Participer à une introduction en Bourse (IPO : initial public offering)

France Telecom, Crédit agricole, EDF... Ces grands groupes ont ouvert leur capital en émettant des actions sur les marchés financiers. Ce ne sont pas les seuls. Les petites et moyennes entreprises peuvent également le faire. Voici comment participer à leur aventure boursière.

Qu'est-ce qu'une introduction en Bourse ?

On parle d'introduction en Bourse lorsqu'une entreprise propose aux marchés financiers d'acquérir une partie de son capital sous forme d'actions. Les investisseurs deviennent actionnaires de l'entreprise s'ils acceptent de payer le prix proposé par l'entreprise.Cette introduction en Bourse s'appelle "ouverture du capital" si l'entreprise n'a pas encore émis d'actions, ou "privatisation" pour une entreprise dont le capital était détenu par l'Etat, ou "augmentation de capital" si l'entreprise est déjà présente sur les marchés en actions. Dans tous les cas, il s'agit pour l'entreprise de mobiliser de l'argent frais pour continuer son développement.
Une émission d'actions n'est pas une dette contrairement à une obligation. Une action n'est pas remboursable, sauf en cas de rachat d'action voté en assemblée générale réunissant l'ensemble des actionnaires ou d'un retrait de la cote, mais ces deux opérations suivent une procédure bien encadrée. Dans tout autre cas, un actionnaire qui souhaite se séparer de ses actions doit passer par le marché en indiquant qu'il souhaite vendre son action et préciser son prix. Libre aux acheteurs intéressés de lui signifier si son offre leur convient ou pas. Cela repose essentiellement sur les perspectives de gains offertes par l'entreprise au-travers de ses bénéfices et de la manière dont ils vont évoluer.

Quelle entreprise peut réaliser une introduction en Bourse ?

Toute entreprise peut décider de mettre une partie de son capital sur les marchés actions. Les teneurs de marché comme NYSE Euronext doivent respecter une série de critères pour orienter la cotation du titre vers le bon compartiment.

Compartiment Eurolist Alternext Marché libre
Type de marché réglementé non réglementé non réglementé
Capitalisation boursière minimale 100 millions d'euros de 10 à 200 millions d'euros aucune condition
Proportion de la capitalisation ouverte au public 25 % ou 5 % si capitalisation supérieure à 5 millions d'euros au moins pour un montant de 2,5 millions d'euros aucune condition

Comment participer à la souscription ?

Si au moins 10 % des actions émises sont destinées aux investisseurs particuliers, vous pourrez participer à l'introduction en Bourse. Mais avant de vous lancer, il faut vous référer à la notice de l'introduction émise par l'entreprise et certifiée conforme par l'Autorité des marchés financiers. Sans le visa de l'AMF, l'émission de nouvelles actions ne peut avoir lieu. Une fois que vous avez en main tous les renseignements sur l'opération, la santé financière et les perspectives de l'entreprise, vous devez prendre contact avec le gestionnaire (banque, courtier en bourse...) de votre support (compte-titre, plan d'épargne en action, assurance-vie...) par lequel vous souhaitez passer pour souscrire.

A partir des indications données par le teneur de marché (NYSE Euronext) tels que le code ISIN, qui permet d'identifier l'entreprise sans ambiguïté, l'intermédiaire de marché vous précisera avec plus de détail les étapes à suivre pour que votre souhait soit bel et bien enregistré dans le cadre de la procédure. Elles sont propres à chaque procédure d'introduction en Bourse.
Quelle que soit la banque ou le courtier en bourse, vous devrez déposer les sommes d'argent pour pouvoir régler le montant total de votre achat dans le cas où votre demande de souscription est honorée en totalité. Mais rien ne vous assure que vous allez obtenir le nombre d'actions que vous souhaitiez. En effet, selon les cas, il n'est pas rare qu'il y ait plus de souscripteurs que d'actions émises.

Comment connaître le prix ?

Le prix exact peut ne pas être connu avant le démarrage de la première cotation. Tout dépend de la procédure de mise sur le marché choisie par l'entreprise. Quatre dispositifs sont à sa disposition.

L'offre à prix ouvert : le prix de l'action n'est pas connu à l'avance. Pour souscrire, vous devez indiquer un montant global. Par exemple, je souhaite investir 1 000 euros dans l'entreprise T. C'est par la confrontation entre le montant total que les investisseurs souhaitent apporter et le nombre de titres que l'entreprise émet que le prix de l'action est fixé. Par exemple, si le montant pouvant être collecté est de 500 000 euros et la quantité d'actions émises est de 10 000, le cours d'introduction est de 50 euros. Ce qui revient à détenir 20 actions en investissant 1 000 euros.

L'offre à prix ferme : le prix de l'action est connu à l'avance. Sur cette base, vous savez exactement combien d'actions vous pouvez vous permettre d'acquérir selon les sommes d'argent dont vous disposez pour cette opération. Votre demande sera honorée selon la règle de l'offre et de la demande. A moins qu'il n'existe une procédure de priorité. En ce cas, une règle veut que ce sont les plus petits carnets d'ordres qui sont honorés en totalité ou presque et les carnets d'ordres les plus importants qui reçoivent le moins. Cela étant, si la demande des souscripteurs est servie à un taux de moins de 1 % (vous souhaitez 100 actions mais vous n'en recevez qu'une), la procédure prévoit que le prix soit revu à la hausse avec l'introduction. Dans le cas où l'offre est aussi dite en placement garanti, le prix définitif est souvent connu dans les 48 heures suivant le premier jour de cotation, et une semaine avant les souscripteurs sont invités à faire une réservation sur la base d'une fourchette de prix, l'entreprise garantissant que le prix ne sera ni inférieur ni supérieur.

L'offre à prix minimum : la quantité d'actions est connue ainsi que le prix minimum proposé par l'entreprise. Le prix réel va dépendre de la quantité d'actions demandées et le prix du cours au-delà duquel les investisseurs ne sont plus intéressés par l'acquisition d'actions. Sur cette base, le teneur de marché établit des classes de prix et le montant du premier cours de cotation. Toutes les classes inférieures à ce cours ne seront pas servies. Celles qui sont au-dessus pourront être servies mais pas au-delà d'un certain seuil. Par exemple, le cours proposé est de 20 euros. Le carnet d'ordres montre que les investisseurs acceptent de payer jusqu'à 60 euros et qu'il y a une nette majorité pour investir plus de 25 euros par action. Sur cette base, le teneur de marché peut décider par exemple d'établir quatre classes : de 20 à 25 euros, de 25 à 33 euros, de 33 euros à 47 euros et de 47 à 60 euros. Aucune offre inférieure à 25 euros n'est acceptée. 47 % des actions seront accordées aux offres présentes dans la seconde classe et le reste réservé pour la troisième classe. Les offres au-delà de 47 euros ne sont pas non plus honorées.

L'offre à cotation directe : le prix définitif du cours de l'introduction n'est pas complètement connu. Mais l'entreprise indique un seuil sous lequel elle renoncerait à émettre ses actions. Ensuite, c'est le prix qui permet d'échanger le plus d'actions qui est retenu. Pour éviter tout écart disproportionné, le prix définitif ne peut pas être supérieur à 10 % du montant du prix minimum. Si le cours annoncé est de 100 euros, au maximum le prix réel de l'action sera de 110 euros. Au-delà, l'offre de prix doit être revue.

Combien ça coûte ?

La participation à une introduction occasionne éventuellement plusieurs types de frais. D'un côté, il faut tenir compte des frais de passage d'ordres et aussi des frais pour les ordres non exécutés. Ce qui peut arriver selon le type d'introduction en Bourse. De l'autre, il existe une facturation au forfait qui se cumule ou remplace des frais de courtage. Il convient de vous renseigner sur les frais pratiqués par la banque ou le courtier en ligne que vous avez choisi et de faire jouer la concurrence si besoin est.

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