Virus géant en Sibérie : le mollivirus sibericum, un danger ?

Virus géant en Sibérie : le mollivirus sibericum, un danger ? La découverte d'un virus géant vieux de 30 000 ans interroge la communauté scientifique qui appelle à s'interroger sur l'exploitation des sols dans les régions arctiques.

La découverte a été réalisée par des chercheurs français experts en biologie : en Sibérie, dans le permafrost, se cachait depuis 30 000 ans un virus géant d'un genre totalement inconnu jusqu'alors. Les travaux des scientifiques ont été publiés dans la revue PNAS le 7 septembre. Grâce à des analyses de génomique, transcriptomique, protéomique et métagénomique, un portrait assez détaillé du virus, baptisé "Molliviris sibericum", a pu être effectué. Il est formé d'une coque d'environ 0,6 micron et détient un génome impressonnant de 650 000 paires de base "codant pour environ 500 protéines". Sa taille lui permet d'être facilement observable à partir d'un simple microscope optique. Pour les chercheurs, cette découverte "suggère que les virus géants ne sont pas rares et sont très diversifiés et prouve aussi la capacité des virus à survivre dans le permafrost sur de très longues périodes".

Faut-il s'inquiéter de cette découverte ? Pour ceux qui ont publié leur article dans PNAS, ce n'est pas le mollivirus sibericum en lui-même qui constitue un danger, mais la communauté scientifique sait désormais que la résistance des virus dans le permafrost est commune à "des familles virales aux stratégies de réplication très variées et donc potentiellement pathogènes". En d'autres termes, dans les régions glaciales de la Terre, des virus peuvent être réveillés par les activités des hommes, sans que ces derniers ne se rendent compte de la dangerosité de ce qu'ils libèrent.

"Des implications importantes en termes de santé publique"

Les chercheurs écrivent d'ailleurs que "les résultats de l'analyse métagénomique de cet échantillon de permafrost, qui montre une concentration extrêmement faible du Mollivirus ont aujourd'hui des implications importantes en termes de santé publique". Et de craindre "la résurgence de virus potentiellement pathogènes dans les régions arctiques de plus en plus convoitées pour leurs ressources minières et pétrolières et dont l'accessibilité et l'exploitation industrielle sont facilitées par le changement climatique". Et parmi ces virus éradiqués aujourd'hui, les experts pensent notamment à celui de la variole.

Les scientifiques n'ont en pas fini avec leurs recherches sur les virus géants. Le mollivirus sibericum est le quatrième à avoir été "deterré" dans le permafrost, mais d'autres pourraient être mis au jour, puisque les études se concentrent désormais sur des couches plus ancienne du sol sibérien, "dans une région qui devrait leur permettre d'atteindre - 1 million d'années".

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