Cabu, Charb, Wolinski, Tignous : les dessinateurs morts étaient des cibles depuis longtemps

Cabu, Charb, Wolinski, Tignous : les dessinateurs morts étaient des cibles depuis longtemps Cabu, Charb, Wolinski et Tignous sont parmi les victimes de l'attaque de Charlie Hebdo ce mercredi matin. Leur mort était préméditée si l'on en croit la description du drame et les menaces qui ont précédé.

[Mis à jour le 7 janvier 2015 à 15h51] Ce sont (au moins) quatre grands dessinateurs et caricaturistes français qui ont été tués lors de l'attentat contre le journal Charlie Hebdo ce mercredi 7 janvier 2015. La mort de Cabu, Charb, Wolinski, et Tignous, parmi les 12 victimes de l'attaque, a été confirmée par l'avocat de l'hebdomadaire, en début d'après-midi. Jean Cabut, Stéphane Charbonnier, Georges Wolinski et Bernard Verlhac ont été froidement assassinés par deux hommes cagoulés, se réclamant d'Al Qaida selon les témoins. D'après les personnes présentes, et notamment la dessinatrice Coco qui s'exprime dans le Figaro, les caricaturistes étaient clairement visés par les assaillants. En sortant du bâtiment, ces derniers ont hurlé avoir "vengé le prophète" et que "Charlie Hebdo [était] mort".

Ce que François Hollande qualifie d'ores et déjà "d'attentat" semble, de fait, clairement prémédité. Depuis la publication dans Charlie Hebdo des caricatures de Mahomet, qui avaient fait grand bruit après leur sortie dans un journal danois (le Jyllands-Posten) en 2005, l'hebdomadaire satirique, adepte de la provocation, y compris sur le terrain religieux, faisait l'objet de vives menaces des islamistes. Philippe Val, alors directeur de "Charlie",  avait été menacé à mort. Six ans plus tard, les locaux de Charlie Hebdo avaient été incendiés en pleine nuit via un cocktail Molotov, en 2011, alors qu'un numéro intitulé "Charia Hebdo" s'apprêtait à paraître. L'année dernière, Stéphane Charbonnier (Charb) était cité dans Inspire, le magazine de propagande d'Al-Qaida parmi les personnalités à abattre. Le caricaturiste et patron de Charlie Hebdo était déclaré "recherché mort ou vif pour crimes contre l'islam". Le site américain The Atlantic avait rapporté cette information indiquant qu'un message d'encouragement accompagnait cette liste : "Yes we can, une balle par jour maintient les infidèles à distance". 

Interrogé sur cette publication, Charb, sous protection judiciaire, indiquait ne pas avoir peur mais ajoutait qu'il restait "prudent". Le journal Le Monde a exhumé des propos de Charb qui, encore récemment, bravait la menace. "C'est peut-être un peu pompeux ce que je vais dire, mais je préfère mourir debout que vivre à genoux." Il jugeait les personnes à l'origine de ces menaces "d'ultra-minoritaires" et ceux susceptibles de passer à l'acte "encore plus minoritaires". Il aura finalement fini par croiser l'une de ces personnes.

EN VIDÉO - Charb était la bête noire des islamistes. Son dernier dessin justement, il l'avait intitulé : "Toujours pas d'attentats en France..."

Stéphane Charbonnier est né à Conflans-Sainte-Honorine le 21 août 1971. Le dessinateur avait publié dans Fluide glacial, l'Huma, L'Echo des savanes ou encore Télérama. Il venait de publier un dessin sur les islamistes dans Charlie hebdo.

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