Annie Chazarain
Merci à tous ceux qui ont répondu à mon intervention. J'ai été confrontée moi-même aux souffrances insoutenables du père de ma fille, d'un homme que j'ai profondément aimé et avec qui j'étais séparée depuis bien longtemps. J'ai toujours cru, malgré ses souffrances qu'il allait s'en sortir, mais jamais je n'aurais eu la mauvaise idée de demander à son médecin qu'il abrège sa vie. Parce que tant qu'il y a de la vie, même profondément malade, il y a de la vie... Alors de grâce, épargnez-moi de vos réflexions quelques peu nauséabondes et bien pensantes
Jeanny Richard
Pour avoir des années durant exercer auprès d'enfants dans la souffrance, avoir dû décider les équipes médicales à laisser partir mon époux (glioblastome = souffrances+++). Je souhaite que l'on comprenne qu'il s'agit là d'un geste d'amour, de générosité plutôt qu'un geste d'intérêt ! Tout ceci doit bien évidemment être "encadré" mais de grâce, laissez-nous décider de notre point de vue sur la dignité et arrêtez de vous réfugier derrière des faux-fuyants... De quelque ordre que ce soit !
Anne
D'abord, en ce qui concerne les dérives que vous évoquez, une petite précision : il ne s'agit pas de tuer des personnes en bonne santé mais d'aider à mourir dignement, sereinement, des personnes mourantes, dont l'agonie, les souffrances et la dégradation physique et morale se prolongent cruellement et qui l'ont voulu, qui en ont fait le choix. C'est un choix on ne peut plus personnel que celui de sa propre mort. Il n'appartient à personne d'autre qu'à soi-même. La fin de la vie devrait pouvoir être douce et paisible. Alors qu'elle est, si souvent, inutilement, horrible
Mariane
Tout à fait d'accord avec Santa ! Laissez ceux qui vivent un calvaire innommable durant des mois ou des années - et dont vous êtes sans doute certaine de ne jamais faire partie, je vous le souhaite - décider d'y mettre un terme. Et pour eux et pour leur famille, surtout s'il y a des enfants. Une mort choisie plutôt qu'une agonie sans fin qui enlève toute dignité en plus de la souffrance alors que l'on sait que la personne souhaiterait mourir permet aussi un deuil qui ne traumatise pas à vie ceux qui restent. Je n'aimerais pas que mon fils ait à savoir que j'ai agonisé dans une souffrance inconcevable. Cela a été le cas pour l'une de mes parentes et même sans avoir été présente j'en ai régulièrement un souvenir cauchemardesque car je l'aimais beaucoup. Aimer c'est aussi cela: permettre à l'autre de partir.
Quant aux problèmes d'héritage, depuis quand la famille déciderait la mort si le patient est encore conscient ? ! Dans le cas contraire il ne souffre pas. Pour les cas intermédiaires (souffrance privant du libre arbitre) il suffit de signer sa volonté quand on est encore en mesure de le faire. Tout le monde devrait y penser. Personne n'est à l'abri d'un accident ou d'une maladie incurable douloureuse et invalidante avec aggravation inéluctable proche menant à une mort certaine. Mettre l'intérêt en balance avec la torture d'un être vivant qui souhaite mourir montre le vôtre.
C'est sidérant de voir que les animaux de compagnie ont droit à une mort douce chez le vétérinaire et pas les hommes ! A moins d'être paranoïaque, on ne légifère pas en ayant peur des dérives, sinon on ne ferait jamais rien: toutes les lois sont régulièrement enfreintes ou détournées. C'est la raison pour laquelle les prisons sont pleines. Il n'y a pas de risque zéro. Le monde ne sera jamais idyllique. Mais au moins ceux qui en ont besoin et le choisissent pourront bénéficier de cette humanité-là car ce n'est pas autre-chose. Pour ceux qui comme vous en refusent le principe, ils sont libres de souffrir le martyre jusqu'à la fin. D'ailleurs, quand je vois des personnes s'y opposer d'un ton docte et bien pensant je me dis que j'aimerais bien avoir à nouveau leur avis si elles étaient dans une telle situation. On n'est pas là pour vérifier si elles n'iront pas terminer leur derniers jours paisiblement dans une clinique belge ! C'est facile de parler en imposant aux autres ! Il faut simplement un peu plus de précautions dans l'application de ce droit puisque c'est la mort qui est en jeu
Santa Martin
Laissez les autres penser différemment, c'est tout ce que les militants de l'admd demandent. Vous faites ce que vous voulez de votre vie et de votre fin de vie. Vous voulez des soins palliatifs : ok, ça vous regarde, mais il faut laisser les autres terminer leurs souffrances quand ils le désirent
Liliane Chevallier
Je pense que votre réaction est à revoir, bien sur, le processus doit être encadré par le médecin, un homme de loi, voir enquête de la famille, si cela peut vous consoler. Seulement ouvrez les yeux ?