Le Sénat examine un projet de loi sur le service minimum qui pourrait devenir, selon François Fillon, un modèle pour d'autres secteurs, notamment l'Education nationale. Obligation pour les salariés de se déclarer gréviste 48h avant la grève, instauration d'un vote à bulletins secrets 8 jours après le début de la grève pour décider de la suite du mouvement... Quel est votre avis ?
Que pensez-vous de l'obligation, pour les salariés, de se déclarer gréviste 48h avant la grève ?
Un service public est d'abord au service du public. A ce titre l'entreprise doit pouvoir être informée suffisamment à l'avance pour prendre les dispositions utiles pour maintenir au moins un service minimum pour les usagers. Cela me paraît être un impératif absolu sans remettre en cause le droit de grève. Ceux qui désirent faire grève doivent avoir le courage de leurs actes, ne serait-ce que par obligation morale vis à vis des usagers.
Que pensez-vous de l'instauration d'un vote à bulletins secrets 8 jours après le début de la grève pour décider de la suite du mouvement ?
Je suis tout à fait favorable à cette disposition car finalement dans les Assemblées générales des grévistes, ce sont toujours les meneurs qui imposent leurs points de vue, ceux qui voudraient reprendre le travail n'osent pas le faire savoir de crainte des "représailles". Au moins le vote à bulletin secrets leur permettrait de s'exprimer sans risquer d'être soumis à l'anathème des meneurs et des jusqu'au-boutistes.
Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, l'ajout dans le projet de loi de la mention "Les jours de grève ne seront pas payés" est uniquement une provocation, car c'était déjà le cas. Qu'en pensez-vous ?
Je sais très bien que bien souvent, il y a des arrangements financiers pour mettre fin à une grève. Cela m'a toujours paru être un comble : on désorganise le service public, on gêne les usagers, on fait perdre des recettes à l'entreprise et de surcroît on ne veut pas subir soi même de préjudice. M. Thibault est dans son rôle lorsqu'il dit cela, lui qui est à l'abri de toute retombée financière pour lui-même.
Pensez-vous qu'un service minimum dans l'Education nationale, qui garantirait aux élèves de tous les niveaux d'être au moins accueillis dans les établissements, soit une bonne idée ?
Mais oui, à l'instar de ce que je viens de dire. L'Education nationale est un grand service public. C'est bien le minimum que les enseignants auraient à faire, c'est de s'organiser, à tour de rôle, pour accueillir les élèves. Quelle galère pour les parents lorsqu'il y a grève des enseignants. Le fait d'être un service public est d'abord une obligation de devoir.
A quel autre service public souhaiteriez-vous voir étendu un service minimum ?
A tous ceux dont la grève apporte une gêne souvent disproportionnée avec certaines revendications. Il y a donc par exemple, outre les transports,l'Education Nationale, EDF, la Poste...