Les placements anonymes Investir dans des bons anonymes

Investir en tout anonymat n'est pas une pratique très répandue car seuls quelques produits le permettent. C'est le cas lorsque vous achetez ce que l'on appelle les bons anonymes. Ils sont principalement de deux types : les bons du Trésor et les bons de caisse. Avec les premiers, vous disposez d'un bon qui représente une créance sur l'Etat ; vous prêtez de l'argent au Trésor public qui vous le rembourse avec des intérêts. Pour les seconds, le principe est le même à la différence que vous prêtez cette fois de l'argent à une banque. Il faut noter que le montant et la durée de ces bons varie en fonction de vos souhaits. Mais plus la durée est longue, plus le taux d'intérêt est élevé. Auparavant, il existait également la possibilité d'investir de manière anonyme.

C'est la personne qui se présente avec le bon qui obtient le remboursement

La notion anonymat réside dans le fait que, au moment de la souscription, vous avez tout simplement la possibilité de demander à l'établissement financier de ne pas communiquer votre identité à l'administration fiscale. L'identité du bénéficiaire du bon, qui peut être une autre personne que vous, peut également ne pas être révélée. Cela signifie donc que n'importe quelle personne peut se présenter pour percevoir le remboursement, pourvu qu'elle possède le bon. Du coup, si vous le perdez ou si on vous le vole, faites opposition le plus rapidement possible auprès de l'établissement où vous avez souscrit le bon.

 

Une rémunération proche des 2 % bruts

Avec ce type de placement, le remboursement du capital est garanti sauf si l'établissement émetteur fait faillite. La fixation du taux d'intérêt est libre mais elle tourne, en avril 2011, autour de 2 % bruts. Par ailleurs, la durée du bon est en général de cinq ans. Vous avez toutefois la possibilité d'obtenir un remboursement avant cette échéance mais vous risquez alors de payer des frais. Ce n'est pas le seul inconvénient. Car si vos coordonnées ne sont pas transmises au fisc, cela ne signifie pas que vous échappez à l'impôt...

Les bénéficiaires de bons anonymes sont également soumis à l'ISF

La décision de choisir un bon anonyme pourrait être intéressante si le poids de l'impôt n'était pas aussi important. Car la somme qui vous est remboursée est automatiquement amputée d'un prélèvement libératoire de... 60 % ! Et ce n'est pas tout. A cette taxe s'ajoutent les prélèvements sociaux de 12,3 %. Enfin, l'impôt de solidarité sur la fortune est appliqué sur le montant du bon même si vous n'avez pas, par ailleurs, un patrimoine éligible à l'ISF. Le taux prévu est de 2 %, calculé au prorata du nombre de jours de détention si vous avez opté pour ce placement en cours d'année. Au final, pour peu que le taux d'intérêt soit à un niveau très bas, il est même possible que le bon procure un rendement négatif. Un comble... A l'inverse, pour un même type de bon, si vous choisissez une formule nominative, la taxation est plus clémente. Le taux du prélèvement libératoire est ainsi non plus de 60 % mais de 27 %. En sachant que le bénéficiaire du bon a également la possibilité de le déclarer selon le barème de l'impôt sur le revenu. A lui de faire ses calculs et d'opter pour la solution la plus intéressante.

Déclaration de revenus / Impôt sur le revenu