Le gouvernement intensifie les initiatives pour débusquer les fraudeurs à l’impôt. Ainsi, les informations du fisc, de l’Urssaf et de la Sécurité sociale vont être croisées. Qu’en pensez-vous ?
Que pensez-vous de l’intérêt grandissant du gouvernement à lutter contre la fraude fiscale ?
Les gouvernements cherchent, à mon avis, en vain à lutter contre la fraude fiscale en raison de la croissance rapide de cette fraude, aussi bien chez les salariés, qui travaillent de plus en plus au noir, que chez les indépendants qui trichent de plus en plus sur les notes de frais, et dans les deux groupes qui usent et abusent des règles légales avec l'aide des conseils de tas de journaux très spécialisés, ceux des avocats fiscalistés qui profitent de l'énorme complexité des 112 impôts français pour trouver des niches fiscales de plus en plus solides. Et ceci d'autant plus volontiers que les contrôles fiscaux sont de plus en plus complexes...
Le croisement des informations détenues pas le fisc, l’Urssaf et la Sécurité sociale vous parait-il une bonne piste ?
Au lieu de chercher, ici ou là, des idées disparates pour faire cesser la fraude fiscale aussi bien chez les salariés que chez les indépendants qui trichent sur les frais, et chez les contributeurs, tous autant que nous sommes, nous ferions mieux, pour réunir un consensus, chercher une simplification et une réforme et nous serions plus informés de nous adresser à un économiste ni de droite ni de gauche qui a étudié cette question 40 ans (1943-1986).
Avez-vous d’autres idées pour lutter contre la fraude ?
Qui donc ? Un économiste ni de droite ni de gauche qui a étudié cette question 40 ans (1943-1986). Cette question fût posée, en premier, par Turgot dès 1775 lors de sa réforme du cadastre. Adam Smith l’entendit de la bouche de Condorcet et en fit la Property Tax américaine. Elle est devenue, grâce à Menier, puis par les travaux de Maurice aAlais, un livre en 1975 : L’impôt sur le capital et la réforme monétaire de la France, dont les travaux lui valurent un nobel d’économie...