Tétrazépam : pourquoi ce médicament risque-t-il d'être retiré ?

Ce médicament contre les contractures musculaires douloureuses pourrait voir son autorisation de mise sur le marché retirée. Pourquoi ?

L'Agence européenne du médicament s'est prononcée : elle est pour le retrait de l'autorisation de mise sur le marché (AMM) du tétrazépam, ce médicament utilisé dans les cas de contractures musculaires douloureuses. Le nom tétrazépam n'est pas forcément le plus connu du grand public, la molécule (de la classe des benzodiazépines) est commercialisée sous le nom de Panos Gé, Mégavix Gé ou Myolastan. Il s'agit d'un myorelaxant, c'est-à-dire d'un relaxant pour les muscles. Ce médicament est commercialisé dans plusieurs pays européens, dont en France depuis 1969, et pourrait donc bientôt quitter les pharmacies de l'Union européenne. 

Mais pourquoi le tétrazépam risque-t-il de perdre son autorisation de mise sur le marché ? C'est l'Agence française du médicament, l'ANSM, qui a alerté l'échelon européen sur ce médicament en janvier dernier. En effet, outre la somnolence, d'importants effets indésirables ont été constatés avec la prise de ce médicament. Des réactions cutanées importantes, dont des syndromes de Lyell et de Stevens-Johnson. En bref, certains patients ont subi une destruction brutale de la couche superficielle de la peau et des muqueuses. D'autres ont connu un syndrome d'hypersensibilité médicamenteuse. Mais ce n'est pas tout, l'Agence nationale de sécurité du médicament a aussi pointé les effets neurologiques de ce médicament, qui peut entraîner une dépendance, mais aussi des effets psychiatriques, notamment des tentatives de suicide. Ainsi, dans un rapport daté de novembre 2012, le centre régional de pharmacovigilance de Bordeaux, fait état de cinq suicides et cinq tentatives de suicide.

Pour l'heure, c'est à la Commission européenne de se prononcer sur ce médicament. Et sa décision s'imposera dans toute l'Union. Depuis décembre 2011, le tétrazépam n'est plus remboursé par la Sécurité sociale en France.

EN VIDEO – Les mises en garde sur les médicaments se sont multipliées ces derniers mois. Fin janvier, l'Agence du médicament a annoncé la suspension de la commercialisation de la pillule Diane 35, médicament anti-acné utilisé comme contraceptif par de nombreuses Françaises.

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