Il ne faut pas tout confondre !
Bernard Dauphin
, Saint Vincent Sterlanges
le 12 octobre 2009
Pourquoi ?
La tva est une taxe payée par le client consommateur et non par le restaurateur, dont les comptes d'exploitation sont établis hors taxes - Le restaurateur n'est qu'un intermédiaire, collecteur d'impôts pour le compte de l'État, impôt calculé sur la valeur ajoutée à un produit déterminé : il collecte l'impôt auprès de son client, déduit la taxe qu'il a lui-même avancée à son fournisseur et envoie un chèque de la différence au Trésor Public. Je le répète, la tva n'entre pas dans la poche du restaurateur : Elle est comptabilisée dans ses comptes de trésorerie, pas dans ses comptes de résultats. Il ne faut pas tout confondre ! En conséquence, la baisse de la tva ne lui apporte pas de marge supplémentaire sauf, bien entendu, si le restaurateur maintient son niveau de prix - En tout état de cause, la baisse de la tva n'incitera pas à embaucher (beaucoup de maisons perdent de l'argent et beaucoup ont des marges nettes inférieures à 2%) sauf si l'augmentation du CA, induit par la baisse des prix, entraîne une très forte augmentation de volume, ce à quoi je ne crois pas compte tenu de la conjoncture et des pratiques actuelles - La profession est durement touchée par la crise car les clients particuliers vont de moins en moins au restaurant et que les entreprises réduisent leurs budgets "missions et réceptions". Seuls les établissements qui peuvent le faire baisseront leurs prix, les autres tenteront simplement de survivre, il ne faut pas se voiler la face. En tout état de cause, un salarié coûte très cher et il est légitime, avant d'embaucher, d'attendre de voir comment les choses risquent de tourner, simplement par ce qu'en France, s'il est facile d'embaucher il est très difficile de licencier. Mieux vaut attendre, c'est la sagesse même ! Pour moi, la seule véritable question qui se pose est de savoir comment le manque à gagner de l'État, lié à cette baisse de rentrées fiscales, sera compensé. Certainement pas par une augmentation de CA, en tout cas pas encore.
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Marco Delyon
Les prix dans leur très grande majorité n'ont pas baissé, donc votre démonstration est un leurre ! Ce prix TTC (TVA incluse) est celui payé par le client et perçu par le restaurateur. Si le taux de TVA baisse et que le prix TTC reste le même, alors le prix HT (hors taxe) augmente, donc la marge elle-aussi augmente. Exemple simplifié: 1) j'achète un produit 9 euros, je le vend hors taxe 10 euros, qui me donne une marge de 1 euros, la TVA est de 19,6%, le consommateur paie 11,96 euros. 2) j'achète un produit 9 euros, je le vend hors taxe 11,34 euros, qui me donne une marge de 2,34 euros, la TVA est de 5,5%, le consommateur paie 11,96 euros. Donc : augmentation de la marge si prix final au consommateur inchangé. Mais je suppose que vous travaillez vous-même dans la restauration, non ? Vous devriez avoir honte de votre hypocrisie
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Andre
Bien entendu, c'est Jean Pascal qui est lucide face à des arguments sans fondement
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Papyves07
Je suis bien d'accord avec vous mais votre présentation n'est pas complète et vous noyez le poisson D'accord vous prélevez 5,50 % de TVA pour l'Etat et vous déduisez le montant encaissé de la TVA que vous avez payée à vos fournisseurs, soit 18,60 %. En principe donc vous bénéficiez de 13,10 %. C'est à dire que vous ne versez rien mais c'est l'Etat qui vous doit de l'argent.
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Pierre
Votre démonstration pour instructive qu'elle soit porte quand même à caution. La TVA est effectivement toujours payée par les consommateurs, le commerçant n'étant que le collecteur pour le Trésor. Donc, celle-ci ayant baissé, il aurait été logique que les prix baissent de l'équivalent de cette diminution soit -12 % (-11,80 % exactement) sur les prix appliqués TVA incluse avant le 1er juillet. Or, que constate-t-on ? En juillet, une baisse de 1,3 % et en août de 0,2 % de moyenne. En septembre, plus de baisse. Or, c'est dès le 1er juillet que la baisse de TVA s'est appliquée. Les restaurateurs se sont donc goinfrés 12% d'augmentation de leurs prix. Si leur marge était de 2% (ce qui est impossible sinon ils ne pourraient pas vivre) elle est maintenant de 14 %. Vous allez me dire qu'il y avait des contreparties. Celles-ci devaient se répartir en 1/3 pour la baisse des prix, soit 4%, un tiers pour leur marge et 1/3 pour les salaires et les recrutements. On est donc loin du compte. Pour la baisse des prix, on a vu ce qu'il en est, pour les salaires et les recrutements, on demande à voir, pour le reste devinez ce qu'il en est. Les véritables bénéficiaires sont bien les restaurateurs qui ont eu le bon goût de voter comme il faut. Les consommateurs sont doublement floués : ils paient le même prix qu'avant et en plus il leur faudra éponger les 2,5 milliards de cadeaux faits à ceux qui se foutent d'eux. De plus, les restaurateurs se plaignent de voir leur CA. Baisser, Mais, s'ils avaient répercuté la baisse de la TVA, ils auraient peut-être vu revenir une partie de leurs clients. Ne nous faites pas pleurer en disant que la profession est durement touchée, il y a des milliers de salariés qui se retrouvent chaque jour au chômage, pour l'instant je n'ai pas vu beaucoup de restaurants fermer leurs portes
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Marie Morgane
D'accord avec cette démonstration et elle est valable pour tous les indépendants assujettis : la TVA est une taxe que nous prélevons (gratuitement) pour le fisc. Et si c'est un bel espoir que d'espérer des embauches ou des baisses de prix en contre partie de sa baisse c'est aussi peu probable. Au moins cela pourra peut-être aider à sauver de petites entreprises en leur apportant une bouffée d'oxygène : en vendant au même prix, ils améliorent un peu leur marge. Pour compléter cette démonstration il faut comprendre que souvent le prix TTC est déjà à peine celui qui nous permettrait de rémunérer notre travail et il faut en restituer 19,6% à l'Etat. Dans ce cas, l'Etat n'a qu'une réponse: il faut monter vos prix... facile !
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Ernest
Voilà une explication claire et nette. A consulter pour éviter de dire des bêtises
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Jean-Pascal
Très juste, la tva est simplement collectée par le restaurateur qui la reverse ensuite à l'état. Mais si le restaurateur ne change pas ses prix, il reverse maintenant à l'état 5,5% de son chiffre d'affaire au lieu de 19, 6%, c'est à dire qu'il garde 14% de marge en plus pour lui ! Vous dites très justement que la marge brute d'un restaurant est inférieure à 2%, mais là, encore une fois si le restaurateur ne change pas ses prix, sa marge fait un bond pour passer à plus de 15 % ! Et c'est malheureusement ce qui se passe. Je serais restaurateur, je ferais moins 10% sur l'addition: le client serait content, viendrait plus souvent, et j'aurais mécaniquement 4% de marge en plus que je pourrais partager avec les salariés
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