La mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie, présidée par le député Jean Leonetti, a rejeté toute légalisation de l'aide active à mourir, même pour des malades incurables réclamant la mort. Qu'en pensez-vous ?
Etes-vous pour ou contre la légalisation de l’euthanasie ? Pourquoi ?
Je suis totalement contre la légalisation de l'euthanasie. C'est la souffrance physique et/ou morale qui donne envie que ça s'arrête. Que l'on soit le mourant ou l'accompagnateur, tout ce qu'on souhaite, c'est cesser de souffrir ou cesser de voir souffrir.
D'autre part, en tant que soignante, quel patient aurait encore confiance dans son médecin, sachant qu'il peut lui donner la mort, même en toute légalité, et ceci au nom de la dignité ?
Pourquoi ne s'interroge-t-on pas plutôt sur la misérable prise en charge de la douleur ?
Je trouve inadmissible, voire intolérable qu'au XXIème siècle, on laisse encore des gens souffrir physiquement, alors que l'on dispose de tous les antalgiques susceptibles d'être efficaces.
Quant à la douleur morale, un peu plus d'humanité chez les soignants et c'est la moitié du chemin parcouru.
Quelle est pour vous la différence entre le refus de l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie ?
Pour moi, refuser l'acharnement thérapeutique, c'est dire non en toute conscience à des soins plus douloureux et plus agressifs que la maladie elle-même, voire plus mortels...
L'euthanasie, je la considère comme un meurtre, même si le malade la souhaite et la demande.
Même si la frontière est mince entre les deux, il y a tout un monde entre le fait de cesser les soins sachant que cela entraînera la mort et injecter la substance létale volontairement. Dans le premier cas, on laisse faire la nature, et le plus souvent, elle fait très bien les choses...