La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, voudrait systématiser la confiscation du véhicule en cas de conduire sans permis ou récidive de grand excès de vitesse. Qu'en pensez-vous ?
Que pensez-vous de la confiscation systématique du véhicule en cas de conduite sans permis ou de récidive de grand excès de vitesse ?
Dans le cas d'une conduite sans permis ou sous l'emprise d'un état alcoolique avec récidive, cela pourrait être une bonne chose. Pour les "grands" excès de vitesse, surtout connaissant les ratés des radars automatiques et la propension des forces de l'ordre à installer les unités mobiles là où elles sont sûres de faire du chiffre, je doute que cela soit efficace pour faire reculer la mortalité sur nos routes... Ces derniers sont marginaux en termes d'infractions constatées, et hormis quelques abrutis qui zigzaguent sur une autoroute surchargée à haute vitesse, dans l'ensemble, les excès de vitesse les plus souvent constatés sont compris entre 10 et 20 km/h au dessus de la limite. De la poudre aux yeux, donc... Juste un mot également pour m'insurger contre la dialectique guerrière employée par la "Prévention" Routière, qui nous parle de plus en plus souvent de délinquance routière pour définir des comportements qui relèvent finalement... De l'infraction. Un peu de modération ne saurait nuire !
Dans l'absolu, que pensez-vous du droit de "confiscation du véhicule" ?
Il ne faut pas oublier la distinction entre utilisateur et propriétaire. Dans les faits, on ne peut vous confisquer la propriété d'autrui. Si votre véhicule appartient à votre entreprise, ou à un loueur (de courte, moyenne ou longue durée), ou à un tiers particulier, qui sera vraiment sanctionné ? De plus, les personnes qui roulent fréquemment au dessus des limites de vitesse sont souvent des "professionnels de la route", représentants, commerciaux et autres. Ils effectuent en une année plus de kilomètres que beaucoup d'entre nous en cinq ans, et sont généralement prudents, sinon respectueux des limitations... Leur enlever leur outil de travail revient à les mettre au chômage.