Tariq Ramadan : pas de nouvelle mise en examen, ce qu'il a dit aux juges

Tariq Ramadan : pas de nouvelle mise en examen, ce qu'il a dit aux juges TARIQ RAMADAN - Tariq Ramadan a bien reconnu des relations sexuelles "consenties" avec la troisième plaignante, mais après audition, le juge d'instruction a décidé de ne pas le mettre en examen ce mardi 5 juin, selon son avocat.

L'essentiel

  • Tariq Ramadan a été auditionné ce mardi 5 juin par un juge d'instruction. Il a notamment dû répondre aux accusations de viol portées à son endroit par Mounia R. Elle dit avoir été violée 9 fois, entre 2013 et 2014 alors qu'elle était sous son emprise. "Les magistrats ont considéré, à la suite des explications de Tariq Ramadan et des documents qui ont pu être fournis, qu'il n'y avait pas lieu de le mettre en examen concernant Mounia, a déclaré Me Emmanuel Marsigny. Il a longuement expliqué aux magistrats (...) qu'il y avait eu des jeux sexuels, qu'il y avait eu des relations sexuelles également, mais qu'elles ont toutes été toujours librement consenties". L’islamologue a donc changé sa ligne de défense : il niait auparavant tout adultère.
  • Selon les informations d'Europe 1, les avocats de Tariq Ramadan ont "exhumé 300 vidéos et un millier de photos" envoyées par Mounia R, à l'époque des faits. Des éléments qui pourraient renforcer sa thèse de rapports consentis. Sur l'une d'elle, que BFMTV a pu consulter, on entendrait la plaignante, "détendue", dire à Tariq Ramadan : "Mon amour, je t'aime fort". Un message envoyé le 17 mai 2013. L'accusatrice affirme avoir été violée la veille.

En direct

05/06/18 - 23:08 - Tariq Ramadan échappe à une nouvelle mise en examen

FIN DU DIRECT - La mise en examen dans le cadre de la plainte de Mounia, déposée en mars, constituait le principal enjeu de l'audition de ce mardi. Si l'islamogue reconnaît des relations sexuelles "consenties", il nie le viol. "Les magistrats ont considéré, à la suite des explications de Tariq Ramadan et des documents qui ont pu être fournis, qu'il n'y avait pas lieu de le mettre en examen", a expliqué son avocat, Me Emmanuel Marsigny. Pour rappel, l'intellectuel a été mis en examen pour deux viols et écroué début février.

05/06/18 - 14:33 - Tariq Ramadan faisait valoir son innocence dans une vidéo datant de novembre 2017

La vidéo date du 27 novembre 2017, mais n'a jamais été diffusée avant sa mise en ligne par le média Le Muslim Post, à la mi-mars 2018. Le document vidéo montre Tariq Ramadan, se filmant lui-même pour faire un point sur les accusations dont il fait l'objet. "Je suis totalement innocent de ce dont on m'accuse. Mais je ne vais pas rentrer dans la surenchère médiatique et je ne vais pas répondre vindicte populaire que les médias entretiennent. Je suis profondément confiant de l'évolution des investigations. [...] Nous saurons qui a dit la vérité, qui a menti et qui, au fond, est innocent", dit-il. Depuis, Tariq Ramadan a été mis en examen et écroué.

05/06/18 - 10:42 - La fille de Tariq Ramadan prend la défense de son père

Maryam Ramadan a donné un entretien exclusif au journal Libération ce mardi matin. Très impliquée dans la campagne médiatique de soutien à son père, elle assure n'avoir aucun doute sur son innocence. "J’ai vécu pendant une trentaine d’années avec lui et les contradictions des plaignantes me confortent dans ma conviction. [...] Sachez que dans ma famille, on m’a toujours appris à être du côté des opprimés, des victimes. A ce jour, la seule vraie victime est mon père, car c’est lui qui est en prison pendant que ses accusatrices font les plateaux de télévision et les émissions de radio", dit-elle.

05/06/18 - 09:48 - Un message attribué à la soeur de Mounia utilisé par les avocats de Tariq Ramadan

Selon les informations d'Europe 1, la défense de Tariq Ramadan a en sa possession un message attribué à une soeur de la troisième accusatrice. Il s'agit d'un échange avec l'islamologue daté de 2014. Dans celui-ci, selon Europe 1, il est laissé entendre que les photos prises à l'insu de Tariq Ramadan pourraient être utilisée par l'accusatrice pour lui nuire. "On peut y lire que les "intentions" de l'accusatrice ne sont "pas honnêtes"", explicite le site de la radio.

05/06/18 - 08:58 - Un document compromettant pour Tariq Ramadan ?

La troisième plaignante pour viol envers Tariq Ramadan pourrait faire connaître un tournant à cette affaire. Même si l'islamologue est déjà mis en examen et incarcéré - il est cependant toujours considéré comme innocent -, les enquêteurs n'ont que peu d'éléments tangibles à charge contre lui. Mounia, en plus de porter plainte, est venue apporter SMS, vidéos, photos et enregistrement audio à la justice. Europe 1 a pu consulter ces éléments et la station de radio rapporte que sur l'une des photos, un selfie pris par Marie dans un lit, on distinguerait assez bien Tariq Ramadan. L'enregistrement audio est aussi éloquent. D'une durée de 1 minutes 43 secondes, il contiendrait des paroles très violentes et à la portée pornographique, se terminant par un glaçant "allez exécution !".

05/06/18 - 08:31 - Tariq Ramadan pourrait modifier sa défense devant le juge ce mardi 5 juin

Alors qu'il fait l'objet de quatre plaintes pour viols et une pour agression sexuelle, Tariq Ramadan avait toujours nié la moindre relation sexuelle avec l'une des plaignantes, qu'elle soit consentie ou non. Mais Libération a révélé en avril que le prédicateur d'origine égyptienne avait consenti à avouer qu'une relation sexuelle a bien existé entre lui et Mounia - qui se faisait auparavant appeler Marie. Cette femme d'une quarantaine d'années avait rapporté des faits de viols, supposément survenus à neuf reprises, de la part de Tariq Ramadan entre février 2013 et juin 2014. L'avocat de l'islamologue, contacté par Libération, a confirmé l'existence d'un lien entre la plaignante et l'accusé mais sans pour autant affirmer que leur relation était de nature sexuelle. "Il (Tariq Ramadan, ndlr) reconnaît avoir eu une relation avec elle mais elle n’était pas ce qu’elle a décrit. Il s’expliquera quand il sera interrogé par les juges", a déclaré maître Emmanuel Marsigny.

05/04/18 - 14:40 - Trois femmes assurent être menacées suite à leurs plaintes pour viol contre Tariq Ramadan

Première à avoir porté plainte contre Tariq Ramadan pour viol et agressions sexuelles, Henda Ayari demande aujourd'hui une protection policière, relaie Franceinfo, pour elle ainsi que les deux autres femmes ayant témoigné contre l'islamologue. Les trois femmes font, selon L'Express, l'objet d'une "campagne de harcèlement en ligne", qui "aurait été orchestrée par une cellule de crise réunie autour de l'islamologue". Henda Ayari a d'ailleurs porté plainte contre X pour "menace et insulte" dès novembre dernier. Par ailleurs, l'une des plaignantes dans l'affaire Tariq Ramadan, "Marie" (prénom modifié), a en outre, pour rappel, porté plainte le 25 mars dernier pour violences volontaires après une agression qu'elle considère comme des représailles : la mère de famille âgée de 45 ans dit avoir été agressée par deux hommes samedi 24 mars dernier, en bas de chez elle, entre 22h et 23h, lesquels l'ont selon elle menacée d'actes encore plus graves à venir. En réponse aux accusations de harcèlement des plaignantes, l'avocat de Tariq Ramadan, Me Marsigny, évoque un déchaînement d'insultes "humain et compréhensible", car, justifie-t-il dans l'émission "C à vous" du 15 mars dernier, sur France 5, "Il y a des gens qui considèrent que le procès qui est fait à Tariq Ramadan est un procès injuste".

05/04/18 - 12:40 - #Rappel : L'accord financier entériné par un jugement public à hauteur de 27 000 euros

C'est par l'intermédiaire d'un jugement public que l'accord financier entre Majda Bernoussi et Tariq Ramadan, s'élevant à 27 000 euros, a été entériné en mai 2015, à Bruxelles, selon l'AFP. Une information confirmée par Luc Hennart, président du tribunal de première instance de la ville, à l'agence France Presse, après les révélations parues sur Mediapart et Le Vif. Pour rappel, Majda Bernoussi n'accusait pas Tariq Ramadan de viol mais de relation destructrice et d'emprise psychologique, des accusations qu'elle portait sur internet. M.Hennart a confirmé auprès de l'AFP que l'accord "prévoit que Majda Bernoussi retire ses publications sur le web et cesse d'en publier de nouvelles, moyennant une somme d'argent donnée par Tariq Ramadan".

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Première accusation de viol contre Tariq Ramadan

C'est l'écrivaine Henda Ayari qui a, la première, accusé Tariq Ramadan de viol, pour des faits remontant en 2012. Auteure en 2016 d'un livre intitulé "J'ai décidé d'être libre", ouvrage dans lequel racontait son passé de jeune femme mariée à un salafiste, elle y expliquait avoir été violée dans sa jeunesse, sans donner le nom de son agresseur, de peur de "menaces de sa part" et sur ses enfants. Le nom est finalement tombé le vendredi 20 octobre 2017 : poussée par ses proches et par le climat installé par l'affaire Weinstein, Henda Ayari a révélé dans un post sur Facebook que c'est Tariq Ramadan qui l'avait agressée. Elle affirme avoir été menacée après cette agression et dit avoir été victime de pressions exercées sur elle pour qu'elle ne parle pas. "J'ai gardé le silence depuis plusieurs années par peur des représailles car en le menaçant de porter plainte pour le viol dont j'ai été victime, il n'avait pas hésité à me menacer et à me dire également qu'on pourrait s'en prendre à mes enfants, j'ai eu peur et j'ai gardé le silence tout ce temps", expliquait-elle sur Facebook, ajoutant : "Aujourd'hui je ne peux plus garder ce secret trop lourd à porter, il est temps pour moi de dire la vérité. C'est très dur mais je me sens soulagée, j'ai ressenti le besoin de parler aussi pour toutes les autres victimes".

Au Parisien le lundi 30 octobre, Henda Ayari a raconté dans le détail sa rencontre avec Tariq Ramadan dès 2010. Perdue après sa séparation d'un mari extrémiste et violent, sa répudiation et le retrait de la garde de ses trois enfants, au chômage et sans logement, elle raconte qu'elle culpabilisait après avoir retiré son voile pour trouver plus facilement du travail. Ce sont ces questionnements qui la pousseront à chercher conseil auprès de Tariq Ramadan, qui n'aurait pas manqué de lui faire des remontrances sur le sujet. Deux ans plus tard, en mars 2012, elle finit par accepter un rendez-vous dans un hôtel "de l'est de Paris". D'abord sous le charme, elle sera vite sous l'emprise de son agresseur présumé. "Il m’a embrassée, et je me suis laissé faire, je n’ai pas honte de le dire. Puis il s’est littéralement jeté sur moi. Alors le conte de fée s’est transformé en cauchemar, le prince charmant en monstre. Il m’a étranglée très fort, si fort que j’ai pensé que j’allais mourir. Il m’a giflée, car je résistais. Il m’a violée", dit-elle dans le Parisien (lire l'article ici).

Sur France Info, Henda Ayari a aussi relaté les justifications de Tariq Ramadan après son agression : "Il m'a dit que j'avais ce que je méritais. Le fait que je sois habillée à l'occidentale était une manière de provoquer le désir. Il m'a reproché de ne pas être une femme d'expérience sexuellement" (voir l'interview sur France info ici). Dans Le Parisien, elle encore dit avoir été insultée au lendemain de son viol : "J'étais venue pour ça, je méritais ça, je l'avais cherché. Je n'avais qu'à porter le voile, sinon j'étais une prostituée". Elle s'est aussi dite certaine que pour l'islamologue, "soit vous êtes voilée, soit vous êtes violée". "Il y a beaucoup de musulmans qui respectent les femmes et les droits à l'égalité entre hommes et femmes. Ce sont eux qu'il faut valoriser. Pas ceux qui instrumentalisent l'islam pour asservir les femmes", conclut-elle.

Deuxième accusation de viol contre Tariq Ramadan

Une autre plainte a été déposée contre Tariq Ramadan pour viol au parquet de Paris. Dans deux articles du Parisien et du Monde, publiés cette fois le vendredi 27 octobre 2017, une femme, qui souffre d'un handicap aux jambes, a raconté elle-aussi avoir pris contact avec Tariq Ramadan en 2009 pour des conseils religieux. De Facebook, la conversation devait se poursuivre dans un hôtel lyonnais, où l'islamologue aurait donné rendez-vous à sa victime présumée. Le mode opératoire ressemble en de nombreux points à celui qu'aurait subi Henda Ayari, la première à avoir brisé le silence : dans le hall de ce grand hôtel, Tariq Ramadan aurait proposé à sa victime présumée de monter dans sa chambre, pour plus de discrétion, l'homme public se montrant soucieux de sa réputation. Une fois dans la chambre d'hôtel, Tariq Ramadan se serait ensuite jeté sur sa "proie" par derrière, donnant un coup de pied dans ses béquilles de sorte qu'elle perde l'équilibre, puis lui infligeant des gifles au visage, mais aussi aux seins et à d'autres parties du corps.

Des coups de poing dans le ventre sont aussi évoqués. S'en seraient suivis une fellation imposée, "d'une grande brutalité", écrit le Parisien, puis un acte sexuel "particulièrement violent" que le Monde qualifie de "sodomie". Les hurlements provoqués par la douleur n'y feront rien, selon le descriptif terrible livré par la victime, qui évoque aussi l'usage d'un objet pour d'autres "contraintes sexuelles". Tariq Ramadan se serait ensuite accroché à ses jambes selon Le Parisien, provoquant "de vives douleurs", avant de "traîner sa victime par les cheveux à travers toute la chambre afin de la conduire dans la baignoire de la salle de bains, où il l'aurait humiliée" en lui urinant dessus. La victime présumée, que Le Parisien surnomme "Christelle", raconte enfin avoir été forcée de passer la nuit dans le lit de son agresseur, qui avait confisqué ses habits, avant de parvenir à s'enfuir le lendemain matin. La plaignante aurait fourni des certificats médicaux à l'appui de son témoignage.

Selon la victime toujours, Tariq Ramadan lui aurait ensuite envoyé des SMS exaltés après ce viol présumé, faisant part de son souhait la revoir. Les messages, s'extasiant d'abord sur cette "nuit d'amour romantique et tendre", deviendront vite plus menaçants. Après ses refus, la victime présumée aurait subi "des mois de harcèlement et de menaces". Elle raconte que des hommes la suivaient dans la rue et que l'un d'eux la menacera de mort. "J'ai dû rester chez une amie pendant presqu'un mois à partir du 18 novembre 2009", détaille-t-elle dans Le Monde (lire l'article ici).

Troisième accusation de viol contre Tariq Ramadan

Marie, dont le nom a été modifié par L'Express qui a dévoilé l'information, aurait été contactée via Facebook par Tariq Ramadan au début de mois de février 2013. À cette époque, cette mère de deux enfants est en pleine séparation avec son compagnon et sans emploi stable. L'islamologue lui demande alors si c'est bien elle la personne qui a assisté une semaine auparavant à l'une de ses conférences. Méfiante vis-à-vis de cet homme, celle qui n'a jamais assisté à la moindre conférence découvre qu'elle a finalement bien à faire à l'islamologue de renom lors d'une conversation Skype. "Elle était surprise et flattée qu'un homme aussi célèbre et occupé puisse lui consacrer du temps", écrivent ses avocats dans la plainte.

"Impressionnée par 'l'aura' de Tariq Ramadan", comme le rapporte L'Express, Marie se serait peu à peu confiée sur sa vie intime. Bienveillant dans un premier temps,Tariq Ramadan change peu à peu de comportement. Lors de leur première rencontre physique, c'est un tout autre homme qui lui apparaît alors. La rencontre aurait eu lieu le 15 février 2013, au Radisson Blue Hôtel de Bruxelles, où l'islamologue tenait une conférence. Après une liste d'instructions pour assurer notamment la discrétion de leur rencontre, cette dernière a finalement lieu aux alentours de 23 heures. Là, tout bascule rapidement. Marie affirme que Tariq Ramadan lui aurait notamment imposé "de force une fellation en lui agrippant les cheveux" et l'aurait humiliée, la traitant de "chienne, pute, salope" à la suite d'un rapport sexuel qualifié de violent par la plaignante.

Bouleversée à la suite de leur première rencontre, Marie aurait tout de même continué à correspondre avec l'islamologue. Huit autres rapports sexuels au total ont été rapportés par la plaignante qui les aurait qualifiés de "viols". Lors de leur dernier rendez-vous en juin 2014 à Lille, l'islamologue aurait manqué de l'étouffer. "Sidérée, tétanisée, ayant eu peur pour sa vie, [elle] décida de ne plus se rendre aux rendez-vous" et de "ne plus céder à ses menaces", rapportent les conseils de Marie dans la plainte déposée le mercredi 7 mars 2018.

Plainte contre Tariq Ramadan aux Etats-Unis

Libération a rapporté l'information jeudi 8 mars 2018. Selon le quotidien, une femme âgée d'une trentaine d'années et de nationalité américaine aurait déposé plainte par téléphone le 19 février dernier contre Tariq Ramadan pour agression sexuelle, auprès de la police de Washington. Cette nouvelle plaignante résiderait, toujours selon Libération, au Koweït. Les faits, quant à eux, remonteraient à la nuit du 30 au 31 août 2013, soit à une date lors de laquelle Tariq Ramadan se trouvait aux États-Unis pour assister au 50e congrès de la Société islamique d'Amérique du Nord (ISNA).

Selon le récit publié par le chercheur britannique Aymenn Jawad Al-Tamimi sur son site personnel en novembre dernier, la plaignante était à l'époque des faits une "instructrice culturelle" et travaillait pour le Département américain de la Défense. Elle avait pour mission "d'enseigner l'Islam et la culture moyen-orientale" aux militaires. C'est parce qu'elle n'avait pas "l'impression d'avoir les connaissances ou le bagage nécessaires en matière d'études islamiques pour transmettre la vérité à [ses] étudiants", selon ses dires publiés sur le site d'Aymenn Jawad Al-Tamimi, qu'elle aurait décidé, en mars 2012, de rentrer en contact avec Tariq Ramadan sur Facebook. Après l'échange de quelques messages, il se serait écoulé plusieurs mois sans qu'ils ne se parlent. Puis à l'été 2013, de nouveaux échanges sur Internet les auraient conduits à se rencontrer.

"Après avoir suggéré – sans succès – une rencontre autour d'un déjeuner, la jeune femme raconte avoir finalement accepté de rencontrer le prédicateur dans sa chambre d'hôtel, peu avant 2 heures du matin, le 31 août 2013. C'est là que l'agression sexuelle aurait eu lieu", explique Libération. Selon une source policière de Washington contactée par le journal, cette nouvelle victime présumée de Tariq Ramadan reprocherait à l'islamologue d'avoir "placé son pénis dévêtu contre sa poitrine" et de l'avoir "touchée au niveau du décolleté". Dans la plainte, la jeune femme préciserait bien, toujours selon le quotidien, que tout ceci se serait produit "contre sa volonté".

D'autres témoignages contre Tariq Ramadan ?

D'autres femmes se sont exprimées, toujours sous couvert de l'anonymat, sur les agissement de Tariq Ramadan. Samedi 28 octobre 2017, Le Parisien publiait un court article dans lequel une troisième victime confiait avoir été harcelée et menacée par l'islamologue. Selon Libération qui a consacré un papier à l'affaire Ramadan, "d'autres témoignages" ont été transmis à l'essayiste Caroline Fourest et au journaliste Ian Hamel, basé en Suisse, auteurs l'un et l'autre de livres d'enquête sur le théologien. "Ils faisaient état de comportements violents de la part de Ramadan". Caroline Fourest, vieille ennemie de Tariq Ramadan, a d'ailleurs été auditionnée en marge de la garde à vue de ce dernier et a indiqué avoir remis des documents aux enquêteurs. 

Dans son post du 20 octobre 2017, l'écrivaine Henda Ayari indiquait qu'elle avait rompu le silence pour inciter d'éventuelles autres victimes à s'exprimer à leur tour. "J'espère vraiment que d'autres femmes victimes, comme moi, oseront parler, et dénoncer ce gourou pervers qui utilise la religion pour manipuler les femmes !", disait-elle. "Je sais qu'il me tombera dessus avec son équipe d'avocats et ces nombreux soutiens, c'est pour cela que je vais vraiment avoir besoin de vous pour me soutenir !". L'avocat de la seconde victime présumée de Tariq Ramadan, Eric Morain, aurait tenté de son côté de convaincre plusieurs autres femmes de témoigner. Aucune autre plainte pour des faits de viols ou d'agression sexuelle n'a pourtant été déposée à ce stade. 

La défense de Tariq Ramadan

Tariq Ramadan s'est défendu publiquement à deux reprises au sujet de ces diverses accusations. Dès la fin du mois d'octobre 2017, le théologien publiait un communiqué sur Facebook pour dénoncer une "campagne de calomnie" venant selon lui de ses "ennemis de toujours". Il a réitéré la manoeuvre sur Twitter début novembre 2017, alors que La Tribune de Genève publiait un article sur de présumés abus sexuels sur mineures. Une plainte pour diffamation était alors annoncée. Les avocats de Tariq Ramadan ont aussi porté plainte contre Caroline Fourest pour "subornation de témoin". Devant la justice justement, la défense de Tariq Ramadan chercherait aussi à discréditer la parole de Henda Ayari, ancienne salafiste devenue militante féministe. L'Obs évoque des "conversations sur Facebook au cours desquelles une femme qui se présente comme Henda Ayari fait en 2014 – soit deux ans après les faits présumés – des avances explicites au théologien, qui n'y donne pas suite".

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