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Mars 2006

Portrait de métier : qu'est-ce qu'un actuaire

Alexandre Guchet, dîplomé de l'Ecole polytechnique, de l'ENSEA, fondé de pouvoir chez Mazars Actuariat et président de l'Association des Actuaires de Paris, nous présente le métier d'actuaire.
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En quoi consiste le métier d'actuaire ?
Actuaire n'est pas à proprement parler un métier, mais plutôt une qualification ; ainsi on trouve des actuaires dans de nombreux métiers : Il est le "spécialiste qui fait des calculs statistiques pour les assurances".

De façon un peu plus large et moderne, l'actuaires est le : "spécialiste de l'analyse et du traitement des impacts financiers du risque". Historiquement, les études actuarielles sont apparues dès que s'est posé le problème d'organisation et de financement d'un système d'assurance sur la vie. Aujourd'hui la compétence de l'actuaire s'est étendue à l'ensemble des systèmes d'assurance (organisation des régimes de retraite et de prévoyance, assurances incendie, accidents, risques divers).

Amené à s'intéresser à la gestion de fonds considérables recueillis par les entreprises d'assurance, l'actuaire est également devenu un spécialiste de la finance quantitative. Spécialiste de la gestion des risques auxquels sont soumis la plupart des agents économiques, l'actuaire est chargé de proposer des modèles mathématiques permettant de gérer au mieux l'évolution incertaine de l'environnement (élaboration et tarification de contrats d'assurance, évaluation d'instruments financiers, choix d'investissements, gestion des risques financiers).

Quelles sont les différences entre l'actuariat et l'audit ou le métier de gestionnaire ?
Il existe de nombreux métiers où la compétence actuarielle est nécessaire. Parmi eux on compte l'audit, l'actuariat conseil et la gestion d'actifs. Mazars emploie des actuaires en audit et en conseil. L'auditeur procède à des vérifications qui, doivent lui permettre de donner une opinion sur l'objet de ses contrôles. Le conseil en général, a pour rôle de participer à l'élaboration d'un projet, d'une étude, d'un modèle ou simplement de procéder au calcul de résultats chiffrés. Les deux métiers sont complémentaires et incompatibles. D'un point de vue sécurité, nul ne doit donner une opinion sur son propre travail.

Quel diplôme faut-il avoir pour devenir actuaire ?
Il existe deux types de filières pour devenir actuaire : les 3e cycles spécialisés des universités et les formations complémentaires de généralistes ayant un solide bagage mathématique. De formation scientifique (mathématiques, probabilités, statistiques, informatique), l'actuaire doit maîtriser non seulement l'environnement financier, mais aussi les aspects juridiques, comptables, fiscaux et commerciaux dans lesquels se situe son intervention. Dix filières de formation d'actuaires sont reconnues par l'Institut des Actuaires, association qui regroupe l'ensemble des actuaires français.

» L'Institut de Science Financière et d'Assurances de l'Université de Lyon (ISFA) » L'Institut de Statistiques de l'Université de Paris (ISUP)
» L'Université Louis Pasteur de Strasbourg (ULP)
» L'Euro Institut d'Actuariat de l'Université de Brest (EURIA)
» L'Université Paris Dauphine
» L'École Nationale de la Statistique et de l'Administration Économique (ENSAE)
» L'École Supérieure des Sciences Économiques et Commerciales (ESSEC) en partenariat avec l'ISUP
» Le Conservatoire National des Arts et Métiers (CNAM)
» Le Centre d'Études Actuarielles (CEA)
» Le Collège des Ingénieurs

Ces filières, suivant les cas, recrutent des étudiants à l'issue des classes préparatoires aux grandes écoles ou en licence/maîtrise. Certaines d'entre elles sont exclusivement destinées à des diplômés bac + 5 (grandes écoles d'ingénieurs ou de commerce, université) justifiant d'au moins deux ou trois ans d'expérience dans un domaine actuariel (CEA, CNAM, collège des ingénieurs).

Quel type d'entreprise fait appel aux services de votre société Mazars ?
De manière générale, les interventions des actuaires de Mazars recouvrent l'ensemble des secteurs d'activité. Si les organismes d'assurance ainsi que les banques ont recours à nos services pour des préoccupations qui touchent au coeur même de leur activité (modélisation des risques financiers et/ou assurantiels, pilotage de l'activité), toute entreprise peut avoir à gérer une problématique spécifique nécessitant l'intervention d'un actuaire. Ainsi, nous sommes régulièrement amenés à travailler sur des problématiques de valorisation d'engagements de retraite ou de plans de stock-options. Suivant la demande et la situation du client nous intervenons en audit ou en conseil. Nous exerçons l'audit dans le cadre de mandats de commissaires aux comptes le plus souvent, mais aussi dans le cadre de missions contractuelles comme les acquisitions. Les entreprises font appel a nous pour les conseiller dans des situations variées qui requièrent des compétences spécifiques auxquelles notre expérience et nos activités de recherche et de veille technologique nous préparent.

Quel est l'avenir du métier d'actuaire ?
L'évolution des principes comptables et des règles prudentielles applicables aux services financiers, dans le sens d'une traduction plus fine de la substance économique des entreprises constitue un véritable appel d'air pour les actuaires. La nécessité d'appréhender de manière beaucoup plus complète les engagements reçus et donnés, ainsi que, pour les banques et les organismes assureurs, de mesurer leur exposition réelle aux risques inhérents à leurs activités, crée un besoin fort en terme de modélisation financière. Les actuaires sont donc particulièrement bien placés pour jouer un rôle majeur dans la communication financière de demain. L'exercice isolé de la profession d'actuaire conseil ou d'auditeur relève d'une vision ancienne de la profession libérale. Comme la plupart des autres professionnels ceux-ci doivent se grouper pour répondre aux besoins des entreprises de plus en plus grandes et mondialisées.

Quel est d'après vous l'avenir de l'actionnariat salarié ?
L'actionnariat salarié peut sans conteste être considéré comme un élément de rémunération intéressant dans l'optique d'une implication croissante des salariés dans la performance de l'entreprise. Dans certains cas, ce dispositif pourrait aussi constituer un élément de protection de l'entreprise contre le risque d'une OPA inamicale.

Quel est le salaire moyen d'un actuaire ?
A l'embauche : 35 à 40 K€ bruts/an + éventuel variable, en fonction du poste et de la formation d'origine. Au bout de 5 ans : 45 à 80 K€ bruts/an.

Y a-t-il une concentration possible des différents métiers de conseils aux entreprises (ex: fusion comptable/actuaire/avocats/commissaire aux comptes) ?
A une époque de concentration de ces professions, à la suite des différents scandales financiers (ENRON, PARMALAT…) il est apparu que de telles entreprises pluridisciplinaires étaient génératrices de conflits d'intérêts qui nuisaient à leur indépendance et à leur transparence. C'est pourquoi la tendance est plutôt inverse. La pluridisciplinarité reste toutefois nécessaire pour les auditeurs s'ils veulent dominer les techniques sur l'application desquelles ils sont conduits à se prononcer. C'est pourquoi les grands cabinets d'audit doivent maîtriser leur développement dans ces domaines.

 
 Nicolas Joret, L'Internaute
 
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