Disparition de Maëlys : l'enquête ralentie, le suspect toujours muet

MAELYS - La requête en nullité de la première audition de Nordahl Lelandais sera finalement examinée le 30 novembre. Le seul suspect de l'affaire Maëlys est toujours incarcéré mais sa parole et celle de son avocat sont rares, voire inexistantes.

Disparition de Maëlys : l'essentiel

  • Maëlys de Araujo, disparue à Pont-de-Beauvoisin, en Isère, le 27 août dernier, demeure introuvable.
  • Un seul suspect a été identifié par les enquêteurs : Nordahl Lelandais, invité de dernière minute du mariage au cours duquel a disparu Maëlys. Il a été mis en examen pour "enlèvement et séquestration d'un mineur de moins de 15 ans", il est actuellement incarcéré. Une requête a été déposée par l'avocat du suspect pour rendre "nulle" la première garde à vue, qui n'a pas été filmée. Il est probable que cette demande empêche les juges d'instruction d'auditionner à nouveau Nordhal Lelandais, ce qui constitue un frein important à l'enquête.
  • Nordahl Lelandais demeure impassible face aux accusations dont il fait l'objet. Ses ex-compagnes le décrivent comme un homme violent et pervers.
  • Une équipe de gendarmes, constituée de 12 personnes, demeure mobilisée pour les investigations.

Affaire Maelys : dernières infos en direct

23:17 - Quand la cour d'appel de Grenoble rendra-t-elle sa décision ?

FIN DU DIRECT - Ce mardi matin, une audition à huis clos se tenait en présence de l'avocat des parents de Maëlys et de la défense du principal suspect, Nordahl Lelandais. Ce dernier avait en effet déposé une requête en nullité avec pour objectif de faire annuler ses premières déclarations car elles n'avaient été filmées alors qu'elles auraient dû l'être. Si Le Dauphiné Libéré affirmait que la chambre d'instruction devrait rendre "au plus tard", sa décision le 12 décembre prochain, BFM TV a notamment rapporté ce mardi que la décision serait rendue "par écrit", le 30 novembre. 

22:04 - Nordahl Lelandais peut-il être jugé sans que le corps de Maëlys ne soit retrouvé ?

Comme le rappellait Jean-Marc Bloch, ancien directeur de la SRPJ de Versailles, au site Planet.fr fin octobre, le corps de la victime est très important dans ce genre d'affaires. Cependant, "si le juge estime qu’il y a suffisamment de preuves, et cela ne nécessite par forcément un corps, il peut renvoyer le suspect aux Assises", expliquait de son côté au site Didier Rebut, professeur de Droit à l’Université Panthéon-Assas et membre du think tank Le club des juristes.

21:03 - Quel avenir pour Nordahl Lelandais ?

Comme le rapportait Didier Rebut, professeur de Droit à l’Université Panthéon-Assas et membre du think tank Le club des juristes, à Planet fin octobre, deux options attendent le principal suspect dans l'affaire de la disparition de Maëlys si aucun nouvel élément n'est trouvé. "Tout dépend du juge d’instruction", estime-t-il. Première option donc : "Si le juge estime qu’il y a suffisamment de preuves, et cela ne nécessite par forcément un corps, il peut renvoyer le suspect aux Assises. Ce seront à elles de déterminer s’il y a assez de preuves pour condamner la personne." Dans le cas contraire, où les preuves ne seraient donc pas suffisantes, "c’est le devoir du juge de relâcher le suspect".

18:09 - Des gendarmes entendus par la PJ

Europe 1 révèle que des gendarmes ont été entendus par la police judiciaire de Lyon ce mardi. Ces auditions ont eu lieu dans le cadre des fuites dans la presse qui avaient entraîné l’ouverture d’une enquête pour violation du secret de l'instruction par le procureur de Grenoble.

17:10 - Une impression "d'amateurisme"

Alors que l'enquête avance malgré le silence de Nordahl Lelandais, une source proche du dossier, relayée par Midi Libre, parle d'une "impression assez désagréable d'amateurisme" laissée par les enquêteurs. M. Lelandais, principal suspect dans l'affaire Maëlys, est toujours incarcéré. Son avocat avait déposé une requête pour mise en nullité de ses auditions avec comme argument l'absence de caméra durant les auditions. Un manquement illégal dans le cadre d'une procédure criminelle.

15:05 - Affaire Maëlys : de quelle erreur de procédure parle-t-on ?

Le recours déposé par la défense de Nordhal Lelandais devant la chambre de l'instruction peut théoriquement annuler des actes du juge d’instruction ou ses ordonnances. Il en va de même du juge des libertés. En cas d'espèce, Maître Alain Jakubowicz, l'avocat du suspect, a déposé une requête à cause d'une erreur de procédure ayant eu lieu lors de la toute première garde à vue de son client. Comme nous l'indiquions il y a plusieurs semaines, les gendarmes n'avaient pas filmé son audition, comme l’oblige pourtant l’article 64-1 du code de procédure pénale dans le cadre d’une affaire de ce type. Même s'il est peu probable que la mise en examen soit annulée, les conséquences sont déjà lourdes, puisque le juges d'instruction pourraient bien ne pas avoir fixé de nouvelle audition du suspect à cause de la requête de Me Jakubowicz...

14:46 - Quelle conséquence si les propos de N. Lelandais sont annulés ?

Si la requête en nullité déposée par l'avocat de Nordahl Lelandais est validée le 30 novembre prochain par la justice, les propos du principal suspect dans l'affaire Maëlys ne pourront plus être utilisés contre lui. Il avait notamment eu des paroles contradictoires  sur son emploi du temps qui l'avaient desservi. Mais sa mise en examen ne sera pas forcément suspendue et il devrait malgré tout rester incarcéré.

14:36 - Le silence de l'avocat de Nordahl Lelandais

Me Alain Jakubowicz, qui défend Nordhal Lelandais, principal suspect dans le cadre de l'enquête sur la disparition de Maëlys, reste invariablement silencieux. Tout ce que l'on sait, c'est qu'il a déposé une requête devant la cour d'appel de Grenoble. Examinée ce mardi à huit-clos, cette requête vise à faire annuler les déclarations de son client lors de son audition, en marge de son interpellation, quelques jours après la disparition de Maëlys. L'avocat compte faire jouer l'absence de caméra lors de cette audition, comme le code pénal l'ordonne lorsqu'il s'agit, comme dans ce cas, d'une procédure criminelle.

Disparition de Maëlys

La disparition de Maëlys, lors d'un mariage à, en Isère, reste encore mystérieuse. Maëlys De Araujo, 9 ans, a été vue pour la dernière fois à trois heures du matin dans la nuit du samedi 26 au dimanche 27 août, lors du mariage d'un cousin de sa mère, dans la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin. Quand sa disparition a été signalée, le DJ a immédiatement prévenu les invités qui ont procédé aux premières recherches. Elle "a été cherchée pendant une heure environ par sa famille, qui a ensuite alerté la gendarmerie", a indiqué Violaine Demaret, sous-préfète de Grenoble, lors de sa première conférence de presse.

Maëlys de Araujo

Un appel à témoin a été lancé pour retrouver la fillette : Maëlys De Araujo "mesure 1m30, pèse 28 kg, a la peau mate, les yeux marrons et les cheveux châtains". Elle était "vêtue d'une robe sans manches" et "de nu-pieds". Sa famille semble stable. Son père et sa mère ont de bonnes relations et étaient d'ailleurs tous les deux présents au mariage avec leur première fille, la soeur aînée de Maëlys. Le numéro à contacter si vous pensez la reconnaître est le 04.76.37.00.17.

Nordahl Lelandais, suspect de l'affaire Maëlys

Au cours de cette enquête minutieuse, un suspect principal a été identifié, nommé Nordahl Lelandais. Ce dernier, présenté comme un invité de dernière minute du mariage, s'est absenté  "sur des créneaux horaires pouvant correspondre à la disparition de la fillette". Compte tenu des incohérences dans ses explications, il a d'abord été placé en garde à vue, puis relâché le temps d'analyses approfondies. Des traces ADN de Maelys ont finalement été retrouvées dans son véhicule et le suspect a été mis en examen dimanche 3 septembre pour "enlèvement, séquestration ou détention arbitraire de mineur de 15 ans". Il est actuellement en détention provisoire.

Nordahl Lelandais, un homme de 34 ans, présenté comme un "copain" du marié qui serait venu aux noces tardivement. Il est domicilié à Domessin, commune de Savoie, toute proche de Pont-de-Beauvoisin, où il vit chez ses parents. Il est connu des services de gendarmerie pour des actes de petite délinquance et usage de stupéfiants. Il a été condamné à un an de prison ferme pour avoir été impliqué dans l'incendie d'un restaurant. Selon les informations communiquées par son avocat, il vit de "contrats d'intérim" et est actuellement en arrêt maladie. Il est décrit comme un homme passionné par les chiens et par la boxe. Sa mère le décrit comme un "gentil garçon", "pas agressif". Nordahl Lelandais a passé 5 ans dans l'armée, au 132e Bataillon cynophile, mais aurait été réformé pour "son comportement psychologique instable". Paris Match, mi-septembre, avait précisé que s'il a été contraint de quitter l'armée, c'est aussi parce que ses supérieurs avaient identifié chez lui une "addiction aux drogues". Le magazine indiquait qu'en mai 2004, et en décembre 2005, il avait été interpellé sur zone militaire pour 'usage de stupéfiants et autres infractions à la législation des stupéfiants'". Il aurait tenté il y a sept ans de lancer son propre élevage canin. Ecroué, l'homme nie toute implication dans le possible enlèvement de la Maëlys.

Pourquoi les enquêteurs le suspectent d'être à l'origine de la disparition de Maëlys ?

Il n'a que tardivement reconnu, en garde à vue, qu'il s'était absenté lors du mariage, "à des horaires pouvant correspondre à la disparition de Maëlys". Il a prétexté être rentré chez lui pour changer de short, tâché de vin, puis l'avoir jeté, à cause de son état, dans une poubelle publique. Ce vêtement est introuvable. Une trace d'ADN de Maëlys a été identifiée dans sa voiture, sur le tableau de bord. Il a finalement reconnu avoir fait entrer la fillette à l'arrière de son véhicule, avec un autre enfant. Or, les enquêteurs sont convaincus qu'il a "inventé" cette histoire et que le "petit garçon" n'existe pas. D'autre part, des traces de griffures sur les bras et genoux de Nordahl Lelandais ont été retrouvées. Le suspect explique ces marques par des activités de jardinage, alors que sa mère a signifié aux enquêteurs que son fils ne jardinait pas. Autre élément troublant, l'homme de 34 ans a nettoyé son véhicule le lendemain de la fête, de fond en comble, en appliquant un produit pour jantes dans le coffre, particulièrement efficace pour enlever les odeurs. Nordahl Lelandais assure qu'il avait prévu de vendre cette voiture. L'acheteur a été identifié.

Au fil de l'enquête, son comportement étrange lors du mariage a aussi été révélé. Présent plus tôt dans la journée pour le vin d'honneur, Nordahl Lelandais aurait insisté pour venir à la soirée en promettant d'amener des "friandises", autrement dit de la cocaïne qu'il aurait partagée, vendue et consommée sur place. Il aurait passé beaucoup de temps avec la petite Maelys, lui montrant des photos de ses chiens sur son téléphone portable jusque dans la pièce servant de dortoir aux enfants ce soir là. Maëlys aurait présenté cet inconnu comme son "copain" voire son "tonton" à des invités. Quand la disparition a été signalée, il n'aurait pas vraiment paru "concerné" par ce qui se passait, selon les parents de Maelys eux-mêmes. Un témoin a rapporté aux juges que Nordah Lelandais avait prétexté qu'il était malade à cause de l'alcool. Il se serait alors réfugié aux toilettes et aurait fait semblant de vomir, puis aurait quitté les lieux avant l'arrivée des gendarmes.

Des témoignages d'anciennes compagnes et d'un ancien employeur le décrivent comme "agressif" et "violent". Une ancienne petite-amie a raconté aux gendarmes avoir eu une conversation éprouvante avec lui, "pour une explication" dans les bois. Celle-ci a manifestement eu très peur de son comportement, confessant avoir pensé "vivre (s)a dernière heure".

Autre témoignage alarmant sur Nordahl L, suspecté par les juges d'être à l'origine de la disparition de la petite Maëlys. "Le suspect a été vu par de nombreux témoins, dans la salle où les enfants dormaient sous l'œil de la baby-sitter. Dans cette pièce isolée, il parlait avec Maëlys et lui montrait sur son téléphone portable des photos de ses chiens, l'une des passions de la petite fille", a expliqué un invité du mariage à Paris Match. Cette proximité avec les enfants a semble-t-il intrigué plusieurs convives. Et intrigue encore les enquêteurs. "Visiblement, il n'a pas eu un comportement adéquat avec eux", ajoutait alors une source proche de l'enquête.

La mère de Nordahl Lelandais est allée voir son fils en prison 

Au début du mois d'octobre, suite à l'appel des parents de Maëlys (voir plus bas), Christine Lelandais est allé voir son fils, pour lui demander notamment de dire tout ce qu'il aurait pu voir. Au micro de la radio, elle a fait le point sur ce que son fils lui avait dit, lors de lors rencontre au parloir. Il a une nouvelle fois clamé son innocence. "Il m'a dit : 'Mais maman, je te le jure, je te l'assure', les yeux dans les yeux. Je le crois. S'il était coupable de quelque chose, il aurait la tête qui changerait. Il serait différent. Il ne pourrait pas me mentir jusqu'à ce point-là. S'il y avait eu le moindre doute, je l'aurais ressenti. Mais là, non. On s'est embrassés, on s'est pris dans les bras et on était heureux tous les deux", a-t-elle fait savoir, laissant entendre qu'il n'allait pas en dire davantage aux juges. "Je ne vois vraiment pas pourquoi il dirait autre chose, alors qu'il est innocent. Il ne va pas se rendre coupable s'il est innocent. Il ne va pas raconter autre chose, ni se faire inculper pour quelque chose qu'il n'a pas vu, pas entendu et, surtout, qu'il n'a pas fait", a-t-elle justifié.

Ce qu'a dit Nordhal Lelandais aux juges

Début octobre, L'Express a publié des extraits de l'audition du suspect de l'affaire Maëlys devant les juges, le 3 septembre dernier. Nordahl Lelandais apparaît très sûr de lui lorsqu'il évoque la fillette disparue. "Quand j'étais à table et qu'elle a vu la photo de mes chiens sur mon téléphone, j'ai parlé avec cette petite. C'était la première fois que je la voyais", dit-il. Au sujet de l'ADN retrouvé dans son véhicule, Nordahl Lelandais semble plus hésitant devant les enquêteurs : "Je ne me rappelle pas l'avoir touchée, peut-être en l'aidant à descendre de la voiture car c'est une trois-portes. Je ne me rappelle pas l'avoir prise dans les bras", a-t-il dit. Pourtant, il ne voit qu'une seule explication à la présence de l'ADN de Maëlys à côté du volant : un transfert d'ADN lorsqu'il lui a pris la main. Reste que les enquêteurs n'apprécient pas qu'il n'ait pas parlé de Maëlys lors de sa première garde à vue. "C'est une bêtise de ma part. Sur le coup, pour moi, entendre qu'une petite a été enlevée et m'avait parlé, et que je l'avais fait monter dans ma voiture sans la forcer, ça m'a perturbé", se justifie-t-il. Autre révélation sur l'audition du suspect devant les juges d'instruction, cette réponse pleine d'aplomb du suspect lorsqu'on lui demande pourquoi il ne donne des renseignements qu'au compte-gouttes. Car à chaque fois qu'un élément troublant vient fragiliser sa version des faits, il donne une nouvelle justification. "Il y avait beaucoup d'alcool, le fait de reparler, ça fait des flashs", a-t-il expliqué devant les magistrates. C'est donc aussi un autre élément à prendre en compte : le suspect dit avoir été ivre la nuit du mariage.

Recherche de Maëlys

Dès dimanche 27 août, les environs de la salle des fêtes de Pont-de-Beauvoisin ont été passés au peigne fin. Un hélicoptère, six maîtres-chiens, ainsi qu'une centaine de gendarmes ont fouillé les résidences, les espaces boisés, la forêt. Des plongeurs ont sondé la rivière du Guiers, non loin du lieu de la disparition, et des spéléologues sont même allés inspecter des cavités dans les environs. Un drone a été utilisé pour cartographier la zone. De nombreux appels téléphoniques ont été analysés par les enquêteurs. Le 6 septembre, le dispositif de recherches avait été renforcé pour fouiller et sonder un lac de Savoie, le lac d'Aiguebelette, situé près du domicile du principal suspect de l'affaire et où il avait ses habitudes.

A partir du 7 septembre, les fouilles se sont poursuivies dans les gorges de Chailles, un canyon situé sur la commune de Saint-Béron, en Savoie avec un hélicoptère et des gendarmes de haute montagne. Des sonars ont aussi été utilisés. Mais une semaine plus tard, le dispositif a été considérablement réduit, aucune de ces fouilles n'ayant donné de résultat. L'enquête se concentre désormais sur les signalements reçus grâce à l'appel à témoins.

De nouvelles recherches ont eu lieu sur le terrain début octobre. Sur demande de la cellule d'enquête, une équipe cynophile ainsi que des gendarmes mobiles ont été mobilisés, notamment sur la commune de Domessin, où se situe le domicile du suspect. "Ces nouvelles recherches ne sont pas faites sur la base d'éléments nouveau", indiquait alors un gendarme mobilisé sur l'affaire Maëlys aux journalistes de France Bleu. "Tous les jours, il y a quelque chose, comme un ratissage. C'est juste que ce n'est pas toujours visible du grand public ou des journalistes. D'autres opérations sont prévues ces jours-ci", précisait-il. Les enquêteurs ont aussi cherché des traces ADN dans les eaux usées de la station de lavage dans laquelle le suspect a soigneusement lavé sa voiture, le lendemain de la disparition de la fillette de 9 ans.

Les gendarmes de la compagnie de Pont-de-Beauvoisin ont également mené dans la nuit de samedi 30 septembre à dimanche 1er octobre une longue opération de contrôles des véhicules circulant de nuit, à Pont-de-Beauvoisin, à Saint-Geoire-en-Valdaine et aux Abrets. Les agents ont relevé les plaques d'immatriculation des véhicules et les identités des conducteurs. Cette vaste opération a eu lieu de 2 heures à 5 heures du matin, "dans le même créneau horaire que la disparition de la petite fille" la nuit du 26 août dernier. Une quinzaine de gendarmes ont été mobilisés. Durant trois heures, ils ont pris la mesure du volume du trafic à cette heure-là et vérifier qui circulaient sur ces axes peu empruntés. "Les automobilistes étaient également questionnés sur l'affaire, les gendarmes tentant de glaner des renseignements supplémentaires. L'opération n'a rien révélé de nouveau et les identités et plaques d'immatriculation des véhicules contrôlés ont été transmises à la cellule d'enquête", expliquait le Dauphiné Libéré, qui dévoilait alors l'information.

Enlèvement de Maëlys : piste privilégiée

Les enquêteurs se tournent vers la piste de l'enlèvement. Lundi 28 août, le parquet de Bourgoin-Jallieu indiquait que les recherches se déroulaient sous la qualification "d'enlèvement". Premier indice laissant penser à un scénario criminel : les recherches, infructueuses, laissent penser qu'il ne s'agit pas d'une fugue ou d'un accident, généralement rapides dans leur dénouement. "Si Maëlys avait eu un accident, on l'aurait trouvée", avait d'ailleurs lâché un enquêteur au Parisien dès le 28 août. Lors d'une conférence de presse le lendemain, la procureure de la République de Bourgoin-Jallieu ajoutait que la piste criminelle n'était "plus écartée [...] compte tenu du temps écoulé" depuis la disparition.

L'attention portée par les enquêteurs à trouver d'éventuels suspects, dès les premières heures de l'enquête, est aussi flagrante. Les invités du mariage ont tous été entendus. Les films du mariage ont été saisis et examinés eux aussi. Les participants à deux autres fêtes, dans une salle paroissiale et dans un bar, à quelques centaines de mètres de là, ont aussi été entendus. Le domicile du gardien de la salle des fêtes où avait lieu le mariage a été perquisitionné le mardi 29 août. Autre élément qui semble écarter un accident : un chien de la gendarmerie chargé de suivre la trace de Maëlys s'est arrêté sur le parking de la salle des fêtes où avait lieu le mariage. La jeune fille a pu être "embarquée" dans un véhicule lâchait le Parisien dès le mardi 29 août. L'alerte enlèvement n'a en revanche pas été déclenchée. Il faut en effet que l'enlèvement soit "avéré" pour qu'un tel dispositif soit utilisé, avec a minima le lieu, l'heure de l'enlèvement, ou encore le signalement d'un véhicule suspect. Des éléments cruellement absents dans cette affaire.

France Info a révélé fin septembre que les enquêteurs "n'excluent pas l'existence d'un éventuel complice ou d'un commanditaire pour l'enlèvement de la fillette de 9 ans". Nordahl Lelandais, mis en examen pour "enlèvement et séquestration de mineur de 15 ans" est donc soupçonné d'avoir été aidé à faire disparaître la fillette ou bien d'avoir transmis l'enfant à une tierce personne. Dans cette perspective, ce sont bien les déplacements du suspect avec sa voiture, durant la nuit du mariage, qui prennent une place centrale dans l'enquête. Rappelons que Nordahl L. s'est absenté plusieurs fois de la salle des fêtes le 26 août, dont une fois à un moment correspondant à la disparition de Maëlys.

Parents de Maëlys : leur réaction

Un mois après la disparition de Maëlys, ses parents ont tenu une conférence de presse jeudi 28 septembre, accompagnés de leur avocat. La mère de Maëlys a lancé un appel très fort, adressé principalement à Nordahl Lelandais, sans jamais prononcer son nom. "Aujourd'hui un individu est suspecté mis en examen par des juges qui ont donné des indices graves et concordants à son encontre. Nous lui demandons de dire tout ce qu'il s'est passé. Nous lui demandons de révéler ce qu'il sait. Son attitude nous laisse penser qu'il peut détenir des informations importantes, et qui peuvent aider à retrouver notre fille. C'est notre seul souhait. Nous ne disons pas que nous cherchons un coupable à tout prix et sans preuve valable [...] Toutefois, au vu des dernières révélations du dossier et aussi de son attitude étrange lors du mariage, qui nous a interpellés, nous lui demandons de révéler ce qu'il sait. Nous espérons qu'il entendra notre appel à l'aide car notre souhait est de retrouver notre fille. [...] Lui aussi doit se poser beaucoup de questions [...] Nous espérons qu'il entende notre appel à l'aide". Elle finit son intervention très émue : "Nous nous battons pour retrouver notre fille. Elle fêtera ses 9 ans le 5 novembre. [...] Elle nous manque terriblement, nous pensons à elle, chaque jour, chaque seconde".

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