Xavier Darcos vient de présenter les nouveaux programmes scolaires du primaire dans lesquels sera enseignée l’instruction civuque et morale. Les élèves apprendront à se lever lors de l’écoute de la Marseillaise, à respecter les règles de politesse et de bonne tenue ainsi que les valeurs et les emblèmes de la République. Qu’en pensez-vous ?
Selon vous, est-ce le rôle de l'école d’enseigner la morale aux enfants
?
Oui, mille fois oui. Il faut leur apprendre dès le plus jeune âge les valeurs de la République : je préconise l'apprentissage de la doctrine du "travailler-plus-pour-gagner-plusisme" dès la première section de maternelle. Parce que le découpage, le collage, le coloriage, c'est bien gentil, ça les éveille peut-être les marmots, mais si on y réfléchit bien ça sert à rien, sinon à préparer leur future retraite qu'ils passeront dans les ateliers patchwork et couture de l'association tenue depuis plus de 25 ans par les amis du grabatairisme galopant.
Quel pourrait
être, selon vous, le contenu de cette "instruction civique et morale"
?
Je suis tout à fait d'accord avec notre bon président : apprentissage de la Marseillaise (le refrain et tous les couplets non mais oh) par coeur et en choeur.
Avez-vous l'impression que la
France connaît un recul de la politesse et de la civilité ? Si oui, à quoi le
constatez-vous ?
Tout à fait, c'est flagrant. L'autre jour, je me baladais tranquillement dans la rue, sifflotant comme aux plus beaux jours de juin 1940. Et là, la marque de l'impolitesse incarnée : une petite vieille, frêle et chétive, la tête sertie d'un fichu en plastique du plus bel effet, fait tomber le dernier numéro de Minute qui était arrivé par mégarde dans ma boîte aux lettres. Même pas l'esquisse d'un pardon ou le début d'un semblant d'excuse, rien. Elle est repartie, à la vitesse d'un escargot, la démarche chaloupante et son cabbas sous le bras. N'écoutant que ma haine et mon courage, j'ai puni la future impotente en lui chapardant le vague poireau qui dépassait de son engin à roulettes. Depuis, je l'arbore fièrement sur la lunette arrière de mon coupé cabriolet, comme un symbole de résistance à ces agressions quotidiennes qui nous pourrissent l'existence.