Affaire Grégory : Bernard Laroche, Murielle Bolle... Le résumé

Affaire Grégory : Bernard Laroche, Murielle Bolle... Le résumé AFFAIRE GREGORY - Selon des révélations du JDD, les enquêteurs semblent désormais certains que c'est bien Bernard Laroche qui a enlevé le petit Gregory Villemin dans les Vosges en 1984. Personnages clés et résumé de l'affaire...

[Mis à jour le 11 septembre 2017 à 12h51] Le JDD a livré ce dimanche des révélations explosives sur l'affaire Gregory, relancée au printemps dernier après plus de 33 ans de mystère. Selon le journal, les enquêteurs semblent désormais certains que c'est Bernard Laroche, membre éloigné de la famille de Gregory Villemin, qui aurait enlevé l'enfant de 4 ans en octobre 1984 avant que ce dernier ne soit retrouvé mort dans la Vologne. Selon le rapport des experts criminels qui planchent aujourd'hui sur l'affaire, auquel le JDD a eu accès, une seconde équipe se serait ensuite chargée du meurtre de l'enfant.

Selon le JDD, c'est un nouveau témoignage qui est venu rabattre encore une fois les cartes dans cette énigme et ce dossier aux multiples rebondissements. On apprend ainsi que l'amant d'une agricultrice de Lépanges a indiqué sept ans plus tard avoir vu Laroche ainsi qu'une "rouquine", probablement Murielle Bolle, à bord d'un véhicule près du domicile des Villemin l'après-midi du crime. L'agricultrice quant à elle a avoué avoir menti en disant n'avoir rien remarqué le jour du crime, mais a toujours nié avoir croisé Laroche. Tous les deux s'étaient tus pour ne pas révéler l'adultère et auraient même convaincu des voisins  de se taire eux aussi. Ces témoignages ont cruellement manqué lors de la première enquête menée en 1984 sur le meurtre.

Autre révélation du JDD : les enquêteurs semblent certains que le corbeau, autrement dit l'auteur de lettre et coups de fils de menaces aux Villemin, serait un duo et que l'auteur des lettres ne serait pas l'auteur du meurtre. Ce sont donc plusieurs personnes, voire plusieurs équipes qui seraient ainsi intervenus dans l'enlèvement puis le meurtre de Gregory : si Bernard Laroche et Murielle Bolle ont pu procéder à l'enlèvement, "plusieurs éléments tendent à faire douter de la culpabilité du duo [...] concernant l'assassinat", indiquent les gendarmes dans le rapport. Les enquêteurs semblent se tourner vers un autre duo, celui des Jacob, autre clan éloigné de la famille Villemin, concernant le meurtre. "Au vu des éléments en notre possession, le couple Marcel et Jacqueline Jacob mérite un intérêt particulier", disent les enquêteurs. Alors qui a enlevé et tué le petit Gregory le 14 octobre 1984 ? Avec un résumé de l'affaire et les derniers éléments de l'enquête démêlez le "qui est qui" de l'affaire Gregory.

Bernard Laroche

Quels sont les liens familiaux entre Bernard Laroche et le Petit Gregory ? Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Sa mère est Thérèse Jacob, la sœur de la mère de Jean-Marie Villemin, Monique Jacob. Il ferait partie de ce qu'on a appelé le "clan des envieux" à l'époque du meurtre. Un groupe hétéroclite regroupant des frères de Jean-Marie Villemin, mais aussi des oncles et tantes ainsi que des membres de la famille plus éloignée, jaloux du succès professionnel du père de Gregory.

Pourquoi Bernard Laroche est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? Suite au témoignage de sa belle-sœur Murielle Bolle, qui l'accuse d'avoir enlevé le petit Grégory, Bernard Laroche est inculpé d'assassinat et écroué, le 5 novembre 1984. Il est libéré en 1985, après que la petite sœur de sa femme se soit rétractée. Il est assassiné un mois plus tard par Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, persuadé que c'est bien son cousin Bernard Laroche qui a tué son fils.

Murielle Bolle

Quels sont les liens familiaux entre Murielle Bolle et le Petit Gregory ? Murielle Bolle est la belle-sœur de Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villemin, qui est lui-même le père du petit Grégory. Âgée de 15 ans au moment du meurtre, elle a aujourd'hui 48 ans. Elle a eu des enfants et vit toujours dans les Vosges, à 20 kilomètres de Docelles, village où les gendarmes ont retrouvé le corps de Grégory Villemin. Selon Le Parisien, elle partage sa vie avec un fromager.

Pourquoi Murielle Bolle est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A l'époque de la mort du petit Grégory, il y a 32 ans, Murielle Bolle vit chez sa grande sœur, Marie-Ange, qui est mariée. Sa mère est en effet hospitalisée et ne peut plus s'en occuper. Interrogée par les gendarmes et le juge d'instruction suite au meurtre du petit Grégory, elle affirme une première fois avoir vu son beau-frère, Bernard Laroche, enlever l'enfant. Un témoignage accablant qui conduit à la mise en examen  de ce dernier. Au lendemain de son interrogatoire, Murielle Bolle change de version et se rétracte. "Bernard Laroche est innocent", clame-t-elle alors devant la presse. Depuis, elle n'a jamais varié dans ses déclarations. Arrêtée à la surprise générale le 28 juin 2017, elle a été mise en examen le 29 juin 2017 et placée en détention pour "enlèvement suivi de mort". Les enquêteurs semblent penser qu'elle était présente au moment des faits et qu'elle a pu participer, même indirectement, à l'enlèvement et au meurtre du jeune garçon. Un cousin affirme avoir été témoin d'un "lynchage" de Murielle Bolle par sa famille, sans doute dans le but de lui faire changer sa version des faits. C témoignage récent a été déterminant dans sa mise en cause, mais ne l'a pas fait changer de version. Elle a été remise en liberté le 4 août dernier. 

Marie-Ange Laroche 

Quels sont les liens familiaux entre Marie-Ange Laroche et le Petit Gregory ? Marie-Ange Laroche est la veuve de Bernard Laroche. Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Elle est donc la tante par alliance de Grégory villemin. C'est aussi la grande sœur de Murielle Bolle.

Pourquoi Marie-Ange Laroche est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A 61 ans, Marie-Ange Laroche est notamment soupçonnée d'avoir fait pression sur sa petite sœur, qui vivait chez elle au moment des faits, pour qu'elle change la déclaration qu'elle avait faite à propos de son Mari, Bernard Laroche. Suite au meurtre du petit Grégory, Murielle Bolle avait raconté aux gendarmes et au juge d'instruction de l'époque que le mari de sa sœur, son beau frère donc, avait enlevé en sa présence l'enfant de 4 ans, avant de se rétracter après une nuit passée chez sa grande sœur, Marie-Ange Laroche. Marie-Ange Laroche réfute avoir fait toute pression sur sa petite sœur Murielle Bolle et a toujours défendu l'innocence de son mari, qui a été tué à bout portant par le père du petit Grégory suite à sa remise en liberté. Lundi 10 juillet 2017, elle affirmait encore : "ce soir-là (le 5 novembre 1984 ndlr), j'ai saisi Murielle par les épaules, mais je ne l'ai pas frappée. C'est faux, je suis formelle. Je lui ai dit : Qu'est-ce que tu as dit ?".

Marcel et Jacqueline Jacob

Quels sont les liens familiaux entre Marcel et Jacqueline Jacob et le Petit Gregory ? Marcel Jacob est l'oncle de Jean-Marie Villemin et donc le grand-oncle du petit Gregory. Il est le frère de la mère de Jean-Marie Villemin. Sa femme, Jacqueline, est la tante par alliance de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, et la grand-tante par alliance du petit Gregory.

Pourquoi Marcel et Jacqueline Jacob sont des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A l'époque de la mort du petit Gregory, les époux Jacob n'ont pas été inquiétés par les autorités. Mais ils faisaient eux aussi partie du "clan des envieux" et des avancées technologiques conduisent à les mettre en examen, vendredi 16 juin dernier à Dijon, pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Des lettres de menaces et une lettre de revendication, mais aussi des coups de fils au couple Villemin, à l'époque des faits, ont ramené à leur piste. Les septuagénaires ont finalement été remis en liberté mardi 20 juin.

Michel Villemin (D), oncle du petit Grégory Villemin, accompagné de son épouse, Ginette et de son avocat, Mario Stasi, quitte, le 24 février 2009 la cour d'appel de Dijon. © JEFF PACHOUD / AFP

Michel et Ginette Villemin

Quels sont les liens familiaux entre Michel et Ginette Villemin et le Petit Gregory ? Michel et Jacky Villemin sont deux frères de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Ginette Villemin est l'épouse de Michel et donc la belle-soeur de ce dernier. Ce sont donc des oncles et une tante du petit Grégory, côté paternel. Outre ses deux frères, Jean-Marie Villemin a aussi une soeur (Jacqueline) et deux autres frères (Gilbert et Lionel).

Pourquoi sont -ils des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? La fratrie Villemin était très divisée au moment du meurtre. Selon des articles publiés dans la presse dès le début de l'affaire. Michel et Jacky auraient mal supporté la réussite de leur frère Jean-Marie et l'affichage de cette réussite. A plusieurs reprises, des disputes ont eu lieu entre les frères, Jean-Marie Villemin se voyant reprocher notamment d'exclure Jacky. Des clans se formeront. Celui des "envieux", avec Michel, Jacky et Ginette Villemin et les autres, qui se rangeront derrière Jean-Marie Villemin et leurs parents. Michel et Jacky Villemin ont été mis hors de cause par l'enquête dans les années 1980. Ginette Villemin, la belle sœur, interpellé en juin 2017, a été placée en garde à vue, avant d'être libérée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

Christine et Jean-Marie Villemin

Quels sont les liens familiaux entre Christine et Jean-Marie Villemin et le Petit Gregory ? Christine et Jean-Marie Villemin sont les parents du petit Grégory. Depuis la mort de leur fils, le couple a eu trois autres enfants, et a quitté la région pour s'installer dans l'Essonne. Ils demandent toujours activement à la justice de trouver qui a assassiné leur enfant de quatre ans.

Pourquoi Christine et Jean-Marie Villemin sont des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? C'est la réussite professionnelle et sociale de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, qui serait à l'origine du crime. Il est notamment surnommé "le chef" dans des lettres de menaces et de revendication, parce-qu'il a été nommé contremaître quelques mois avant le meurtre. Persuadé de la culpabilité de son cousin Bernard Laroche, un temps inculpé puis remis en liberté par la justice, il le tue à bout portant en 1985. Christine Villemin, la mère du petit Grégory, a quant à elle été inculpée pour la mort de son propre fils le 5 juillet 1985, sur la foi d'analyses graphologiques. Elle a bénéficié d'un non-lieu pour "absence totale de charges" le 3 février 1993.

Arbre généalogique de l'affaire Gregory

Les principaux protagonistes de l'affaire © AFP

Le juge Jean-Michel Lambert

Quels sont les liens le juge Jean-Michel Lambert et le petit Gregory ? Jean-Michel Lambert, surnommé péjorativement "le petit juge" par ses pairs, a été le premier juge à instruire l'affaire Grégory, suite au meurtre du petit garçon de 4 ans, en 1984. 

Pourquoi le juge Jean-Michel Lambert est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? Tout juste âgé de 32 ans au moment où il est saisi de l'affaire Grégory, le juge Jean-Michel Lambert venait d'obtenir son premier poste à Épinal (Vosges). Rapidement happé par la pression médiatique et débordé par l'ampleur du dossier, son travail sur l'affaire Grégory a fait l'objet de nombreuses critiques. Ses pairs lui reprochent notamment d'avoir laissé Murielle Bolle, témoin clé, retourner dans sa famille après qui l'ai entendue, au lieu de la maintenir éloignée pour qu'elle évite de subir des pressions (ce qui aurait été le cas, selon plusieurs témoins). On lui reproche également de ne pas avoir su protéger Bernard Laroche, dont il a toujours été persuadé de l'innocence, après l'avoir remis en liberté. Le beau frère de Murielle Bolle et mari de Marie-Ange Laroche a été tué à bout portant le 29 mars 1985 par son cousin Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, encore persuadé aujourd'hui que Bernard Laroche était bien l'assassin de son fils. Après avoir été dessaisi de l'affaire Grégory en 1986, le juge Jean-Michel Lambert avait été juge d'instruction à Bourg-en-Bresse entre 1988 et 2003, puis vice-président du TGI du Mans jusqu'en 2014.

Pourquoi le juge Lambert s'est-il suicidé ? "J'ai décidé de me donner la mort car je sais que je n'aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m'attendrait." Voilà les derniers mots écrits par Jean-Michel Lambert, quis 'est donné la mort à l'aide d'un sac plastique le mardi 11 juillet 2017. Ses obsèques ont eu lieu jeudi 20 juillet. L'ex-magistrat a rédigé six lettres-testament, dont une qu'il a envoyée à l'Est Républicain (voir ici), dans le but qu'elle soit rendue publique. Il poursuit : "Cet énième rebondissement est infâme. Il repose sur une construction intellectuelle fondée en partie sur un logiciel. La machine à broyer s'est mise en marche pour détruire ou abîmer la vie de plusieurs innocents". Et assène enfin : "Je proclame une dernière fois que Bernard LAROCHE est innocent".

Résumé de l'affaire Grégory

Acte 1 - Ce drame commence dans les Vosges. Le 16 octobre 1984, le corps de Gregory Villemin, âgé de 4 ans, est retrouvé dans une rivière, La Vologne. Ses pieds et ses mains sont liés par des cordelettes. L'oncle du petit garçon déclare alors avoir répondu le jour même à un appel téléphonique anonyme revendiquant l'assassinat. Le lendemain, ce sont les parents de Gregory Villemin qui reçoivent une lettre, elle aussi anonyme, sur laquelle il est écrit : "Ton fils est mort. Je me suis vengé." On parle alors d'un "corbeau", qui serait responsable du meurtre. Les époux Villemin étaient déjà harcelés depuis plusieurs années via les mêmes procédés.

Acte 2 - La justice pense d'abord que le "corbeau" responsable du meurtre du petit Gregory est Bernard Laroche, le cousin du père de l'enfant. Il est alors inculpé d'assassinat et écroué, le 5 novembre 1984. Mais Murielle Bolle, le témoin principal qui affirmait l'avoir vu en compagnie de l'enfant quelques heures avant sa disparition finit par se rétracter, et les expertises graphologiques sont annulées pour vice de forme. Bernard Laroche est libéré en février 1985. 

Acte 3 - Un mois plus tard, le 29 mars 1985, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, assassine son propre cousin Bernard Laroche, persuadé qu'il est coupable de la mort de son fils.

Acte 4 - La mère du petit Grégory, Christine Villemin, est inculpée à son tour pour la mort de son propre fils, le 5 juillet 1985. Les graphologues pensent qu'elle est le "corbeau" auteur de la lettre anonyme revendiquant le meurtre de son enfant. Elle bénéficie d'un non-lieu pour " absence totale de charges" le 3 février 1993. 

Acte 5 - Le 16 décembre 1993, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, est condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche, l'oncle de l'enfant assassiné. 

Acte 6 - Cordelettes, vêtements, lettres... Les époux Villemin demandent que de nouvelles recherches ADN soient effectuées pour connaître la vérité sur la mort de leur fils. La cour d'appel de Dijon ordonne la réouverture de l'enquête. Les recherches ADN commencent en 2008 et sont abandonnées en 2013, les résultats étant jugés insatisfaisants. 

Acte 7 - Coup de tonnerre, le 14 juin 2017. L'enquête avance de nouveau grâce aux progrès des techniques graphologiques, qui permettent d'identifier un ou des nouveaux "corbeaux". Alors qu'un seul coupable était jusqu'ici recherché, le procureur général de Dijon a annoncé que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime ". L'oncle et la tante du père du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, sont interpellés. Ginette Villemin, une belle sœur, est elle aussi interpellée. Les grands-parents de Grégory sont également entendus en audition libre. Le vendredi 16 juin, Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils n'ont jamais été soupçonnés de quoi que se soit jusqu'ici. 

Acte 8 - Un autre protagoniste de l'affaire revient au premier plan : Murielle Bolle. Âgée de 15 ans au moment des faits, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche avant de se rétracter quelques jours plus tard. Le témoignage d'un cousin, qui affirme avoir vu la jeune femme se faire "lyncher" par sa famille à cause de ses premiers aveux est évoqué. C'est ce "lynchage" qui aurait pu la contraindre à changer de version en 1984. Mercredi 28 juin 2017, Murielle Bolle a été placée en garde à vue. Elle est entendue pour "complicité d'assassinat et non-dénonciation de crime", puis mise en examen pour enlèvement de mineur suivi de mort. Mardi 4 juillet, elle est maintenue en détention. D'après une synthèse de l'enquête consultée par le Figaro, les enquêteurs envisagent deux scénarios sur le rôle de Murielle Bolle. Selon le premier scénario, l'adolescente a eu un rôle plus actif dans le meurtre qu'elle ne veut admettre. Selon le second scénario, les époux Jacob auraient demandé à Bernard Laroche de leur amener Grégory, mais Bernard Laroche et Murielle Bolle n'auraient pas su à ce moment-là quel sort était réservé à l'enfant. 

Acte 9 -  Le tout premier juge d'instruction a être saisi en 1984 de l'affaire Grégory, Jean-Michel Lambert, se suicide mardi 11 juillet 2017, à l'aide d'un sac plastique. Le matin même, BFMTV avait publié des extraits du carnet intime du juge Simon, qui avait repris l'affaire en 1987. Le juge Simon y avait noté "les carences, les irrégularités, les fautes […] ou le désordre intellectuel du juge Lambert", et constaté : "je suis en présence de l'erreur judiciaire dans toute son horreur". Le juge Jean-Michel Lambert, âgé de 65 ans, se disait traumatisé par l'affaire Grégory. Il aurait été, selon les premiers éléments de l'enquête, bouleversé par ses derniers rebondissements judiciaires.

Acte 10 - Murielle Bolle et son cousin Patrick F. ont confronté leurs versions de la soirée du 5 novembre 1984. Il affirme que Murielle a été "lynchée" par sa famille pour qu'elle retire son témoignage contre Bernard Laroche, elle assure qu'il ne s'est rien passé ou dit ne pas s'en souvenir. Au final, chacun a maintenu sa version des faits. Selon l'avocat de Murielle Bolle, "aucune violence n'a pu intervenir le 5 ou le 6, or la rétractation de Murielle Bolle a eu lieu le 6 à 17 heures". Il en conclut que "la logique des déclarations du cousin est dans une impasse". Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousin, estime que "trente ans après, c'est facile [pour Murielle Bolle] d'exprimer des réserves sur des violences physiques. Mon client est déçu, il pensait qu'une vérité pouvait émerger". Murielle Bolle est remise en liberté le 4 août, mais reste placée sous contrôle judiciaire. 

Affaire Grégory