Le secteur du permis à points en danger

Les objectifs de la profession et le marché sont-ils en adéquation ?

La revalorisation des prix des stages permis à points

Il actuellement est un objectif commun lié à l’ensemble des professionnels de l’organisation de stages de sensibilisation à la sécurité routière de revaloriser le prix des stages quel que soit le circuit de diffusion.

Cette revalorisation a pour but de stabiliser l’aspect qualitatif et pédagogique des stages, autant en termes de qualité d’accueil que de moyens mis en œuvre pour un déroulement optimal du stage permettant d’obtenir le résultat escompté.

De plus, elle a pour effet d’envisager une meilleure pérennité des entreprises qui œuvrent dans ce secteur d’activité afin de leur permettre de continuer à exercer leur profession dans les meilleures conditions.

Analyse du secteur permis à ponts :

Un marché en phase de décroissance ?

Actuellement, le marché de ce secteur d’activité compte plus de 250 000 stagiaires qui effectuent annuellement un stage de sensibilisation à la sécurité routière.

Ce chiffre, dans les années à venir est susceptible de subir une augmentation extrêmement sensible, voire de rester stable encore quelques mois pour en finalité décroitre sensiblement à moyen terme.

Le dispositif du permis à points, en place depuis juillet 1992, et réellement opérationnel à partir de 2002, a sans aucun doute, permit au fil des années, de voir généralement changer le comportement du conducteur. Depuis une dizaine d’années, la typologie des stagiaires suivant la formation de sensibilisation à la sécurité routière a changé. Elle est aujourd’hui schématiquement représentative de conducteurs lambda, qui loin d’être des délinquants de la route, perdent sporadiquement un petit nombre de points et qui pour la plupart, au fil des années, se retrouvent avec un permis fragilisé.

Les effets combinés de ce changement de comportement au volant ont donc pour effet de voir ce marché se stabiliser et sans aucun doute, décroitre dans les années à venir. De plus, le ralentissement de la pose de nouveaux radars sur les routes, le retard de maintenance de certains radars en place, la technologie toujours en évolution concernant les éléments de sécurité des véhicules, et l’élimination progressive des « points noirs » sur les route de France sont, entre autre, autant de facteurs de cette régression.

Les organismes agréés permis à points :

Les organismes agréés sont des entités juridiques indépendantes sous forme de société ou d’association qui par l’obtention d’un agrément préfectoral on le droit d’exercer leur profession.

On distingue différentes tailles de structures qui vont de l’association ou de l’auto-école implantés localement à des structures plus importantes qui rayonnent de façon régionale ou nationale.

Bien entendu, en fonction des tailles et des structures de chaque organisme, il convient de rappeler que le seuil de rentabilité d’un stage est très différent d’un organisme à l’autre.

Cette différence de structure engendre sur l’ensemble du marché une concurrence sur les prix. Cette concurrence est accrue lorsque la stratégie de certains organismes est enclin à baisser le prix d’un stage afin d’attirer un plus grand nombre de stagiaires pour en finalité, quel qu’en soit sa rentabilité, fragiliser ses concurrents locaux.

Une dévalorisation des prix et de l’image :

Rappelons que le prix d’un stage de sensibilisation n’a pas subi d’augmentation lié à l’inflation depuis plus de 10 ans. A contrario, il a baissé au fil des années. Cet effet étant la conséquence directe d’une concurrence acharnée et d’une recrudescence de nouveaux organismes sur le marché.

Cette baisse des prix que l’on observe depuis plusieurs années, et particulièrement virulente ces derniers mois, a un effet extrêmement pervers à l’égard des conducteurs désireux d’effectuer un stage.

En effet, la vision du conducteur est totalement faussée quant au vrai prix d’un stage. Comment justifier qu’un programme identique à l’ensemble des stages puisse faire ressortir des différences allant jusqu’à près de 100€.

Pire même, sur le terrain, comment peut-on justifier d’une différence de prix entre plusieurs stagiaires participant au même stage et donc au même niveau de prestations ?

L’image du dispositif du permis à points, mise à mal la plupart du temps, n’est pas prête, dans le contexte actuel, d’être revalorisée. Le plus souvent qualifié de « pompe à fric », elle risque maintenant d’être qualifiée « d’arnaque » aux vues des différences de prix pratiqués.

La Guerre entre organismes et portails est déclarée

Les portails de diffusion de stages utiles ou parasites ?

Historiquement implantés depuis 2005, les portails jouent aujourd’hui un rôle dans l’apport de stagiaires auprès des stages organisés par les organismes. Ils proposent généralement une volumétrie de stages beaucoup plus importante qu’un organisme isolé

Ils interviennent en qualité de diffuseurs et permettent aux organismes d’obtenir un circuit de diffusion complémentaire de leurs stages permettant ainsi d’obtenir des stagiaires supplémentaires qu’ils n’auraient sans doute pas par leurs propres systèmes de diffusion.

A ce jour, on dénombre plusieurs dizaines de portails de diffusion de stages sur Internet, néanmoins, trois d’entre eux ont des positionnements forts en termes de visibilité et de volume de stagiaire gérés chaque année.

Beaucoup d’organismes considèrent les portails comme des intermédiaires inutiles parasitant la relation entre le stagiaire et l’organisateur. Il n’en reste pas moins que les portails sont des outils puissants généralement très bien positionnés en terme de visibilité, particulièrement sur Internet et permettant néanmoins aux organismes de complémenter le nombre de stagiaires.

Ils ont l’avantage de rayonner sur l’ensemble du territoire national, permettant ainsi aux organismes, même très isolés, d’avoir une visibilité de leurs stages.

Indéniablement, les portails sont aujourd’hui nécessaires notamment pour les organismes qui rayonnent localement mais aussi pour les organismes de plus grandes envergures, leur permettant aussi de complémenter leurs vecteurs de diffusion de stages.

Néanmoins, actuellement, la combinaison de la recrudescence d’organismes de petites ou moyennes tailles ayant un impact local ou régional combiné avec une politique de prix extrêmement bas entraine une chute vertigineuse de la rentabilité globale.

Effectivement, dans ce cadre, les portails donnent alors à des organismes qui pratiquent des prix « low-cost » la possibilité de rayonner sur Internet et favorisent donc la chute du marché.

D’aucun pourrait argumenter que dans notre pays la concurrence est libre mais n’oublions pas l’essentiel. L’impact de la chute des prix a une incidence négative directe pour le stagiaire.

L’utilité de l’existence des portails :

Pour prendre un exemple concret, la plateforme stagespointspermis.com a aujourd’hui un rayonnement national ce qui lui permet d’avoir une vision d’ensemble que beaucoup d’organismes isolés dans une région spécifique n’ont pas.

Elle pourrait être aussi un formidable vecteur de communication à l’égard de l’ensemble de la profession si les organismes le souhaitent.

Il est un fait indéniable que les prix des stages ont très fortement baissés, particulièrement en 2013. Le phénomène de concurrence accrue des organisateurs qui se livrent une guerre sans merci a participé allègrement à cette descente aux enfers.

Une fois de plus, l’ensemble de la profession pourrait s’appuyer sur les portails pour revaloriser les prix qui n’ont pas évolués depuis plus de 10 ans. Mais il n’en est rien ! Chacun défend ardemment son territoire sans se soucier des impacts qui touchent l’ensemble de la profession et risquent, à court terme, de mettre en péril la pérennité de certains.

Concernant la communication que développe stagespointspermis.com sur Internet, il faut prendre conscience de de la situation Cornélienne dans laquelle les portails se trouvent. D’un côté les plateformes de diffusions qui possèdent une visibilité naturelle forte et d’un autre côté leurs propres clients, organisateurs de stages qui, possédant leur propre Site de diffusion aimeraient bien prendre leurs positions.

Et si les portails disparaissaient…

Imaginons que les portails n’existent plus. Qu’adviendrait-il des coûts de communication qu’empocherait Google dans une flambée des prix du clics générés par les organisateurs de stages dont pour la plupart n’ont aucune formation en webmarketing.

Sans aucun doute une envolée des coûts d’acquisition de stagiaires bien au-delà de notre de la commission actuelle car n’oublions pas qu’il n’y a que 10 résultats sur la première page de Google et que 90% des clics sont attribué aux trois premières positions.

Alors, qui sera le premier et raflera la mise ?

Les organismes qui diffusent leurs stages sur les portails sont libres, sans contrainte contractuelle d’exclusivité, ni de durée. Ils bénéficient gratuitement de services leur permettant de gérer leurs stages et leurs stagiaires et ne sont facturés que lorsque le stagiaire, passé par le portail, a effectivement suivi la formation aux risques routiers.

Un partenariat gagnant-gagnant permettant aux centres agréés de maîtriser parfaitement leurs coûts fixes d’acquisition de stagiaire.

Je ne suis pas convaincu que seul Google ait le droit de développer son chiffre d’affaire dans ce secteur et que des PME françaises, scrupuleuses de la qualité des prestations à l’égard de ses clients organisateurs et stagiaires n’en auraient pas la possibilité.

Je pense qu’effectivement, si les portails n’existaient pas, le grand gagnant serait de très loin Google !

Les conséquences de la chute des prix de stages :

La valeur ajoutée des organismes, ayant tous le même programme de stage à dispenser, se situe dans la qualité de l’organisation, la qualité de l’accueil des stagiaires, la qualité des moyens mis en œuvre pour l’efficacité pédagogique du stage afin d’obtenir le résultat escompté.

La majeure partie des organismes ont élaborés une organisation minutieuse pour offrir aux stagiaires une efficacité optimale de leur formation. Cette organisation est capitale et bien entendu, nécessite des investissements importants, tant en moyens humains qu’en moyens logistiques.

La chute des prix entraîne irrémédiablement la réduction des moyens mis en œuvre pour organiser un stage efficace. Ce qui a pour effet d’impacter négativement la formation du conducteur.

De plus, on remarque de plus en plus fréquemment une disparité des prix pouvant aller de 20 à 40% pour un même stage. Dans ce cas, la crédibilité de l’organisme est souvent mise en cause par les stagiaires et cette situation devient difficile à gérer pour les organisateurs et les animateurs.

La question légitime du stagiaire ayant payé le prix fort à côté d’un stagiaire de même profil qui a payé son stage au rabais devient une situation souvent ingérable. Elle amène une question fondamentale que se posent les conducteurs aujourd’hui :

Quel est le vrai prix d’un stage ?

Gardons bien en ligne de mire qu’un stage de sensibilisation à la sécurité routière est, comme son nom l’indique, outre le fait qu’il permet de récupérer 4 points de permis, de faire changer le comportement du conducteur afin qu’il adopte une conduite responsable.

De plus, la diminution de la qualité pédagogique des stages risque sans doute d’alerter les pouvoirs publics qui ne manquerons pas, si besoin est, de modifier de façon substantiel le dispositif du permis à points, risquant ainsi d’éliminer à terme les stages de sensibilisation au profit d’un système de récupération éventuellement automatique des points de permis.

Les conséquences pourraient donc être désastreuses pour l’ensemble des entités qui composent ce secteur d’activité.

Les « stages de récupération de points bidons » sur Internet :

Les pratiques de certains organismes consistent à multiplier le nombre de stages dans un département, à des dates identiques ou très proches et sur des secteurs géographiques généralement voisins de quelques kilomètres.

La multiplication de ces stages permet à l’organisateur de sur-dimensionner son offre afin de toucher un plus grand nombre de stagiaires. En finalité, il annulera les « faux stages » pour rapatrier les stagiaires vers un seul et unique lieu stage qu’il organise.

Tous les portails connaissent effectivement ce type de dérive. Sur StagesPointsPermis.com la lutte contre cette pratique est quotidienne et ce portail n’hésite pas à supprimer la diffusion des stages douteux et redondants.

L’idéal serait d’obtenir des Préfectures une confirmation de la véracité des plannings de stages diffusés sur les portails en regard des plannings déposés obligatoirement par les organismes auprès des Préfectures.

Difficile de lutter contre ce type de pratique lorsque les portails ne sont ni entendu, ni reconnu en tant qu’acteur du secteur, ni accompagné dans une démarche qualitative.

Pourquoi la DSCR (Direction de la Sécurité Routière) ne délivrerait-elle pas un agrément aux portails en qualité de « diffuseur » afin de participer à l’amélioration de la qualité de services à l’égard d’une part des organismes mais aussi et surtout des stagiaires ?

Il faut utiliser les ressources des portails :

Il devient urgent, après avoir établi ce constat, d’agir pour permettre à l’ensemble de la profession de conserver un niveau de prestation, non pas acceptable mais optimal à l’égard des stagiaires.

Il en va de la survie de l’ensemble des entités constituant aujourd’hui les acteurs professionnels de ce secteur d’activité.

Pour ce faire, outre le travail isolé de chacun des organismes, il convient d’utiliser en parallèle le rayonnement des portails principaux auxquels la plupart des organismes ont fait confiance pour actionner, ensembles, une revalorisation des prestations.

Un engagement réciproque :

L’histoire nous a prouvé que l’ensemble des relations de causes à effets a dégradé considérablement la relation entre les portails et les organismes agréés. Il convient, à très court terme, de retrouver une confiance réciproque basée sur un ensemble de règles organisationnelles qualitatives.

Pour cela, il serait intéressant d’éditer une « charte qualité » que tous les acteurs, portails et organismes, respecterons à la lettre.

La mise en œuvre de cette « charte qualité » devenant un label que les organismes et les portails pourraient mettre en avant à l’égard du stagiaire et l’engagement réciproque du respect des règles serait un levier supplémentaire devenant alors un outil efficace.

Le contrôle du respect des règles effectué, outre par l’ensemble de la profession, mais surtout par un organisme extérieur indépendant peut alors garantir aux stagiaires, aux organismes et aux portails une relation de confiance dans un respect mutuel.

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