Scandale Volkswagen : Audi aussi accusé, comment fonctionne le rappel ? [liste des modèles]

Scandale Volkswagen : Audi aussi accusé, comment fonctionne le rappel ? [liste des modèles] Le scandale Volkswagen rebondit avec une nouvelle accusation concernant Audi. Volkswagen a mis en place une vaste campagne de rappels sur ses véhicules touchés. Liste des marques, voitures touchées et dernières infos.

[Mis à jour le lundi 7 novembre 2016 à 17h01] Audi un peu plus dans la tourmente du scandale Volkswagen ? Selon le journal allemand Bild, l'agence environnementale californienne aurait détecté un autre logiciel truquant cette fois les émissions de CO2 (voir : Un nouveau logiciel truqueur chez Audi ?). Aucune confirmation officielle n'a été donnée mais cette annonce pourrait avoir de grosses conséquences pour les finances du groupe. Si cette autre fraude était avérée, des poursuites pourraient aussi avoir lieu en Europe alors que le groupe Volkswagen est déjà exposé à une forte amende aux Etats-Unis pour un montant total évalué à 15 milliards de dollars. L'accord passé aux Etats-Unis couvrirait les indemnités aux clients et les amendes fédérales. Mais uniquement aux Etats-Unis, aucun accord de ce type n'étant prévu en Europe... pour l'heure.

Alors que le rappel des modèles Volkswagen touchés par le scandale des émissions de gaz polluants a débuté en février en France, le groupe allemand se retrouve  toutefois sous la menace de la justice française. Trois juges du parquet de Paris sont chargés de l'enquête contre Volkswagen accusé de "tromperie aggravée"Si la direction a insisté sur l'ampleur de l'enquête interne ouverte par le groupe, Volkswagen tente de refaire son image, une tendance aperçue au salon de Genève où la marque a opté pour une communication plus colorée, plus jeune et dynamique, symbolisée par le concept de SUV cabriolet T-Cross Breeze. Le mastodonte va-t-il échapper aux accusations de fraude fiscale en Allemagne ? Après avoir présenté sa réponse technique au scandale avec un plan précis de rappel des véhicules touchés par les émissions massives de NOX, le groupe automobile a en tout cas corrigé ses propres craintes et affirmé que toute nouvelle fraude portant sur les émissions de CO2 n'était finalement pas vérifiée. En novembre, Volkswagen avait en effet expliqué que 800 000 autres véhicules en plus des 950 000 véhicules impactés en France par le premier scandale, le fameux "Dieselgate", pouvaient être touchés par des émissions anormalement basses de CO2.

Volkswagen n'est toutefois pas tiré d'affaire puisque le rappel des modèles touchés par les émissions truquées de NOX s'annonce long et coûteux. Le scandale sonne comme un cruel désaveu pour les défenseurs du diesel, technologie désormais vilipendée de toute part.  Nous vous proposons un retour complet sur l'affaire. Comment un groupe d'universitaires américains et une ONG ont-ils découvert l'incroyable supercherie d'un géant de l'automobile au point de faire trembler l'un des symboles de l'industrie allemande ? Comment fonctionne le logiciel truqueur ? Quels sont les véhicules touchés, comment savoir si sa voiture est impactée et avec quelles conséquences sur son fonctionnement ? Toutes les réponses sont dans ce dossier dédié.


Comment a été découverte la fraude ?

Tout est parti des Etats-Unis et d’une étude universitaire portant sur les émissions de gaz polluants. Des étudiants de l’université de Virginie Occidentale ont été les premiers à effectuer une série de tests mettant en lumière l’écart énorme entre les données officiellement communiquées par le constructeur lors des tests d’homologations et leurs mesures. Les émissions de dioxyde d’azote dits NOX, un gaz polluant nocif pour les voies respiratoires, étaient largement supérieures aux normes. Si les BMW testées également en vue d'effectuer un comparatif entraient dans les clous, les modèles Volkswagen émettaient en fait bien plus de NOX que ce qui était annoncé. Or le NOX est le principal gaz nocif dégagé par les moteurs diesel. C’est le membre d’une ONG américaine, John German, qui avait contacté l’université pour effectuer des mesures, le centre pour les émissions, moteurs et carburants alternatifs de l’établissement disposant du matériel nécessaire.

Suite à ces résultats, l’ONG concernée, l’International Council of Clean Transportation, prévient l’agence de protection de l’environnement américaine, l’EPA, qui ouvre une enquête en 2014. Elle en informe le groupe Volkswagen qui nie toute tricherie. Ce n’est que lorsque que l’EPA et l’Etat de Californie mettent en lumière la fraude et menacent de retirer leurs certifications aux véhicules diesel Volkswagen (les retirant de facto du marché en empêchant leur commercialisation) que Volkswagen finit par reconnaître mi-septembre 2015 avoir "conçu et installé un dispositif sur ces véhicules par le biais d’un algorithme logiciel sophistiqué qui détectait quand un véhicule était en situation de tests d’émission". Le début d’un scandale planétaire… Après l’ouverture d’une enquête interne, Volkswagen a ultérieurement reconnu une autre fraude sur les émissions de dioxyde de carbone (CO2) sur des véhicules diesel et essence, officialisant la nouvelle début novembre. 11 millions de véhicules sont touchés par la fraude aux contrôles antipollution sur le NOX, 800 000 autres par les émissions "anormalement basses" de CO2. Une tricherie finalement non avérée par Volkswagen qui corrige le 9 décembre. Le groupe assure que seuls quelques modèles sont touchés par des émissions plus hautes qu'indiqué sur les fiches techniques. Celles-ci seront prochainement corrigées. 

Le résumé du scandale Volkswagen en quelques dates : 

-21 septembre 2015 : le patron du groupe Martin Winterkorn réagit à l’enquête ouverte par l’agence environnementale américaine et se dit "profondément désolé d’avoir déçu nos clients et le public", assurant d’une coopération pleine avec les autorités.
-23 septembre : Martin Winterkorn démissionne de son poste de PDG du groupe Volkswagen. Il est remplacé le 25 septembre par Matthias Müller, jusque-là président de Porsche, une branche du groupe Volkswagen. Le Comité de Surveillance annonce l’ouverture d’une enquête interne.
-29 septembre : le groupe annonce un  plan d’action et confirme que 11 millions de véhicules sont touchés à travers le monde, ceux équipés d’un moteur diesel de type EA 189.
-1er octobre : le gouvernement confirme la mise en place de tests aléatoires en France sur une centaine de véhicules diesel. Ségolène Royal annonce les premiers résultats le 5 novembre et décrit des dépassements de cinq fois les normes en émissions de NOX sur des véhicules Volkswagen, ce qui selon la ministre de l’Ecologie confirme la triche.  Pour d’autres constructeurs contrôles, l’écart est d’un demi à deux fois, ce qui correspondrait aux écarts déjà constatés entre les tests sur rouleaux et en circulation.
-2 octobre : Volkswagen France annonce l’ouverture d’un site internet d’information et d’un numéro vert pour permettre à ses clients si leur véhicule est touché.
-15 octobre : L’autorité fédérale des transports allemands (KBA) impose le rappel de tous les modèles concernés. En France, celui-ci débutera en 2016.
-23 octobre : Volkswagen assure que les moteurs EA288 ne sont pas touchés par la fraude.
-3 novembre : l’agence environnementale américaine (EPA) révèle que d’autres modèles plus puissants équipés de moteurs V6 trois cylindres présentent aussi des anomalies. Volkswagen dément mais retire de la vente aux Etats-Unis les modèles en question dont le Porsche Cayenne.
-3 novembre : Volkswagen révèle avoir identifié des irrégularités sur les émissions d'un autre gaz polluant, le CO2, de certains de ces modèles. 800 000 autres véhicules sont concernés.
-8 novembre : Le tabloid allemand Bild revèle que des ingénieurs ont avoué avoir mis en place une technique pour frauder les tests d'émission de CO2, falsifiant la pression des pneus mais aussi mélangé du gazole avec l'huile moteur pour abaisser la consommation lors de tests internes. Les données affichées par le constructeur concernant la consommation de carburant étant ainsi revues à la baisse…
-17 novembre : Volkswagen donne de nouveaux détails sur la fraude au CO2 et précise les noms des modèles (voir liste des modèles touchés plus bas). Le chiffre de 800 000 véhicules est donné de nouveau. Les rappels commenceront en 2016.
-24 novembre : Le parquet de Brunswick ouvre une enquête pour fraude fiscale contre cinq employés de Volkswagen. Cette enquête est consécutive à la fraude aux émissions de dioxyde de carbone (CO2) reconnue par la marque début novembre. Le prix de la vignette payée par les automobilistes allemands est calculée en fonction des émissions de CO2 de leurs véhicules. Avec la fraude, l'Etat a donc sans doute perdu gros. Volkswagen pourrait être condamné et devoir rembourser les montants non perçus. L'affaire pourrait rebondir ailleurs en Europe, notamment en France où le bonus écologique versé par l'Etat à l'acheteur repose sur le même principe.
-25 novembre : Volkswagen présente les détails de son plan de rappel sur les véhicules touchés par le premier scandale, celui des émissions de NOX via l'installation d'un logiciel espion. Le plan est présenté aux autorités allemandes. Des mesures mécaniques sont prévues sur les moteurs 1,6 litres TDI de type EA 189 concernés via un "régulateur de flux" installé devant le débitmètre de masse d'air. L'intervention sera complétée par une mise à jour du logiciel. Pour les moteurs 2,0 litres touchés, seule la mise à jour logicielle sera faite. Pour les moteurs 1,2 litres, une solution sera présentée prochainement,  précise Volkswagen France. Les rappels des 950 000 véhicules concernés en France s'étaleront sur l'ensemble de l'année 2016.
-9 décembre : Volkswagen publie un nouveau communiqué. Le groupe assure que la tricherie aux émissions de CO2 n'est finalement pas vérifié. "Le chiffre d'environ 800,000 véhicules, initialement publié par le Groupe Volkswagen, n'a pas été confirmé. Les différences constatées dans les chiffres concernent seulement neuf modèles et ne représentent que quelques grammes de CO2 en moyenne ; elles correspondent à la hausse de consommation du cycle NEDC (nouveau cycle européen de conduite) d'environ 0,1 à 0,2 litre pour 100 kilomètres. Avec une production annuelle d'environ 36.000 véhicules, ces variantes de modèles ne représentent que 0,5% du volume global de la marque Volkswagen. Suite à d'importantes investigations internes et à des mesures complètes, il est désormais clairement établi que, pour pratiquement tous ces modèles, les émissions effectives de CO2 correspondent aux valeurs initialement indiquées. Cela signifie que ces véhicules peuvent être commercialisés et vendus sans aucune limitation. Les soupçons selon lesquels les chiffres de consommation de carburant auraient été illégalement modifiés n'ont pas été confirmés. Les mesures internes ont révélé de légères différences sur seulement neuf modèles de la marque Volkswagen (5 vendus en France)."
-10 décembre : lors d'une conférence de presse, Volkswagen évoque un "enchaînement d'erreurs depuis 2006", enchaînement "qui n'a jamais été stoppé". Le groupe précise qu'il publiera les résultats de l'enquête interne le 21 avril 2016. 450 experts seraient à pied d'oeuvre pour tenter de savoir qui sont les personnes à l'origine de la fraude et qui a finalement décidé d'installer le fameux logiciel espion truqueur sur les véhicules diesel touchés. Du matériel, notamment des téléphones portables et des disques durs, ont été saisis auprès de 400 employés du groupe. Deux directeurs et sept ingénieurs ont déjà été mis à pied.
-13 décembre : dans une interview accordée au Journal du Dimanche, le président de Volkswagen France donne les modalités de rappel pour la France. Celui-ci débutera en février et s'étalera sur l'année 2016. Les clients devraient recevoir un nouveau courrier en janvier précisant le détail des mesures techniques prises avant un autre courrier les invitant à prendre contact avec leur concessionnaire.
-Février : début de la campagne de rappels en France. Près d'un million de véhicules sont concernés. Volkswagen a promis en échange de l'intervention visant à notamment à déprogrammer le logiciel espion, la possibilité de récupérer un véhicule de substitution le temps de l'intervention, un contrôle gratuit des organes de sécurité et un nettoyage complet offert.
-8 mars : une source judiciaire annonce l'ouverture d'une instruction judiciaire en France pour "tromperie aggravée" contre Volkswagen. L'enquête, ouverte le 19 février, est confiée à trois juges du parquet de Paris.
-28 juin : alors que le rappel des modèles se met en place, l'agence américaine Bloomberg annonce un accord aux Etats-Unis portant sur le versement de la somme de 15 milliards de dollars couvrant les amendes fédérales et les indemnités. Aucun accord de ce type n'est prévu en Europe.

Comment Volkswagen truquait-il les tests ?

C’est au sein de l’ordinateur de bord que se cache le stratagème mis au point par Volkswagen sous la forme d’un petit logiciel espion. Ce petit "algorithme sophistiqué" est difficile à repérer, même pour des experts. Il n’entrait en fonction que dans un cadre précis : le mode test, bien connu des marques automobiles. Le logiciel, produit par l’équipementier Bosch qui assure avoir prévenu Volkswagen de l’illégalité du dispositif s’il était installé sur les véhicules de série, est en effet capable de reconnaitre les conditions très particulières dans lesquelles sont effectués les tests d’homologation (ligne droite, capot ouvert, accélération très lente et progressive…). En dehors de ce mode, le logiciel espion était en sommeil et n’avait aucune incidence sur le fonctionnement de la voiture en circulation normale. Mais comment pouvait-il réduire les émissions de gaz polluants ? Certaines sources évoquent une sorte de bride. D’autres soutiennent que le logiciel donnait comme consigne une injection massive d’Ad-Blue, un additif (proche de l’ammoniac) versé dans le catalyseur du moteur diesel. Par réaction chimique, l’Ad-Blue convertit le dangereux gaz polluant NOX en azote et vapeur d’eau, deux matières non chimiques. Ainsi, les émissions de NOX étaient drastiquement réduites ce qui permettait aux véhicules Volkswagen de passer sans encombre les tests d’homologation. Mais pourquoi dès lors ne pas généraliser l’injection d’Ad-Blue aux phases de circulation ? Tout simplement car le réservoir d’additif serait bien trop vite à sec. Le propriétaire serait contraint d’effectuer des recharges régulières, un aspect contraignant, difficilement justifiable commercialement et qui plus est onéreux. En outre, l’utilisation massive d’Ad-Blue réduit la puissance du moteur en plus d’augmenter la consommation. Pour respecter les normes et ses promesses d’émissions à la baisse, Volkswagen a choisi le pari de tricher.

Les autres marques du groupe comme Audi, Seat ou Skoda sont-elles touchées ?

Oui, le groupe Volkswagen est un mastodonte de l’automobile avec ses 12 marques et son statut de premier constructeur mondial qu’il dispute à Toyota. Or, de nombreux éléments de mécanique sont partagés par les différentes marques qui composent le groupe. Dont les moteurs. Le groupe Volkswagen a ainsi admis que les moteurs touchés, de type EA 189, sont des diesel trois et quatre cylindres 1,4l, 1,6l et 2,0l installés dans des modèles Volkswagen mais aussi Seat, Skoda et Audi. Selon les derniers éléments de l’enquête américaine, un moteur plus puissant, le V6 trois cylindres, serait aussi touché, impactant des berlines haut de gamme d’Audi mais aussi le 4x4 Porsche Cayenne. Volkswagen dément mais a déjà retiré de la vente aux Etats-Unis les modèles concernés dont le Cayenne.

Comment savoir si ma voiture est touchée ?

Vous possédez un véhicule du groupe Volkswagen et souhaitez savoir si votre véhicule est concerné par la fraude. Vous pouvez vous rendre sur le site internet dédié https://informations.volkswagengroup.fr . Munissez-vous alors de votre carte grise. Sur celle-ci, figure le numéro de châssis, présent à côté de la mention "E". Il vous sera demandé de l’indiquer, de même que la date de dernière immatriculation de votre voiture, également présente sur votre carte grise à côté de la mention "I". Complétez la date sous la forme JJ/MM/AAAA soit par exemple 01/12/2014. Un numéro vert a également été mis en place le 0 805 805 200. Un concessionnaire Volkswagen pourra également vous renseigner. Si vous venez d’acquérir un véhicule neuf, vous ne devez pas être concerné a priori puisque Volkswagen assure que les modèles répondant aux normes Euro6, rendues obligatoires depuis l’été 2015, ne sont pas impactés. En revanche, tous les moteurs diesel EA 189 sortis de l’usine entre 2007 et juin 2015 sont susceptibles d’être touchés. Volkswagen a donné le chiffre précis : 948 064 voitures touchées avec dans le détail 574 000 Volkswagen, 189 322 Audi, 66 572 Skoda, 93 388 Seat et 23 523 utilitaires.

Notre liste des modèles potentiellement touchés :

Liste des modèles impactés par la fraude aux émissions de dioxydes d'azote (NOX)
Volkswagen :
Volkswagen Golf 1.6 TDI (2010-2015) Volkswagen Golf 2.0 TDI 110 (2009-2011), Volkswagen Golf 2.0 TDI (2009-2015), Volkswagen Polo 1.6 TDI (2010-2015), Volkswagen Scirocco 2.0 TDI (2009-2015), Volkswagen Jetta 1.6 TDI (2011-2015), Volkswagen Jetta 2.0 TDI (2011-2015), Volkswagen Passat 1.6 TDI (2010-2015), Volkswagen Passat 2.0 TDI (2009-2015), Volkswagen Beetle 1.6 TDI (2013-2015), Volkswagen Beetle 2.0 TDI (2013-2015), Volkswagen Touran 1.6 TDI (2011-2015), Volkswagen Touran 2.0 TDI (2011-2015), Volkswagen Sharan 2.0 TDI (2011-2015), Volkswagen Tiguan 2.0 TDI (2010-2015)
Audi : Audi A1 1.6 TDI (2011-2015), Audi A1 2.0 TDI (2012-2015), Audi A3 1.6 TDI (2010-2015),Audi A3 2.0 TDI  (2009-2014), Audi A4 2.0 TDI (2009-2015), Audi A5 2.0 TDI (2011-2015), Audi A6 2.0 TDI (2009-2015), Audi Q3 2.0 TDI (2012-2015), Audi Q5 2.0 TDI (2010-2015), Audi TT 2.0 TDI (2009-2015).
Seat : Seat Ibiza 1.6 TDI (2010-2015), Seat Ibiza 2.0 TDI (2011-2015), Seat Leon 1.6 TDI (2010-2015), Seat Leon 2.0 TDI (2009-2015), Seat Altea 1.6 TDI (2010-2015), Seat Altea 2.0 TDI (2010-2015), Seat Alhambra : Seat Alhambra 2.0 TDI (2011-2015).
Skoda : Skoda Fabia 1.6 TDI (2010-2014), Skoda Octavia 1.6 TDI (2010-2015), Skoda Octavia 2.0 TDI (2011-2015), Skoda Superb 1.6 TDI (2010-2015), Skoda Roomster 1.2 TDI (2010-2015), Skoda Roomster 1.6 TDI (2010-2015), Skoda Yeti 1.6 TDI (2011-2015), Skoda Yeti 2.0 TDI (2010-2015), Skoda Yeti 2.0 TDI (2010-2015).

Liste des modèles impactés par des émissions de CO2 trop hautes par rapport à leurs fiches techniques (liste donnée par Volkswagen le 9 décembre, d'autres modèles du groupe Volkswagen chez Audi, Seat et Skoda peuvent aussi être touchés, une analyse est en cours).
Volkswagen : 
Volkswagen Polo 1,0l TSI Bluemotion  95 chevaux boite automatique  7 vitesses, Volkswagen Scirocco 2,0l TDI 184 chevaux, boite manuelle six vitesses, Volkswagen Jetta 1,2l TSI  105 chevaux boite manuelle six vitesses, Volkswagen Jetta 2,0l TDI 125 chevaux boite manuelle cinq vitesses, Volkswagen Golf Cabriolet 2,0l TDI 110 chevaux boite manuelle cinq vitesses, Volkswagen Golf 2,0l TDI 150 chevaux, boite manuelle six vitesses, Volkswagen Passat Alltrack 2,0l TSI 4 Motion 190 chevaux boite automatique sept vitesses, Volkswagen Passat Break 1,4l TSI 4Motion 110kwh boite manuelle six vitesses, Volkswagen Passat Break 2,0l TDI 4Motion 176kmwh boite automatique sept vitesses.

Quelles sont les conséquences pour ma voiture ?

Un rappel sera mis en place par Volkswagen début 2016 en France. Il débutera en février 2016 et devrait entraîner la modification du fameux logiciel. Volkswagen France a donné les détails de ce plan. Sur les moteurs 1,6 litre diesel de type EA 189, une intervention mécanique sera effectuée. Elle touchera le moteur via l'installation d'un régulateur de flux placé devant le débitmètre de masse d'air. Il s'agit en fait d'une grille visant à assurer un bon flux d'air pour améliorer la mesure du débitmètre. Ainsi, Volkswagen assure que le calculateur moteur fonctionnera mieux ce qui optimisera la combustion et fera baisser le niveau d'émissions. L'intervention sera complétée par une mise à jour logicielle. Volkswagen prévoit une heure d'intervention seulement. Pour les moteurs 2,0 litres, seule la mise à jour logicielle sera effectuée, soit une demi-heure de main d'oeuvre. Volkswagen assure qu'il prendra en compte les besoins de mobilité de ses clients et pourra fournir si besoin des véhicules de remplacement. Volkswagen France précise qu'un véhicule de courtoisie sera effectivement mis à disposition des clients, un contrôle des organes de sécurité de la voiture sera également effectué en même temps qu'un lavage extérieur et intérieur du véhicule, le tout pris en charge par la marque. En revanche, pour les moteurs 1,2 litres, le flou demeure. Volkswagen explique que des mesures seront présentées fin novembre. En attendant, le groupe assure que le logiciel n’a aucun impact sur la sécurité du véhicule, "techniquement sûr". Volkswagen assure que les techniques mises en place permettront aux véhicules d'atteindre les normes d'émissions polluantes mais sans effets sur les performances des véhicules corrigés que ce soit en termes de consommation ou de puissance moteur. Toutefois, des analyses sont encore en cours pour vérifier leur efficacité sur l'ensemble des modèles.Les autres marques du groupe, Audi, Seat ou Skoda, devraient suivre le même plan. Concernant les émissions de CO2

D’autres constructeurs ont-ils aussi triché ?

Si l’argument "tout le monde le fait" a rapidement filtré, aucun élément ne permet de dire qu’un autre groupe a installé un tel logiciel ou mis au point un stratagème similaire. Ce qui apparait du scandale Volkswagen est la propension des constructeurs à optimiser les tests antipollution. On le sait, ceux-ci sont faits dans des conditions particulières et les constructeurs règlent leurs véhicules tests en fonction (régime moteur faible, pneus sur-gonflés…). Les normes étant devenues extrêmement contraignantes à respecter, toutes les ruses sont permises. Une ONG allemande, la Deutsche Umwelthilfe, a ainsi accusé d'autres marques et mis en lumière les fortes émissions de certains modèles comme l'Opel Zafira ou le Renault Espace, des accusations démenties par les marques. L’Europe souhaite mettre en place une toute nouvelle norme en 2017 mais la bataille du lobbying fait rage pour repousser l’échéance ou permettre des marges plus importantes. Le nouveau dispositif pourrait n’être mis en place qu’en 2019 et avec une marge de tolérance de 110% les deux premières années, 50% ensuite ! En attendant, les premiers tests aléatoires réalisés en France ont confirmé l’écart entre Volkswagen et les autres constructeurs selon la ministre de l’Ecologie. Sur la dizaine de véhicules contrôlés, les experts ont noté un dépassement de cinq fois la valeur limite de réglementation en dioxyde d’azote, le NOX sur les véhicules Volkswagen contre un demi à deux pour les autres constructeurs selon Ségolène Royal, interrogée par France Info.

Volkswagen peut-il faire faillite, le bonus écologique peut-il être remis en cause ?

Volkswagen a déjà perdu plusieurs dizaines de milliards de dollars en bourse, sa capitalisation fondant d’un tiers en un mois et demi de polémiques presque ininterrompues. Les premiers jours ont été terribles avec un chute de près de 40% en quelques jours avant un nouveau recul début novembre. Pour faire face, le groupe a déjà annoncé avoir provisionné 6,5 milliards d’euros sur ses comptes 2015. Mais le scandale pourrait lui couter bien plus cher. Si l’on prend en compte les possibles actions judiciaires individuelles et de groupe et les frais de rappel l’addition pourrait atteindre plus de 20 milliards d’euros, sans compter la possible amende record infligée par les Etats-Unis. On parle là de 18 milliards de dollars supplémentaires. D'ores et déjà, le nouveau patron Matthias Müller a promis des heures difficiles aux 600 000 salariés du groupe, mettant en place un vaste plan d'économies et remettant en cause de nombreux investissements prévus. Ségolène Royal avait également évoqué en septembre la possibilité de demander un remboursement du bonus écologique versé par l’Etat à l’acheteur d’un véhicule plus propre. Or les moteurs diesel avec leurs plus faibles émissions de CO2 (seul gaz polluant qui entre en compte dans le calcul des critères d’attribution du bonus écologique) entraient jusqu’à peu dans ces critères. Si le scandale du logiciel ne touche finalement vraiment que les émissions de NOX, celles qui n’entraient pas en compte dans ce calcul, Volkswagen serait plus à l'abri. Mais rien ne dit que l’Etat se lancerait de toute façon dans une possible longue bataille juridique.

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