En patins a roulettes
Stéph De Bouille
, Sens De Bretagne
le 24 novembre 2008
Vous vous êtes fait arrêter par les forces de l'ordre, racontez-nous.
Le soir de la réélection de Miterrand en 88, je m'ennuyais ferme à la maison et j'ai décidé de sortir les rollers pour aller à la fête qui s'annonçait dans Paris. J'ai roulé dans tous les sens, jusqu'à prendre à 3h du matin les quais près d'Austerlitz. Trois voies en sens inverse, une voie de bus libre dans mon sens, où je me suis engagé. Une voiture de police a bien failli s'accidenter en traversant les trois voies avant d'enjamber la banane qui séparait de la voie de bus. On me demande mes papiers, le flic les prend sans les lire, les pose sur le tableau de bord, commence à rédiger un pv. Là, je lis de loin "jeune susceptible d'entraîner un accident sur la voie publique". Je leur fais respectueusement observer que ce sont eux qui ont mis tout le monde en danger, à commencer par eux-même, en traversant toutes les files comme ils l'ont fait, et je leur demande comment je dois faire pour contester l'infraction. "On s'en fout, me répond le flic en chef, on va vous coller un motif d'interpellation, comme ça ce n'est plus une amende mais un pv de type 5, convocation au tribunal". Voyant que le type a l'air borné, je me recule et là je sens une gène dans mon dos. Je passe la main, et décolle un autocollant à la gloire de Mitterrand. Puis la main en trouve un autre, puis un autre encore, huit au total, que des passants m'ont collé à mesure quand je passais près d'eux en patins, embrassades modèle poisson d'avril. Voyant cela, je suis saisi d'un vague soupçon, et en me penchant un peu j'aperçois à l'arrière de la voiture une petite mallette en plastique noir portant un autocollant "oui, c'est Chirac". Me voilà renseigné. L'amnistie m'a débarrassé du problème, mais renseignements pris je risquais 6 mois de suspension de permis pour une infraction imaginaire en patins à roulettes. Joli, non?
Maintenant un comparatif. En 1989 j'ai vécu un an aux Pays-Bas. Une semaine après mon arrivée, j'étais à vélo quand je perçois derrière la présence d'une voiture de police. En bon français qui n'a rien à se reprocher, je me demande tout de suite où peut être le défaut, si j'ai mes papiers, etc, et là bien sûr par distraction je rate la pédale, perds l'équilibre, me gaufre comme ce que vous savez et déraille au passage. Arrivé sur le train, je vois la voiture de police s'arrêter et mettre les warning, je me dis "mon vieux, ton compte est bon... " Et là, je vois descendre un quinquagénaire à moustaches l'air compatissant qui me demande en hollandais ce que je devine être un "vous ne vous êtes pas fait mal? ", et dix secondes après une ssssssplendide beauté de véritable top-model en uniforme qui descend à son tour, tente un "you speak english? " qui me fait rougir comme un gosse, examine le coude qui a frotté et frotte gentiment. Croyez-le ou non, les deux sont allé chercher des outils et ont passé vingt minutes à réparer la chaîne de mon vélo. Ils ne m'ont laissé que quand je suis reparti, littéralement éberlué. Du service public, m'sieurs dames. Du vrai. J'en ai parlé pendant des semaines à mes colocataires qui baillaient d'ennui tant pour eux c'était chose normale. Ca laisse rêveur, non?Était-ce la première fois ? Depuis que vous avez votre permis de conduire combien de fois vous êtes vous fait arrêter par les forces de l'ordre ?
Juste après mon permis, je parcourais les routes la nuit pour aller faire des concerts de rock aux quatre coins de la région. Tous les week-end on était controlés, à certains endroits on nous saisissait les boissons alcoolisées du coffre. Quand on repassait trois heures plus tard, les gendarmes, car c'en étaient, ne tenaient plus debout. On a même ramené un jour un fourgon (une des dernières estafettes) avec leurs occupants hors d'état. C'était un autre monde, plein de poivrots, de bagarres, d'amours de gosses. Plein de morts aussi au bord des routes. Juste un avis très court ? Je suis pour une police présente, mais avec discernement. Responsable, mais aussi exemplaire. Et sans ambiguïté. Tous les matins je me fais doubler par la droite par des fous furieux quand des papys se font flasher à 92 sur des routes dégagées. J'ai une préférence pour la chasse prioritaire aux criminels de la route.
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François Tremaud
Je suis parfaitement d'accord avec ce que dit Steph, à un petit détail près: S'il se fait souvent doubler à droite, c'est qu'il roule à gauche ! Malheureusement de + en + d'automobilistes roulent à gauche, en ville comme sur route, perturbant et ralentissant la circulation, favorisant le comportement agressif de "fous" comme dit Steph, bon, moi je dirais de gens plus pressés qu'eux... La police n'interpelle pratiquement jamais les "conducteurs à gauche", ce qui est presque faire d'eux des collaborateurs parce qu'ils gênent les excès de vitesse... Ce n'est pas le rôle d'un conducteur, qui doit rouler à droite et ne pas empêcher un autre de doubler... Qu'il roule pour la Gauche ou pour la Droite, avec ou sans autocollant !
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