La mission d'évaluation de la loi sur la fin de vie, présidée par le député Jean Leonetti, a rejeté toute légalisation de l'aide active à mourir, même pour des malades incurables réclamant la mort. Qu'en pensez-vous ?
Etes-vous pour ou contre la légalisation de l’euthanasie ? Pourquoi ?
Pour, car tant qu'il n'y aura pas de loi, le problème ne sera pas résolu. Il faut que ceux qui procèdent à l'euthanasie ne soient plus inquiétés et que cela soit pratiqué dans un contexte précis et sous certaines conditions pour éviter les déviances. Tout citoyen devrait obligatoirement à sa majorité, faire inscrire de façon officielle dans son dossier médical (carte vitale), ses volontés précises sur le don d'organes, l'acharnement thérapeutique et l'euthanasie. Avec bien sûr, la possibilité de modifier ses choix, dans les mêmes conditions qu'un testament.
Quelle est pour vous la différence entre le refus de l’acharnement thérapeutique et l’euthanasie ?
Le refus de l'acharnement thérapeutique, c'est le refus de maintenir la vie grâce aux médicaments et appareils médicaux. C'est lorsque l'individu a perdu la totalité de son autonomie, cérébrale et/ou physique. C'est lorsque la dignité humaine est atteinte. L'euthanasie, c'est choisir de mourir quand on veut ou quand nous jugeons notre état inacceptable pour continuer à vivre. Toute la difficulté est de définir cet état, il est différent pour chacun de nous, c'est pourquoi il doit être très scrupuleusement précisé et de façon individuelle. Pourquoi pas par un document, élaboré par des médecins et un conseil de l'éthique, où l'on cocherait les cases selon les situations. Ce document serait ensuite mis dans le dossier médical.