Jacqueline Salenson
Oui, je veux pouvoir choisir ma fin de vie, je pense à un suicide, la seule aide que je demande si je peux le faire, c'est qu'on me fournisse le médicament qui me permettra de m'endormir sans souffrances, au moment où je penserai ma vie terminée, je préfère être seule à ce moment là. Si par malheur, l'accident ou une maladie brutale m'empêche de prendre mes dispositions à temps, je souhaite une euthanasie, non par égoïsme, mais au contraire pour le respect de la vie de mes enfants et petits enfants, nous sommes tous très autonomes depuis longtemps, et je tiens à ce que cela le reste
j'ai trop fréquenté hospices et maisons de retraite pour aller rejoindre cette foule de personnes dont l'état me crève le coeur, je ne veux pas imposer cela à mes enfants. Ma philosophie, plutôt stoïcienne : la mort n'est rien, mais je ne veux pas imposer mes souffrances et ma déchéance aux autres, ni mes proches, ni la société à laquelle cela coûte beaucoup d'argent je ne veux pas non plus devenir le cobaye impuissant des labos de pharmacie et des chercheurs en médecine
à mon âge (63), je ne veux pas d'acharnement thérapeutique, seuls soins que j'accepte: anti-souffrances, quand je pense à tous les enfants qui meurent de faim sur la terre, ou dans les guerres, je ne veux pas que l'argent de l'état (donc de mes compatriotes) serve à me maintenir en vie artificiellement
Carole Gouyé
Le jour venu je veux avoir le droit de choisir et quel que soit mon choix il doit être respecté. J'espère avoir la force d'imposer qu'on me laisse partir. Et que j'aurai un autre choix que la pendaison ou sauter par la fenêtre