Connaissez-vous une autre activité humaine laissant une chance égale à son adversaire de l'emporter ?
Daniela De Montmartre, Paris
Daniela De Montmartre
Qu’est-ce vous appréciez ou n’appréciez pas dans la corrida ?
L'Homme est un animal sanguinaire, ce n'est pas un scoop... Ses besoins de destruction et de faire couler le sang sont inscrits dans ses gênes comme ils le sont dans ceux des autres chimpanzés.
Le fait que ce soit une tradition culturelle justifie-il ce loisir ?
Les origines de cette tradition sont minoennes et ibérique du Caucase, avant que ceux ci n'émigrent vers l'Espagne actuelle, sans doute sous la pression des bouleversements écologiques provoqués par l'explosion du volcan Santorin. Conserver ce lien vers les origines de leur civilisation est sans doute justifiable, dans la mesure où toute les traditions sont respectées et non aménagées aux grès des desiderata des autorités morales et religieuses... Ainsi la course de taureau, pour être fidèle à la tradition minoenne, devrait se faire entièrement nue et sans aucune espada... Cela dit, puisque la déité doit être sacrifiée, autant que ce soit au sein d'un beau combat plein de sens où l'agilité et la bravoure de l'homme sont magnifiée face à la force indomptable de la nature, plutôt que dans la pénombre d'un abattoir, sous les coups d'un marteau électrique, sans aucune possibilité de bouger ne serait ce qu'un sabot avant d'être rapidement désossé et transformé en aliments dans des usines à viande n'ayant rien à envier aux camps de la morts de sinistre mémoire.
Pourrait-on, selon vous, remplacer la corrida avec mise à mort du taureau par une corrida sans mise à mort ?
Pourrait-on passer d'une politique de pillage et d'exploitation méprisante de la planète à une politique respectueuse de l'environnement et de ses habitants (au sens large du terme) ? C'est peut probable, hélas ! Et quand la nature ne lui suffit plus pour se nourrir, il est rare qu'il se prive de dévorer ses propres semblables pour subsister... N'étant plus capable pour de multiples raisons, la plupart ayant à voir avec le pouvoir grandissant des multinationales tels Monsanto, de trouver un équilibre avec cette nature nourricière, plutôt que de se préoccuper de l'avenir d'une tradition relativement civilisée en comparaison de ses autres méthodes d'abattage ; préoccupons nous plutôt des conséquences de la disparitions des insectes pollinisateurs sous l'action des biocides de Monsanto, de la confiscation des terres agricoles par cette même organisation mafieuse, de la stérilisation durable des terres et des biotopes dans leur ensemble, des famines artificielles créés dans le but d'augmenter d'avantage la marge bénéficiaire des produits de première nécessité, prémices de toute révolution menant directement à la terreur dictatoriale et à ses impitoyables massacres.