Affaire Grégory : Murielle Bolle libérée sous contrôle judiciaire

Affaire Grégory : Murielle Bolle libérée sous contrôle judiciaire AFFAIRE GREGORY - Murielle Bolle avait été mise en examen pour enlèvement suivi de mort, puis écrouée le 29 juin. Le 4 août, la cour d'appel de Dijon a validé sa demande de remise en liberté.

[Mis à jour le 16 août 2017 à 16h39] Soulagement pour Murielle Bolle : sa demande de remise en liberté a été validée mardi 4 août par la chambre d'instruction de la cour d'appel de Dijon. Selon France Info, la mère de famille de 48 ans et témoin-clé de l'affaire Grégory, petit garçon de 4 ans retrouvé assassiné pieds et mains liés dans une rivière des Vosges en 1984, sera placée sous contrôle judiciaire. Elle sera hébergée dans la Nièvre et devra pointer au commissariat deux fois par semaine. Elle a interdiction de parler à la presse et aux familles liées à l'affaire Grégory. L'avocat de Murielle Bolle, Christophe Ballorin, a commenté la décision de la cour d'appel : "[Murielle Bolle] est extrêmement soulagée. Nous aussi, nous étions très inquiets sur la déliquescence de sa situation."

Ce que l'on considère comme l'une des plus grandes énigmes criminelles des 30 dernières années n'en finit plus de faire des victimes. La dernière en date n'est autre que le juge Lambert, qui se suicide le 11 juillet dernier, trop affecté par les derniers rebondissements de l'affaire Grégory. Mi-juin 2017, suite à de nouvelles avancées technologiques, le dossier judiciaire prend nouveau tournant avec la mise en examen d'un grand-oncle et d'une grand-tante de Grégory Villemin, Marcel Jacob et Jacqueline Jacob. Remis en liberté, mais toujours mis en examen, ils sont désormais placés sous contrôle judiciaire et ont obligation de vivre séparément pour l'instant, en des lieux non précisés. À la suite du témoignage d'un cousin, Murielle Bolle, la belle-sœur de Bernard Laroche, le cousin germain de Jean-Marie Villemin, a, elle, été placée en détention pour enlèvement de mineur suivi de mort le 4 juillet dernier. La veuve de Bernard Laroche, Marie-Ange Laroche, autre témoin clé de l'affaire Grégory, devrait également être placée en garde à vue sous peu (c'est aussi la grande sœur de Murielle Bolle). Vous n'avez pas tout suivi ? C'est normal. Démêlez le "qui est qui" de l'affaire Gregory.

Murielle Bolle

Quels sont les liens familiaux entre Murielle Bolle et le Petit Gregory ? Murielle Bolle est la belle-sœur de Bernard Laroche. Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Âgée de 15 ans au moment du meurtre, elle a aujourd'hui 48 ans. Elle a eu des enfants et vit toujours dans les Vosges, à 20 kilomètres de Docelles, village où les gendarmes ont retrouvé le corps de Grégory Villemin. Selon Le Parisien, elle partage sa vie avec un fromager.

Pourquoi Murielle Bolle est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A l'époque de la mort du petit Grégory, il y a 32 ans, Murielle Bolle vit chez sa grande sœur, Marie-Ange, qui est mariée. Sa mère est en effet hospitalisée et ne peut plus s'en occuper. Interrogée par les gendarmes et le juge d'instruction suite au meurtre du petit Grégory, elle affirme une première fois avoir vu son beau-frère, Bernard Laroche, enlever l'enfant. Un témoignage accablant qui conduit à la mise en examen  de ce dernier. Au lendemain de son interrogatoire, Murielle Bolle change de version et se rétracte. "Bernard Laroche est innocent", clame-t-elle alors devant la presse. Depuis, elle n'a jamais varié dans ses déclarations. Arrêtée à la surprise générale le 28 juin 2017, elle a été mise en examen le 29 juin 2017 et placée en détention pour "enlèvement suivi de mort". Les enquêteurs semblent penser qu'elle était présente au moment des faits et qu'elle a pu participer, même indirectement, à l'enlèvement et au meurtre du jeune garçon. Sa confrontation avec son cousin, dont le témoignage récent a été déterminant dans sa mise en cause, ne l'a pas fait changer de version. Ce dernier affirme avoir été témoin du "lynchage" de Murielle Bolle par sa famille, sans être en mesure d'indiquer le jour précis où les faits se seraient déroulés. Elle a été remise en liberté le 4 août dernier. 

Le juge Jean-Michel Lambert

Quels sont les liens le juge Jean-Michel Lambert et le petit Gregory ? Jean-Michel Lambert, surnommé péjorativement "le petit juge" par ses pairs, a été le premier juge à instruire l'affaire Grégory, suite au meurtre du petit garçon de 4 ans, en 1984. 

Pourquoi le juge Jean-Michel Lambert est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? Tout juste âgé de 32 ans au moment où il est saisi de l'affaire Grégory, le juge Jean-Michel Lambert venait d'obtenir son premier poste à Épinal (Vosges). Rapidement happé par la pression médiatique et débordé par l'ampleur du dossier, son travail sur l'affaire Grégory a fait l'objet de nombreuses critiques. Ses pairs lui reprochent notamment d'avoir laissé Murielle Bolle, témoin clé, retourner dans sa famille après qui l'ai entendue, au lieu de la maintenir éloignée pour qu'elle évite de subir des pressions (ce qui aurait été le cas, selon plusieurs témoins). On lui reproche également de ne pas avoir su protéger Bernard Laroche, dont il a toujours été persuadé de l'innocence, après l'avoir remis en liberté. Le beau frère de Murielle Bolle et mari de Marie-Ange Laroche a été tué à bout portant le 29 mars 1985 par son cousin Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, encore persuadé aujourd'hui que Bernard Laroche était bien l'assassin de son fils. Après avoir été dessaisi de l'affaire Grégory en 1986, le juge Jean-Michel Lambert avait été juge d'instruction à Bourg-en-Bresse entre 1988 et 2003, puis vice-président du TGI du Mans jusqu'en 2014.

Pourquoi le juge Lambert s'est-il suicidé ? "J'ai décidé de me donner la mort car je sais que je n'aurai plus la force désormais de me battre dans la dernière épreuve qui m'attendrait." Voilà les derniers mots écrits par Jean-Michel Lambert, premier juge d'instruction à être saisi de l'affaire Grégory Villemin, petit garçon de 4 ans retrouvé mort pieds et mains liés dans une rivière des Vosges en 1984 sans que son meurtre ne soit jamais élucidé, avant qu'il ne se donne la mort à l'aide d'un sac plastique mardi 11 juillet dernier. Ses obsèques ont eu lieu jeudi 20 juillet.

L'ex-magistrat a rédigé six lettres-testament, dont une qu'il a envoyée à l'Est Républicain (voir ici), dans le but qu'elle soit rendue publique. Il poursuit : "Cet énième rebondissement est infâme. Il repose sur une construction intellectuelle fondée en partie sur un logiciel. La machine à broyer s'est mise en marche pour détruire ou abîmer la vie de plusieurs innocents". Et assène enfin : "Je proclame une dernière fois que Bernard LAROCHE est innocent".

 

Marie-Ange Laroche 

Quels sont les liens familiaux entre Marie-Ange Laroche et le Petit Gregory ? Marie-Ange Laroche est la veuve de Bernard Laroche. Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Elle est donc la tante par alliance de Grégory villemin. C'est aussi la grande sœur de Murielle Bolle. 

Pourquoi Marie-Ange Laroche est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A 61 ans, Marie-Ange Laroche devrait également être placée en garde à vue sous peu, tout comme sa petite soeur, Murielle Bolle, l'a été tout récemment. Elle est notamment soupçonnée d'avoir fait pression sur sa petite sœur, qui vivait chez elle au moment des faits, pour la faire changer la déclaration qu'elle avait faite à propos de son Mari, Bernard Laroche. Suite au meurtre du petit Grégory, Murielle Bolle avait raconté aux gendarmes et au juge d'instruction de l'époque que le mari de sa sœur, son beau frère donc, avait enlevé en sa présence l'enfant de 4 ans, avant de se rétracter après une nuit passée chez sa grande sœur, Marie-Ange Laroche. Marie-Ange Laroche réfute avoir fait toute pression sur sa petite sœur Murielle Bolle et a toujours défendu l'innocence de son mari, qui a été tué à bout portant par le père du petit Grégory suite à sa remise en liberté. Lundi 10 juillet 2017, elle affirmait encore : "ce soir-là (le 5 novembre 1984 ndlr), j'ai saisi Murielle par les épaules, mais je ne l'ai pas frappée. C'est faux, je suis formelle. Je lui ai dit : Qu'est-ce que tu as dit ?".

Bernard Laroche

Quels sont les liens familiaux entre Bernard Laroche et le Petit Gregory ? Bernard Laroche est le cousin germain de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Sa mère est Thérèse Jacob, la sœur de la mère de Jean-Marie Villemin, Monique Jacob. Il ferait partie de ce qu'on a appelé le "clan des envieux" à l'époque. Un groupe hétéroclite regroupant des frères de Jean-Marie Villemin, mais aussi des oncles et tantes ainsi que des membres de la famille plus éloignée.

Pourquoi Bernard Laroche est un personnage clé de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? Suite au témoignage de sa belle-sœur Murielle Bolle, qui l'accuse d'avoir enlevé le petit Grégory, Bernard Laroche est inculpé d'assassinat et écroué, le 5 novembre 1984. Il est libéré en 1985, après que la petite sœur de sa femme se soit rétractée. Il est assassiné un mois plus tard par Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, persuadé que c'est bien son cousin Bernard Laroche qui a tué son fils.

Marcel et Jacqueline Jacob

Quels sont les liens familiaux entre Marcel et Jacqueline Jacob et le Petit Gregory ? Marcel Jacob est l'oncle de Jean-Marie Villemin et donc le grand-oncle du petit Gregory. Il est le frère de la mère de Jean-Marie Villemin. Sa femme, Jacqueline, est la tante par alliance de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, et la grand-tante par alliance du petit Gregory.

Pourquoi Marcel et Jacqueline Jacob sont des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? A l'époque de la mort du petit Gregory, les époux Jacob n'ont pas été inquiétés par les autorités. Mais ils faisaient eux aussi partie du "clan des envieux" et des avancées technologiques conduisent à les mettre en examen, vendredi 16 juin dernier à Dijon, pour enlèvement et séquestration suivie de mort. Des lettres de menaces et une lettre de revendication, mais aussi des coups de fils au couple Villemin, à l'époque des faits, ont ramené à leur piste. Les septuagénaires ont finalement été remis en liberté mardi 20 juin.

Michel Villemin (D), oncle du petit Grégory Villemin, accompagné de son épouse, Ginette et de son avocat, Mario Stasi, quitte, le 24 février 2009 la cour d'appel de Dijon. © JEFF PACHOUD / AFP

Michel et Ginette Villemin

Quels sont les liens familiaux entre Michel et Ginette Villemin et le Petit Gregory ? Michel et Jacky Villemin sont deux frères de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory. Ginette Villemin est l'épouse de Michel et donc la belle-soeur de ce dernier. Ce sont donc des oncles et une tante du petit Grégory, côté paternel. Outre ses deux frères, Jean-Marie Villemin a aussi une soeur (Jacqueline) et deux autres frères (Gilbert et Lionel).

Pourquoi sont -ils des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? La fratrie Villemin était très divisée au moment du meurtre. Selon des articles publiés dans la presse dès le début de l'affaire. Michel et Jacky auraient mal supporté la réussite de leur frère Jean-Marie et l'affichage de cette réussite. A plusieurs reprises, des disputes ont eu lieu entre les frères, Jean-Marie Villemin se voyant reprocher notamment d'exclure Jacky. Des clans se formeront. Celui des "envieux", avec Michel, Jacky et Ginette Villemin et les autres, qui se rangeront derrière Jean-Marie Villemin et leurs parents. Michel et Jacky Villemin ont été mis hors de cause par l'enquête dans les années 1980. Ginette Villemin, la belle sœur, interpellé en juin 2017, a été placée en garde à vue, avant d'être libérée sans qu'aucune charge ne soit retenue contre elle.

Christine et Jean-Marie Villemin

Quels sont les liens familiaux entre Christine et Jean-Marie Villemin et le Petit Gregory ? Christine et Jean-Marie Villemin sont les parents du petit Grégory. Depuis la mort de leur fils, le couple a eu trois autres enfants, et a quitté la région pour s'installer dans l'Essonne. Ils demandent toujours activement à la justice de trouver qui a assassiné leur enfant de quatre ans.

Pourquoi Christine et Jean-Marie Villemin sont des personnages clés de l'enquête sur la mort du petit Grégory ? C'est la réussite professionnelle et sociale de Jean-Marie Villemin, le père du petit Grégory, qui serait à l'origine du crime. Il est notamment surnommé "le chef" dans des lettres de menaces et de revendication, parce-qu'il a été nommé contremaître quelques mois avant le meurtre. Persuadé de la culpabilité de son cousin Bernard Laroche, un temps inculpé puis remis en liberté par la justice, il le tue à bout portant en 1985. Christine Villemin, la mère du petit Grégory, a quant à elle été inculpée pour la mort de son propre fils le 5 juillet 1985, sur la foi d'analyses graphologiques. Elle a bénéficié d'un non-lieu pour "absence totale de charges" le 3 février 1993.

Les principaux protagonistes de l'affaire © AFP

Résumé de l'affaire Grégory

Acte 1 - Ce drame commence dans les Vosges. Le 16 octobre 1984, le corps de Gregory Villemin, âgé de 4 ans, est retrouvé dans une rivière, La Vologne. Ses pieds et ses mains sont liés par des cordelettes. L'oncle du petit garçon déclare alors avoir répondu le jour même à un appel téléphonique anonyme revendiquant l'assassinat. Le lendemain, ce sont les parents de Gregory Villemin qui reçoivent une lettre, elle aussi anonyme, sur laquelle il est écrit : "Ton fils est mort. Je me suis vengé." On parle alors d'un "corbeau", qui serait responsable du meurtre. Les époux Villemin étaient déjà harcelés depuis plusieurs années via les mêmes procédés.

Acte 2 - La justice pense d'abord que le "corbeau" responsable du meurtre du petit Gregory est Bernard Laroche, le cousin du père de l'enfant. Il est alors inculpé d'assassinat et écroué, le 5 novembre 1984. Mais Murielle Bolle, le témoin principal qui affirmait l'avoir vu en compagnie de l'enfant quelques heures avant sa disparition finit par se rétracter, et les expertises graphologiques sont annulées pour vice de forme. Bernard Laroche est libéré en février 1985. 

Acte 3 - Un mois plus tard, le 29 mars 1985, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, assassine son propre cousin Bernard Laroche, persuadé qu'il est coupable de la mort de son fils.

Acte 4 - La mère du petit Grégory, Christine Villemin, est inculpée à son tour pour la mort de son propre fils, le 5 juillet 1985. Les graphologues pensent qu'elle est le "corbeau" auteur de la lettre anonyme revendiquant le meurtre de son enfant. Elle bénéficie d'un non-lieu pour " absence totale de charges" le 3 février 1993. 

Acte 5 - Le 16 décembre 1993, le père du petit Grégory, Jean-Marie Villemin, est condamné à cinq ans de prison, dont un avec sursis, pour le meurtre de Bernard Laroche, l'oncle de l'enfant assassiné. 

Acte 6 - Cordelettes, vêtements, lettres... Les époux Villemin demandent que de nouvelles recherches ADN soient effectuées pour connaître la vérité sur la mort de leur fils. La cour d'appel de Dijon ordonne la réouverture de l'enquête. Les recherches ADN commencent en 2008 et sont abandonnées en 2013, les résultats étant jugés insatisfaisants. 

Acte 7 - Coup de tonnerre, le 14 juin 2017. L'enquête avance de nouveau grâce aux progrès des techniques graphologiques, qui permettent d'identifier un ou des nouveaux "corbeaux". Alors qu'un seul coupable était jusqu'ici recherché, le procureur général de Dijon a annoncé que "plusieurs personnes ont concouru à la réalisation du crime ". L'oncle et la tante du père du petit Grégory, Marcel et Jacqueline Jacob, sont interpellés. Ginette Villemin, une belle sœur, est elle aussi interpellée. Les grands-parents de Grégory sont également entendus en audition libre. Le vendredi 16 juin, Jacqueline et Marcel Jacob, la tante et l'oncle du père du petit Grégory, ont été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de mort. Ils n'ont jamais été soupçonnés de quoi que se soit jusqu'ici. 

Acte 8 - Un autre protagoniste de l'affaire revient au premier plan : Murielle Bolle. Âgée de 15 ans au moment des faits, elle avait accusé son beau-frère Bernard Laroche avant de se rétracter quelques jours plus tard. Mercredi 28 juin 2017, Murielle Bolle a été placée en garde à vue. Elle est entendue pour "complicité d'assassinat et non-dénonciation de crime", comme pour sa première garde à vue en 1984. Le lendemain, Murielle Bolle est déférée à Dijon pour être présentée au juge d'instruction, puis mise en examen pour enlèvement de mineur suivi de mort. Mardi 4 juillet, elle est maintenue en détention. D'après une synthèse de l'enquête consultée par le Figaro, les enquêteurs envisagent deux scénarios sur le rôle de Murielle Bolle. Selon le premier scénario, l'adolescente a eu un rôle plus actif dans le meurtre qu'elle ne veut admettre. Selon le second scénario, les époux Jacob auraient demandé à Bernard Laroche de leur amener Grégory, mais Bernard Laroche et Murielle Bolle n'auraient pas su à ce moment-là quel sort était réservé à l'enfant. 

Acte 9 -  Le tout premier juge d'instruction a être saisi en 1984 de l'affaire Grégory, Jean-Michel Lambert, se suicide mardi 11 juillet, à l'aide d'un sac plastique. Le matin même, BFMTV avait publié des extraits du carnet intime du juge Simon, qui avait repris l'affaire en 1987. Le juge Simon y avait noté "les carences, les irrégularités, les fautes […] ou le désordre intellectuel du juge Lambert", et constaté : "je suis en présence de l'erreur judiciaire dans toute son horreur". Le juge Jean-Michel Lambert, âgé de 65 ans, se disait traumatisé par l'affaire Grégory. Il aurait été, selon les premiers éléments de l'enquête, bouleversé par ses derniers rebondissements judiciaires.

Acte 10 - Murielle Bolle et son cousin Patrick F. ont confronté leurs versions de la soirée du 5 novembre 1984. Il affirme que Murielle a été "lynchée" par sa famille pour qu'elle retire son témoignage contre Bernard Laroche, elle assure qu'il ne s'est rien passé ou dit ne pas s'en souvenir. Au final, chacun a maintenu sa version des faits. Selon l'avocat de Murielle Bolle, "aucune violence n'a pu intervenir le 5 ou le 6, or la rétractation de Murielle Bolle a eu lieu le 6 à 17 heures". Il en conclut que "la logique des déclarations du cousin est dans une impasse". Jean-Christophe Tymoczko, l'avocat du cousin, estime que "trente ans après, c'est facile [pour Murielle Bolle] d'exprimer des réserves sur des violences physiques. Mon client est déçu, il pensait qu'une vérité pouvait émerger". Murielle Bolle est remise en liberté le 4 août, mais reste placée sous contrôle judiciaire. 

Affaire Grégory