Le Sénat examine un projet de loi sur le service minimum qui pourrait devenir, selon François Fillon, un modèle pour d'autres secteurs, notamment l'Education nationale. Obligation pour les salariés de se déclarer gréviste 48h avant la grève, instauration d'un vote à bulletins secrets 8 jours après le début de la grève pour décider de la suite du mouvement... Quel est votre avis ?
Que pensez-vous de l'obligation, pour les salariés, de se déclarer gréviste 48h avant la grève ?
Comme il est possible de se déclarer gréviste et ensuite de venir travailler en étant considéré comme non gréviste, les nouvelles dispositions ne servent à rien.
Que pensez-vous de l'instauration d'un vote à bulletins secrets 8 jours après le début de la grève pour décider de la suite du mouvement ?
Objectivement, dans les transports en commun, 90% des retards ont été causés par des problèmes techniques l'an dernier et non par des mouvements sociaux.
De plus la plupart des conflits ont été désamorcés avant les 8 jours, cela ne changera pas grand chose.
Pour Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, l'ajout dans le projet de loi de la mention "Les jours de grève ne seront pas payés" est uniquement une provocation, car c'était déjà le cas. Qu'en pensez-vous ?
Les jours de grève ne sont déjà pas payés sauf quand un protocole d'accord termine une grève en disposant qu'une partie ou la totalité de ceux-ci seront payés. Donc c'est effectivement une "provocation" que de mettre en exergue une disposition déjà existante.
Pensez-vous qu'un service minimum dans l'Education nationale, qui garantirait aux élèves de tous les niveaux d'être au moins accueillis dans les établissements, soit une bonne idée ?
L'accueil des enfants est déjà assuré dans l'éducation nationale si les parents ne peuvent garder les enfants : femme seule avec trois enfants à charge, je sais tout de même ce qu'il en est. Je n'ai jamais manqué un jour de travail pour cause de grève, mes enfants ont toujours été accueillis.
A quel autre service public souhaiteriez-vous voir étendu un service minimum ?
Le public n'est pas ce que l'on croit : il y a plus de précarité dans le public que dans le privé : dans le public, 16% des salariés sont intérimaires alors que dans le privé ils sont 12% : l'Etat le premier ne respecte pas le code du travail et renouvelle indûment ces CDD contrairement à ce qu'il impose aux sociétés privées. Voyez dans les hôpitaux combien de femmes de ménage, de secrétaires à l'accueil des services d'urgence, d'infirmières et même de médecins sont titulaires de leur poste : dans certains services aucun , regardez dans les petites mairies combien de secrétaires sont titulaires de leur poste, combien de femmes de ménage des écoles le sont. Vérifiez dans le collège ou le lycée de vos enfants combien de profs sont réellement titulaires : vous serez très surpris du résultat.
Les poncifs ont bon dos, la réalité est fort différente.