Une retraitée de l'Education Nationale pessimiste sur le devenir du service public d'Education
Rolande Boulet
, Lespesses
le 08 avril 2009
Quelles sont, selon vous, les principales faiblesses de l'Education nationale aujourd'hui ?
Les changements de ministres, qui y vont chacun de leurs petites réformettes, sont une calamité. Les avis du personnel sur le terrain ne sont jamais pris en compte même si hypocritement on les consulte ! C'est le gouvernement en place qui donne la ligne directrice de l'Education Nationale qui donc change chaque fois qu'on change de parti politique au gouvernement. On ne devrait jamais laisser un enfant sortir du cours préparatoire s'il ne maîtrise pas complètement la lecture (technique et compréhension). Et enfin et surtout les crédits publics devraient être alloués uniquement aux établissements publics : la séparation de l'église et de l'état étant de plus en plus bafouée à ce niveau là. Voilà quelques rapides constatations (mais il y aurait de quoi faire un bouquin) après 40 ans de services au sein de l'EN.Pour vous, quel doit être le rôle de l'école ?
L'école doit en priorité instruire l'élève et participer à son éducation dans son cadre alors qu'actuellement dans 75% des cas elle doit assumer complètement l'éducation des élèves vu la démission des parents !Quelles seraient les mesures les plus urgentes à prendre ?
Redéfinir les lignes directrices de l'Education Nationale en dehors de toute obédience politique. Redonner aux établissements publics les crédits publics en appliquant la loi sur la séparation de l'église et de l'état. Ré instaurer le respect à tous les échelons de la hiérarchie ! (vaste programme sociétal ).
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Jean Jacques
Il fut une époque ou le match public/privé se soldait par une saine émulation, et un enrichissement global de la société. Le principe de laïcité en sortait grand vainqueur.
Aujourd'hui voici un résumé de vos arguments pour expliquer finalement votre échec public: - Les fautes d'orthographe
- Le privé ne fait pas grève.
- Le privé n'est pas laïque. - Les parents ne font plus leur boulot. - Les politiciens ne comprennent rien. - On est mal payé - On manque de moyens
Tout est donc de la faute des autres. Cela ressemble fort à un comportement maniaco dépressif.
Alors il ne faut pas vous étonner que vos élèves d'hier (décideurs d'aujourd'hui) se comportent comme vous, en parfait nombrilistes dépressifs - Qui sème le vent récolte la tempête...
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Mushic
Tout à fait d'accord dans l'ensemble. Il n'y a plus de liens entre ceux qui imposent les programmes, ceux qui doivent les appliquer, et ceux qui les reçoivent. La sociologie a changé mais l'on continue à fonctionner comme si elle s'adressait aux "petits Français" d'avant 1914. Aujourd'hui les enfants n'ont plus les références culturelles communes de base, transmises autrefois au sein de la famille. Ce système est donc en faillite et ne pourra pas encore perdurer de nombreuses années
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Charles Berg
Rolande, je vous approuve tout à fait. Ma mère était instit' et celle de mes enfants l'est encore. Et oui, je dis "instit'" et non "professeur des écoles" ce qui ne veut pas dire grand chose et surtout n'a rien changé à la réalité du métier
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Jean Francois Lemoine
Futur retraité de la grande maison "Education Nationale" j'adhère pleinement et avec amertume aux propos pleins de justesse de madame Boulet. On sent à travers les mots, les regrets qui sont nôtres, de ne pouvoir accompagner comme on le devrait les enfants qui nous sont confiés. Quant aux paroles de monsieur Normand, je pense qu'il aurait mieux fait d'apprendre ses leçons d'orthographe plutôt que de déverser son fiel contre l'école publique. Qu'il se rassure, avec des discours entendus comme le sien, on va l'avoir le "privé", compétent, non gréviste, docile... Enfin une leçon apprise ? Le problème c'est qu'une leçon apprise n'est pas forcément comprise. Non, la plupart des enseignants ne mettent pas leurs enfants dans le privé. J'en ai la preuve au quotidien. Mais que ce monsieur soit content : ça viendra ! Et si son égo se trouve flatté d'avoir été un "visionnaire", alors tant mieux pour lui mais surtout, hélas pour ceux qui croient encore à l'honnêteté des enseignants
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Hervé
Madame, je comprends parfaitement votre position public-privé, pour oeuvrer dans le privé, recevant nombre de jeunes désabusés, en situation d'échec, démotivés Laissez-moi vous dire que le privé constitue pour tous ceux-là une planche de salut salvatrice qu'ils saisissent, parfois avec appréhension. Mais la confiance revenue, ils redeviennent des élèves debout et c'est bien là l'essentiel non ? Interrogeons-nous plutôt sur pourquoi bien des jeunes en délicatesse avec l'école n'ont pas la moindre idée de ce qu'est l'amour propre, le sens moral, ne serait-ce que celui de la propreté corporelle pour certains. Quant à l'effort à fournir pour apprendre, quelqu'un leur a-t-il démontré son utilité et même son caractère obligatoire pour progresser ? Il me semble que l'on fait de son mieux avec des profs et des instits dévoués, le privé aussi d'ailleurs mais enfin, le problème n'est pas aux écoles seulement. Regardons du côté des familles, des contraintes du travail sur des parents dès lors moins présents auprès des enfants. Familles éclatées, reconstituées dans un monde en ébullition permanente ; où sont les repères ? Quel horizon doit suivre l'enfant ? Notre société est à repenser avec tout ça pour que l'harmonie revienne et ce n'est pas en nous jetant des pierres les uns sur les autres que nous avancerons sur ces réformes indispensables. Il faut arrêter toutes ces réformettes stupides et avoir une ambition plus large, remettre chacun à sa place et dans sa dignité. Les parents chez eux et dans leur rôle, l'enseignant "patron respecté" dans sa classe et l'élève à sa place d'apprenant. L'enfant roi a été une belle duperie pour tous, ça suffit
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Joel Froeliger
Pour monsieur Normand : arrêtez avec ces clichés, ce que vous dites ne concerne que vous et vos proches. Ce n'est pas une réalité. Quant au texte initial : je souscris totalement. Il serait temps que les politiques s'intéressent aux chevilles ouvrières du système : les élèves et les enseignants
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Francois Boirel
A Monsieur Normand qui aime tant le privé : Et l'orthographe ? C'est comme ça qu'on l'apprend hors de la laïque et publique ?
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Laurent Normand
En lisant les réactions de M. Boulet, je suis étonnée, beaucoup d'instituteurs, professeurs, et les politiques mettent leurs enfants dans des écoles privées, il y a plus de sécurité, pas de grèves, et professeurs très compétant, il faudrait que dès le cp les enfants reçoivent une bonne instruction, se qui est loin d'être le cas,
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François Bertrand
Je trouve cette personne pleine de bon sens
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Micheline Gallian
Je souscris ! Tout ce que vous dites est exact et vos idées sont bonnes. Tant que ce sera un enjeu politique, on n'en sortira pas : chaque ministre veut laisser sa trace et démolir ce qu'a fait son prédécesseur en fonction de ses idées politiques sans penser à l'intérêt des enfants. Actuellement, la mode est de taper sur les fonctionnaires et de les supprimer. Bientôt, il n'y en aura plus et ce sera pire que tout. L'éducation sera une affaire privée et réservée à l'élite financière ! Il faudrait que l'éducation reste en dehors de la politique et quel que soit le parti au pouvoir, que ce ne soit pas les politiques qui la dirigent. Qu'elle soit dirigée par une assemblée de gens concernés, ce serait plus démocratique que d'être soumise à la volonté d'un ministre ambitieux
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Anne-Marie Destret
Je partage tout à fait ce que vous avez décrit
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