ACTUALITE
Juin 2006 (Mise à jour du 2 novembre 2006)
Supportez votre club de foot... en Bourse
Suite à la loi rectificative au projet de loi pour le développement de la participation et de l'actionnariat salarié, la levée de l'interdiction faite aux sociétés anonymes à objet sportif de faire appel public à l'épargne a été annoncée. Les clubs de foot français, tout comme leurs concurrents européens auront prochainement accès à l'appel public à l'épargne, afin de financer l'achat de nouveaux joueurs ou de biens d'équipement. Cependant, le gouvernement a décidé de faire suite à la demande de la Commission de l'Union européenne, qui avait jugé cette interdiction contraire à l'article 56 du traité instituant la Communauté européenne, justifiant celle-ci comme une entrave injustifiée à la libre circulation des capitaux. Selon le ministre des Sports, Jean-François Lamour, l'entrée en Bourse des clubs français pourrait intervenir d'ici à la fin de l'année 2006. Unir fortement le club à sa villeLe projet de loi s'oriente vers un encadrement strict de la possibilité d'appel public à l'épargne afin de veiller à l'éthique sportive en renforçant la stabilité financière des sociétés sportives. A priori, l'émission d'actions sera réservée aux seuls clubs propriétaires de leurs équipements sportifs comme Auxerre et Ajaccio. Lens est titulaire d'un bail emphytéotique de 99 ans tandis que Lyon, Lille, Nice et Marseille souhaitent construire leur propre stade. Cette restriction vise à ce que l'investissement soit garanti par un actif, principalement un stade, afin d'unir irrémédiablement le club à sa ville et empêcher les déménagements pratiqué par les ligues Nord américaines. Les autres clubs pourront cependant émettre des obligations ou des titres participatifs. Ces derniers n'ouvrent pas droit au vote en assemblée générale et rapporte des rendements fixes tels ceux des obligations. On est donc loin du "foot business". Ces mesures seront définitivement fixées au Parlement dans le cadre du vote du projet de loi sur la participation et du développement de l'actionnariat salarié. Les précédents européensL'entrée en Bourse des clubs à l'étranger n'a constitué dans la plupart des cas qu'un échec. L'exemple anglais est symptomatique. Newcastle entré en Bourse en 1996 a vu son action passer de 3 euros à 0,60 euro soit une moins value de 80 %. En Italie, la Juve entrée en Bourse à 2,7 euros a perdu près de 60 % de sa valeur et se négocie aujourd'hui à 1,5 euro. L'Espagne, où l'introduction boursière est permise, ne connait aucun club coté.
Les chances de succès en FranceIl faut remarquer que l'entrée en Bourse de ces clubs s'est réalisé peu de temps avant la chute des cours boursiers dû à l'éclatement de la bulle asiatique au début des années 2000. A ce titre, les clubs de foot cotés ont donc été fortement dépréciés. Mais cela tient plus à la santé de l'économie mondiale qu'au au monde du football. En outre, les clubs de foot ont également des problèmes structurels de solidité financière due à la faiblesse de leurs fonds propres. La manne des droits audiovisuels a pu servir à pallier cette difficulté et à assainir leur bilan. Mais les clubs français doivent aujourd'hui gérer leurs sociétés en fonction d'intérêts comptables et non plus uniquement sportifs. Une chance de succès réside également dans la liquidité de ce futur marché. En effet, les investisseurs s'intéresseront davantage aux plus values qu'à leur équipe. Pour cela, les titres ne doivent pas être réservés aux seuls supporteurs qui auraient tendance à garder leurs titres envers et contre tout, malgré les aléas financiers. Le foot en bourse ne peut fonctionner que s'il accepte d'être un marché comme les autres.
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