La Secrétaire d'Etat à l'Ecologie Nathalie Kosciusk-Morizet a dû s'excuser après avoir critiqué la lâcheté de son ministre de tutelle Jean-Louis Borloo, et du chef de fil des députés UMP Jean-François Copé, à propos des OGM. Selon vous, de quelle liberté de parole doit bénéficier un ministre ? Peut-il exprimer un désaccord avec le président, le Premier ministre ou un autre ministre ? Participez
Dans une démocratie, on ne se pose pas ce genre de questions Christophe Sansoe, Rive De Gier Un ministre peut-il, selon vous, exprimer publiquement un désaccord avec le président ou le Premier ministre ? Pourquoi ne le pourrait-il pas ? Dans une république démocratique, ce genre de questions ne devrait même pas se poser ! Les ministres ont pour utilité de gérer un point bien précis de la vie du pays. Ils sont coordonnés par le premier ministres afin de donner une certaine cohérence au tout, par rapport aux grandes lignes tracées par le chef de l'État. Certes, attaquer directement et sèchement son ministre de tutelle n'était pas très politiquement correct... En -25, Messala Cirvinus, premier préfet du prétoire (n°2 d'Auguste) démissionne une semaine après avoir été nommé car, dit-il, il faudrait savoir si son rôle est d'administré la ville ou d'être le larbin d'Auguste. Peut-être Madame Kosciusko-Morizet s'est-elle sentie dans cette situation...
Quels seraient, selon vous, les "risques" ou les avantages d'une liberté totale de parole des ministres au gouvernement ? Les "risques" sont évidemment ceux de dissensions au sein de la majorité. Ce peut être sain d'ailleurs ! Ca permet de se remettre en question... Travailler ensemble est toujours bénéfique. Quand on n'a pas le même avis, on discute et on prend ce qui ressort de mieux de cette discussion. C'est comme cela que fonctionne une démocratie, normalement...
Les ministres d'ouverture et ceux de la majorité ont-ils, selon vous, la même liberté de parole au gouvernement ? Pourquoi ? Tout dépend si l'on parle au niveau théorique ou au niveau pratique. Au niveau théorique, oui, les ministres, qu'ils soient "d'ouverture" ou de la majorité ont la même liberté de parole: Fillon s'est comporté de la même manière avec Fadela Amara et Nathalie Kosciusko-Morizet. Car au niveau pratique, oui, ils ont la même liberté de parole... Tant qu'ils pensent comme Sarkozy ou Fillon, qui semble être le Messala du premier... Les ministres "d'ouverture" ne sont pas venus avec leurs idées qu'ils ont laissées au pas de porte mais avec leur popularité. "Venez avec vos idées, adoptez les miennes". Vive l'ouverture !