Congrès de l'UOIF à Lille : trois des prédicateurs contestés déprogrammés

Depuis plusieurs jours, de nombreuses voix s’élevaient pour interdire le rassemblement de l'UOIF à Lille. Finalement, trois des orateurs contestés ont été déprogrammés mardi soir.

[Mis à jour le mercredi 3 février à 00h15] La "9e Rencontre annuelle des musulmans du Nord" organisée à Lille dimanche 7 février par l'Union des organisations islamiques de France (UOIF) fait polémique depuis plusieurs jours. De nombreuses voix réclament au ministre de l'Intérieur d'interdire ce rassemblement. Elles dénoncent des intervenants au passif plus que douteux comme le Syrien Mohamed Rateb al-Nabulsi ou encore le député islamiste du PJD marocain Abouzaid El Mokrie El Idrissi. 

Finalement, dans la soirée du mardi 2 février, Asmar Lasfar, le président de l'UOIF, a annoncé que le Syrien Mohamed Rateb al-Nabulsi, le Marocain Abouzaid El Mokrie El Idrissi et le Saoudien Abdallah Salah Sana'an ont été "déprogrammés en réponse à la polémique et dans un souci d'apaisement".

Qui sont-ils ?

On reproche au premier, Mohamed Rateb al-Nabulsi, de faire partie des Frères musulmans et d'être célèbre pour ses propos homophobes et pro-charia. Quant à Abouzaid El Mokrie El Idrissi, ce sont ses propos antisémites qui mettent en colère les opposants au rassemblement. Et ces deux hommes ne sont pas les seuls à que l'on blâme. Parmi les invités visés se trouvent également le Saoudien Abdallah Salah Sana'an, qui serait un proche des Frères musulmans et également signataire d'un appel au djihad en Syrie, mais aussi Nabil Ennasri, président du Collectif des musulmans de France, bien connu pour son soutien à l'islamologue controversé Tariq Ramadan, également convié aux festivités.

Protestations de tous les bords

Les protestations sont venues de droite comme de gauche. Dès le 29 janvier, la présidente l'Observatoire de la laïcité dans le Val-d'Oise, Laurence Marchand-Taillade (PRG), a lancé l'offensive, dénonçant leur présence dans une tribune. Le député Nicolas Dupont-Aignan (DLF) a appelé lundi l'UOIF à "déprogrammer ses intervenants qui prêchent la haine". Le député PS Jérôme Guedj a pour sa part affirmé ne pas pouvoir "supporter […] qu'on laisse s'exprimer des orateurs qui portent dans leurs paroles la négation même du pacte républicain". Mardi, c'est le FN à son tour qui a dénoncé dans un communiqué "une provocation insupportable et un crime contre la sécurité nationale". 

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