son élection, le mercredi 13 mars 2013, le pape François a refusé de monter dans une voiture avec chauffeur, préférant se glisser dans le minibus emprunté par les cardinaux pour se rendre à la maison Sainte Marthe.

A l'hôpital de Buenos Aires en 2001, le futur pape avait lavé les pieds de douze patients malades du sida.

De même, lorsqu'il a été nommé archevêque en Argentine, le futur pape a privilégié la vie dans un appartement modeste plutôt que dans un somptueux palais auquel il avait pourtant droit. Il voyageait alors en transports en commun.

La grande cause du pape François ? La pauvreté, qu'il définit comme une "violation des droits de l'homme". En visite dans un hôpital de Buenos Aires en 2001, le futur pape avait lavé les pieds de douze patients malades du sida, affirmant à la presse que la "société oublie les malades et les pauvres". Le nouveau pape a donc rapidement gagné un surnom : le "pape des pauvres". Durant sa carrière en Argentine, il s'est en effet rendu régulièrement dans les bidonvilles, à la rencontre de la misère. Il s'y est même installé un temps, pour soutenir un prêtre menacé par des trafiquants de drogues.

Le nom choisi par le 266e pape, François, n'est d'ailleurs pas anodin. Il renvoie notamment à Saint François d'Assise, ce religieux d'origine italienne qui, issu d'une famille aisée, avait fait le choix de la pauvreté, se mêlant aux lépreux et allant jusqu'à faire l'aumône.

Mariage homosexuel, avortement...

Le "pape des pauvres" n'est pas un pape réformiste. Sur de nombreux sujets de société, il partage les positions de ses prédécesseurs, qu'il s'agisse de la question de l'avortement, de la contraception, de l'ordination des femmes ou du mariage homosexuel. François apparaît donc comme un pape conservateur.

Il s'est aussi dressé contre le droit accordé aux transsexuels de changer d'état civil en Argentine.

Ainsi, lorsque le projet de loi sur le mariage homosexuel a été débattu en Argentine, Jorge Mario Bergoglio s'est fermement opposé à cette réforme, qualifiant le mariage entre deux personnes de même sexe de "recul anthropologique". Il s'est aussi dressé contre le droit accordé aux transsexuels de changer d'état civil en Argentine. Sur ces thèmes, le pontificat du pape François n'adopte donc pas de positionnement révolutionnaire.

Jorge Mario Bergoglio a cependant pris position en 2012 contre des prêtres argentins qui refusaient de baptiser des enfants nés hors mariage, qualifiant ces curés d'"hypocrites".

Des liens flous avec la dictature argentine

François a-t-il été complaisant avec le régime, alors qu'il était responsable national des Jésuites d'Argentine ?

Une ombre plane sur le pape François : l'attitude de ce religieux durant la dictature des années 1976-1983 est pointée du doigt par certains Argentins. Il n'existe actuellement aucun document qui permettrait de lier le pape avec la dictature militaire. Mais le sociologue de l'université de Buenos Aires, Mallimacci Fortunato a notamment avancé dans la presse argentine que des "témoins ont déclaré que Bergoglio n'a non seulement pas lutté contre la dictature, mais qu'il aurait même contribué à l'enlèvement, la torture ou la disparition de nombreux prêtres et laïcs". Des affirmations qui n'ont jamais été prouvées. François a-t-il été complaisant avec le régime, alors qu'il était responsable national des Jésuites d'Argentine ? D'aucuns lui reprochent en tout cas de ne pas s'être suffisamment engagé contre la dictature.

Avec le pouvoir actuel en Argentine, Jorge Mario Bergoglio a entretenu des relations tendues. Au rang de ses détracteurs figurent aussi une partie de l'opinion publique britannique. Ainsi, en 2011, Jorge Mario Bergoglio, prenant clairement position dans le conflit qui oppose le Royaume-Uni à l'Argentine sur les Malouines, avait ainsi affirmé que "les Malouines appartiennent à l'Argentine".

Fan de football       

Dans un domaine plus léger, un autre trait de la personnalité du pape François : cet Argentin aime le football. Il est ainsi fan du club de Buenos Aires San Lorenzo. Et admire son compatriote et quatre fois Ballon d'or Lionel Messi.

EN VIDEO – François est le premier pape jésuite de l'histoire de l'Eglise catholique.

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