Les copropriétaires désignent le syndic lors de l'assemblée générale annuelle.
"Si vous êtes dans une copropriété neuve, changez impérativement de syndic
dès la première assemblée générale", conseille même la CSPC. En effet, il
est prudent que ce dernier se trouve dans une position neutre et soit sans
lien avec le promoteur, en particulier pour gérer les vices-cachés qui pourraient
apparaître à l'issue de la livraison des appartements. Un syndic peut être
bénévole ou professionnel. Si ni l'un ni l'autre ne souhaite prendre en charge
la copropriété, un administrateur judiciaire devra être nommé. La note peut
alors monter à 300 euros par an et par copropriétaire.
Syndic professionnel ou bénévole ?
Un syndic professionnel offre des garanties de bonne gestion puisqu'il
a l'obligation d'être titulaire d'une carte professionnelle. Elle certifie
qu'il possède une assurance de responsabilité professionnelle et une garantie
financière au moins aussi élevée que les fonds gérés au nom des copropriétaires.
"Le minimum de la garantie financière est fixé à 110.000 euros", précise
l'Agence nationale d'information pour le logement (Anil). Cette attestation
n'est délivrée et renouvelée que si le casier judiciaire du syndic professionnel
est vierge et s'il dispose de compétences suffisantes pour exercer cette
fonction. Ce choix s'apparente à la solution idéale, du moins à
la plus sécurisante. "Cependant, l'appel à un syndicat professionnel
induit le versement d'honoraires que l'on estime à 150 euros par an et par
copropriétaire", met en garde la CSPC.
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La fonction de syndic bénévole nécessite
une grande disponibilité ©
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L'autre solution, bien moins onéreuse puisqu'aucune rémunération n'est
due, tient en un syndic bénévole. Cette alternative est intéressante pour
les copropriétés disposant d'un faible budget de fonctionnement. "En-dessous
de 10.000 euros par an, la copropriété a tout intérêt à confier sa gestion
à un syndic bénévole", confirme un juriste. Cette option présente également
l'avantage de la proximité car le syndic est souvent l'un des copropriétaires.
Ce dernier du fait de sa présence sur place dispose d'une réactivité plus
grande par rapport à un syndic professionnel. En revanche, le ou les personnes
responsables du syndic doivent, non seulement posséder des compétences solides
sur les plans juridiques et de gestion, mais aussi disposer de qualités de
disponibilité et de diplomatie. "Faute de connaissances, certains syndics
bénévoles enfreignent la loi, explique la CSPC. Par exemple, certains ignorent
qu'il est obligatoire de posséder une assurance de responsabilité destinée
à couvrir les éventuels préjudices d'une gestion défectueuse". Par conséquent,
ce choix sera peut-être à privilégier pour les petites copropriétés où la
gestion apparaît relativement simplifiée. De même, si la responsabilité semble
un peu lourde à supporter, un roulement entre les copropriétaires permet
d'assurer une continuité de gestion moins pesante sans faire appel à un professionnel.
Le contrat du syndic
Le choix du syndic s'effectue donc en assemblée générale, sur la base de la majorité des voix de tous les copropriétaires. "Si l'assemblée générale ne parvient pas à se mettre d'accord sur le choix du syndic, celui-ci peut être désigné sur requête d'un ou plusieurs copropriétaires voire par le président du tribunal de grande instance", précise l'Anil.
Lors de la désignation du syndic, il est important de définir avec précision
les tâches, et la rémunération du syndic, pour le cas où il serait professionnel.
Sinon, le risque est de subir des abus. Suite à une enquête menée
en 2007 sur 250 syndics de 44 départements, la Direction Générale de la Concurrence,
de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) dit avoir procédé
à 250 rappels à la réglementation, "notamment sur des défauts de mentions
obligatoires sur les factures et l'absence de mise en conformité des règlements
de copropriété avec les évolutions législatives qui ont eu lieu au fil des
ans". Un autre travers est régulièrement pointé du doigt
: certains syndics créent des filiales pour réaliser des travaux
qu'ils facturent eux-mêmes. Dans ces conditions, il devient difficile de
changer de syndic sans risquer de perdre un nombre important de prestataires.
Et la négociation des tarifs est beaucoup plus ardue.
Preuve qu'il faut être extrêmement pointilleux sur la gestion du syndic
et user des prérogatives des instances qui encadrent l'action du syndic :
l'assemblée générale des copropriétaires et le conseil syndical.