L'avis des lecteurs
 
Juillet 2007

Adhésion de la Turquie à l'UE : les lecteurs ont tranché

Malgré l'opposition affichée par Nicolas Sarkozy, le processus d'adhésion de la Turquie à l'Union européenne se poursuit. Mais cette future adhésion n'est que peu souhaitée en France, comme l'ont prouvé vos nombreux témoignages.
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Une étude* l'a récemment affirmé : 55% des Français se déclarent opposés à l'entrée de la Turquie dans l'Union. Un rejet que les lecteurs ont très majoritairement confirmé. Et pour justifier leur refus, l'argument le plus récurrent est celui de "l'emballement" : en un mot, l'élargissement va trop vite !

 

"Risque d'implosion"
 
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L'Union européenne n'en finit pas de s'agrandir : 15, 25 puis 27 Etats-membres. Pour de nombreux lecteurs, l'élargissement a été précipité et a provoqué la crise que connaît actuellement l'Union. C'est pourquoi Ludovic (Nîmes) préfère avertir : "Attention ! A trop vouloir agrandir l'UE, elle va rapidement devenir ingérable". Pour "Zak", cette "joyeuse cacophonie" est la triste conséquence d'une Europe qui "a les yeux plus gros que le ventre".

Roland (Metz) voit dans l'adhésion de la Turquie une habile manoeuvre et suggère que "si on voulait faire imploser l'Europe, on ne s'y prendrait pas autrement !". Quant à Michel (Marseille), sa crainte est celle des disparités culturelles : "si on ajoute un pays, certes très agréable, mais d'une culture aussi différente, nous ne sommes pas près de régler tous les problèmes à venir".

Un détroit nous sépare
Le détroit du Bosphore qui sépare le continent européen de la Turquie située en Asie (Anatolie) semble infranchissable pour certains lecteurs. Pour Geoffroy (Paris), même si 4 % du territoire turc se trouve effectivement en Europe, "la Turquie n'est pas un pays européen, tant géographiquement que culturellement". Il ajoute même que de son point de vue "c'est un pays méditerranéen". Mais la géographie n'est pas le seul facteur qui nous éloigne des Turcs.

Drapeaux turc et européen
 
Les drapeaux turc et européen Photo ©D.R.
 
Même si rien n'est précisé dans les traités européens, Georges (Palaiseau) considère que "l'Europe est judéo-chrétienne, que cela plaise ou non". Et il poursuit son explication : "la Turquie, même laïque est, et reste, de religion musulmane". La différence de confession serait donc une autre incompatibilité de taille ?

De même, pour vivre ensemble, il est nécessaire de se comprendre. Or comme le souligne Ellew (Belgique) : "la différence entre les deux cultures est telle que, sans beaucoup d'effort de compréhension, l'entente ne sera pas possible". Par ailleurs, "le litige kurde", le "non-respect des droits de l'homme et surtout des droits de la femme" sont autant d'éléments contraires aux valeurs que défend l'Europe.

Paix et sécurité
Abdullah Gül  et Ursula Plassnik
 
Abdullah Gül (ministre des Affaires étrangères) et son homologue autrichienne Ursula Plassnik, lors de l'ouverture des négociations en 2006. © République d'Autriche (Ministère fédéral des Affaires étrangères)
 
Or l'Union européenne a déjà manifesté son désaccord avec Ankara sur un grand nombre de ces dossiers. Le dernier en date, en décembre 2006, ayant été le refus de la Turquie de reconnaître Chypre. Ce qui a entraîné la suspension des négociations. Pour Michel (Vert-le-Grand) : "la Turquie doit s'impliquer dans la réunification de Chypre". Et il ajoute : "après cela, on pourra envisager son adhésion à l'UE car cette dernière doit être un espace de paix".

Elle est aussi un espace de sécurité, comme le rapelle Jean-Pierre (Le Havre). Une sécurité qui, selon lui, serait menacée en cas d'adhésion de la Turquie. Celle-ci reviendrait à ouvrir "la porte de la France à tous ceux qui veulent transférer de la drogue, au banditisme et du terrorisme". Un avis que partage aussi Josette : "je crains que, par sa proximité géographique avec des pays dangereux, elle ne soit une menace pour nous tous". Autant d'arguments qui vont à l'encontre de l'entrée de la Turquie dans l'Union. Pourtant, une petite minorité de lecteurs ont tenté de la défendre.

Une Turquie européenne
"Marché de 70 millions, paix avec un monde proche, balance avec la chrétienté, laïcité, pont avec l'islam, force économique" : tels sont les arguments pro-adhésion avancés par Francis (Paris). Si pour certains, la religion est une bonne raison pour refuser son ticket d'entrée à la Turquie, Christine n'est pas de cet avis : cela permettrait de "mieux assurer à la Turquie une protection européenne face à la montée de l'intégrisme islamiste émanant de ses pays limitrophes".

Pour "Cha-Cha", l'adhésion de la Turquie peut être un atout "si l'Europe veut un jour peser démographiquement face à des pays hyper-compétitifs et hyper-peuplés comme l'Inde ou la Chine". Enfin, Catherine pense que la question ne se pose plus puisque la "Turquie est déjà économiquement européenne".

(*Baromètre européen de juin 2006, LH2-EBS-Arte/Forum des européens-France Inter)

» Lire tous les témoignages "Entrée de la Turquie dans l'UE"

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