La réforme des institutions adoptée le 21 juillet permet au Président de venir s’exprimer devant le Parlement réuni en Congrès. Que pensez-vous de cette mesure ?
Trouvez-vous justifié que le Président puisse directement s’adresser au Parlement, et si oui, dans quels domaines en particulier ?
Non : le Président préside une République, et n'a rien à dire aux députés, ni aux sénateurs : l'Assemblée Nationale et le Sénat représentent le peuple, ils se réunissent pour interroger le gouvernement, examiner les propositions de lois, chaque assemblée élit un président, pour présider les séances. Le Président de la République n'a rien à faire dans ces assemblées.
Pensez-vous que cela puisse influencer les décisions des parlementaires vis-à-vis de la politique présidentielle ?
Cela peut influencer, bien sûr, et c'est pour influencer que l'on s'adresse à un auditoire. Le peuple l'a élu, il a aussi désigné des députés, que chacun reste à sa place, et fasse son travail.
Quel impact cette réforme aura-t-elle selon vous sur l’équilibre des pouvoirs ?
Si ce projet passe, comme c'est à craindre, l'équilibre des pouvoirs risque d'être perturbé, voire anéanti : l'exécutif sera renforcé, le législatif et le judiciaire très affaiblis. C'est très inquiétant pour la démocratie en France.