Les indicateurs économiques permettent de comprendre et d'anticiper
les fluctuations des marchés boursiers. D'ailleurs, ils influencent
les comportements des investisseurs. A chaque publication, les répercussions
sont directement mesurées sur les cours de bourse.
» Les taux d'intérêt
Un taux d'intérêt correspond au prix pour accorder ou disposer d'une
somme d'argent. On parle de loyer de l'argent. Il rémunère le temps d'utilisation
ou de privation de cet argent. C'est-à-dire le crédit ou l'épargne. Ce sont
les taux, dits directeurs, des banques centrales qui servent de référence.
Ils servent d'instrument de régulation de l'économie. Ils encouragent l'activité
économique lorsqu'ils sont relativement bas ou au contraire la freine lorsqu'ils
sont élevés.
Les annonces de relèvement ou d'abaissement impactent les marchés financiers.
Une hausse des taux favorisent les placements monétaires au détriment des
actions, ce qui entraîne une baisse des actions. Une baisse des taux réduit
l'attrait des placements sur les monnaies et favorisent les investissements
sur les entreprises par le biais des actions. De leur côté, les ménages sont
incités à emprunter pour investir ou consommer. Ce qui explique que les décisions
et les propos des Banques centrales européenne (BCE) et américaine (Fed),
en particulier, sont très suivis. Récemment, la décision de baisse des taux
d'intérêt de la part de la Fed a entraîné une hausse des cours le jour même
à Wall Street.
» Les pays locomotives
Les marchés boursiers sont plus particulièrement tributaires
de la santé économique des pays, dits "locomotives".
Le pays le plus influent est sans conteste les Etats-Unis. En effet, ils
constituent la première puissance économique mondiale. A ce
titre, l'évolution économique outre-Atlantique rejaillit immédiatement
sur les échanges commerciaux avec les autres pays, et par ricochet
sur les places financières à travers le monde. La crise des
subprimes constitue une parfaite illustration de cette dépendance
aux Etats-Unis. Toutes les bourses européennes, voire mondiales, ont
subi les conséquences des tensions sur le marché immobilier
américain.
Hormis les Etats-Unis, certains pays d'Asie comme le Japon, la Chine ou
la Corée, forts de leur développement économique et
de l'essor de leurs échanges à travers le monde, deviennent
également des acteurs de référence, capables de faire
évoluer notablement les cours de bourse. Sur le continent européen,
la zone euro joue également un poids conséquent. Ce qui n'est
pas le cas des pays pris individuellement.
» Les indices de confiance
Un indice, à l'image d'un taux, mesure la variation d'un élément
chiffré à travers le temps. Ici, il s'agit de suivre l'évolution
de la confiance des ménages, des entreprises, des investisseurs, etc.,
à un instant donné. Parmi les plus importants, citons l'indice
mensuel d'activité (ISM), l'indice de confiance des consommateurs
de l'Université du Michigan, ou encore l'indice de confiance des consommateurs
américains de la conférence Board. Preuve de leur influence
: l'annonce le 5 février 2008 d'une chute de l'ISM dans les services
à 41,9 %, alors que les analystes attendaient un niveau proche de
53 %, a entraîné ans les heures suivantes, une baisse des cours
à la bourse de New-York et sur les autres places étrangères.
La confiance exprimée par les différents indices est en lien
étroit avec la consommation des ménages. Plus les indicateurs
de confiance sont optimistes, plus les ménages sont incités
à consommer. Une consommation qui détermine ensuite le niveau
de la production des entreprises et de leurs investissements. Par ricochet,
cela influe également sur le cours des actions, une entreprise en
bonne santé ayant plus de chances de voir son action progressée.
» La consommation et la production
La consommation correspond aux dépenses des ménages pour répondre à leurs
besoins. On parle alors de consommation finale. Il existe aussi une consommation
intermédiaire. Elle correspond à l'achat de biens ou services par une entreprise,
qui va ensuite les transformer pour aboutir à un produit ou un service final.
Le niveau de la consommation conditionne celui de la production.
Cette dernière consiste à créer, fabriquer et fournir
des biens et services. Le principal indicateur de la production est le Produit
Intérieur Brut (PIB). Il témoigne de l'activité économique
d'un pays et de son niveau d'emploi. Mais, de nombreux autres éléments
permettent d'apprécier le niveau de production à un instant
donné : les immatriculations de véhicules neufs, les mises en chantier
de logements, les permis de construire, la production industrielle, etc.
Ils donnent une indication de la santé de l'économie et permettent
de savoir si le contexte est favorable pour investir en bourse. Ce qui explique
qu'à la publication de nouvelles données pour ces différents
indicateurs, le marché se montre parfois fébrile.
» Les matières premières
Les matières premières sont des matériaux non élaborés
mais issus d'opérations d'extraction, de distillation ou encore de
récolte en vue d'être transformés et incorporés au moyen
d'un processus de fabrication dans des produits, dits finis, proposés
à la vente aux clients.
Selon John J. Murphy, dans son ouvrage intitulé L'investisseur
visuel, "les tendances des prix des matières premières,
notamment des métaux industriels, influencent la tendance du prix
des obligations qui impacte celui des actions". En effet, une hausse
des prix de matières premières entraîne souvent une hausse
des taux d'intérêt et donc une baisse des prix des obligations.
Face à cette baisse des rendements obligataires, les investisseurs
se retournent vers les actions dans l'espoir d'en tirer une rentabilité
plus importante.
A côté des métaux industriels comme l'aluminium, l'acier,
le cuivre ou le plomb, l'or et le pétrole dominent le comportement
des acteurs du marché. "Les investisseurs ne se sentiront peut-être
pas très concernés par une hausse des prix du soja mais une
hausse des prix de l'or fera immédiatement les titres des journaux",
explique John J Murphy. Quant au pétrole, il a également un
impact psychologique important. Peu de biens sont fabriqués sans faire
appel au pétrole ou à une substance qui en est dérivée,
le plastique par exemple. Et nombre de services ne pourrait être rendus
sans la consommation de pétrole : par exemple le transport des marchandises
par bateau ou camion. Bref, le pétrole influence tous les rouages
de l'économie.