Jawad Bendaoud : pourquoi le "logeur de Daesh" a-t-il été relaxé ?

JAWAD - Jawad Bendaoud, l'homme qui avait hébergé les membres du commando des attentats du 13 novembre, à Saint-Denis, a été relaxé, à la stupeur des familles des victimes, après un procès haut en couleur...

[Mis à jour le 14 février 2018 à 17h48] Stupeur chez les familles des victimes des attentats de Paris. Jawad Bendaoud a été relaxé, ce mercredi 14 février 2018, par le tribunal correctionnel de Paris. Celui qu'on surnommait depuis 2015 "le logeur de Daesh" était jugé depuis plusieurs semaines pour avoir hébergé dans on appartement, à Saint-Denis,  deux des auteurs des attentats jihadistes du 13 novembre 2015 dans la capitale. "Jawad" était devenu un mème sur les réseaux sociaux pour l'apparente naïveté affichée sur BFMTV (photo) le soir de l'assaut contre son propre appartement, le 18 novembre 2015. Deux jihadistes y avaient trouvé la mort : Abdelhamid Abaaoud, considéré comme le cerveau des attentats et Chakib Akrouh, l'un des tueurs des terrasses et cafés parisiens, qui avait activé sa ceinture d'explosifs au moment de l'assaut du RAID.  La cousine d'Abaaoud, Hasna Ait Boulahcen, qui l'avait aidé dans sa cavale, mourra quant à elle asphyxiée sous les décombres.

"Il n'est pas prouvé que Jawad Bendaoud a fourni un hébergement à des terroristes", a déclaré ce mercredi la présidente Isabelle Prévost-Desprez, suivant les arguments de la défense qui a martelé pendant tout le procès que Jawad Bendaoud ne savait pas à qui il avait affaire quand il a loué, pour une bouchée de pains, son studio à Abaaoud et ses compagnons.  Le verdict est beaucoup plus clément que le réquisitoire du parquet, qui avait réclamé quatre années de prison sur les six encourues par Jawad Bendaoud pour "recel de malfaiteurs terroristes". Le procureur Nicolas Le Bris estimait avant même le verdict qu'il n'y avait "pas suffisamment d'éléments pour pouvoir affirmer qu'ils connaissaient et savaient que ces deux fuyards avaient participé aux attentats", mais il estimait en revanche que "ni Mohamed Soumah (qui avait joué le rôle d'intermédiaire - NDLR) ni Jawad Bendaoud ne pouvaient ignorer qu'ils apportaient leur aide à des criminels en fuite".

"Jawad Bendaoud, qui était jugé depuis le 24 janvier [...], a levé les bras, tapé sur l'épaule de gendarmes et embrassé son avocat" sur le crâne à l'annonce du jugement a précisé l'AFP dans une dépêche. Tout au long du procès, ce dernier aura "fait le show", tenant des propos confus, souvent incohérents et souvent totalement hors de propos, devenant de nouveau la risée des réseaux sociaux.

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Attentats de Paris

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