Les FCPR misent sur les entreprises...sans garantie de rendement

FCPR Les fonds communs de placement à risque (FCPR) offrent la possibilité d'accompagner la croissance de jeunes entreprises tout en bénéficiant d'avantages fiscaux. Mais l'investissement n'est pas sans risques et les contraintes sont réelles. Eclairage.

Le fonds commun de placement à risque (FCPR) est une forme particulière de fonds commun de placement (FCP). L'une de ses originalités vient de sa composition. En effet, la loi exige qu'un FCPR consacre au moins 40 % des sommes collectées à des participations dans le capital d'entreprises non cotées. C'est-à-dire des actions non-échangeables en Bourse ou des parts de sociétés à responsabilité limitée (SARL). Grâce à ce produit de placement, vous investissez dans des entreprises sans dépendre de l'évolution de la Bourse. Ce qui constitue un atout non négligeable en période de fortes turbulences sur les marchés financiers. Une autre de ses originalités vient du fait que vous pouvez acheter des parts de FCPR uniquement pendant une période de souscription limitée et communiquée par la société de gestion.

Le FCPR est à recommander aux particuliers qui ne sont pas le besoin et disposent de fonds importants leur permettant d'amortir une éventuelle perte d'argent conséquente

Mais ce qui fait l'intérêt majeur d'un investissement dans un FCPR, ce sont les avantages fiscaux auxquels il donne droit. D'une part, si les parts sont conservées pendant plus de cinq ans, vous bénéficiez d'une exonération totale des plus-values obtenues annuellement. Vous devez toutefois vous acquitter des 12,1 % de prélèvements sociaux. Autre condition pour jouir de ce régime de faveur : vous ne devez à aucun moment détenir plus de 25 % des droits d'une société présente dans le FCPR. Si vous vous en séparez avant ces cinq années, vous devez payer les 18 % au titre de la taxe sur la plus-value. A moins de vous trouver dans une situation personnelle qui vous a contraint à céder vos parts de FCPR : décès, invalidité, départ en retraite ou licenciement. D'autre part, le FCPR permet de déduire 50 % des montants engagés de votre impôt de solidarité sur la fortune dans la limite de 20 000 euros par an.

Un investissement exigeant et incertain

Cette série d'avantages fiscaux a d'autres revers que la détention des parts dans un FCPR pendant cinq ans. Par exemple, vous n'avez aucune assurance de récupérer la totalité de votre capital à terme. Les entreprises investies par le fonds sont généralement des sociétés innovantes ou en phase de création. Certes elles peuvent présenter un fort potentiel de développement mais l'investissement est à double tranchant : soit l'entreprise fonctionne bien et vous obtenez un rendement élevé, soit elle peine à s'imposer et vous risquez de ne pas revoir votre argent. Bref, c'est un placement à recommander à des particuliers qui ne sont pas dans le besoin et disposant de fonds importants leur permettant d'amortir une éventuelle perte d'argent conséquente.

En plus des aléas de la vie économique, les conditions de souscription du fonds peuvent prévoir qu'à la liquidation du FCPR une partie des sommes investies et des plus-values soit attribuée à la société de gestion. A cela s'ajoutent d'éventuels frais d'entrée et de gestion à payer chaque année, sur lesquels il faut être vigilant pour éviter de trop puiser dans les gains du fonds qui vous reviennent ou dans vos économies. Ce qui signifie qu'au final, même en cas de bonne performance, le rendement du FCPR a toutes les chances d'être fortement atténué, voire décevant.

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