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L'Internaute > Dictionnaire > Noms Propres > Biographie > Charles-Maurice Talleyrand > Biographie
Talleyrand, homme politique de premier rang lors de la Révolution française et de l’Empire napoléonien, est resté dans l’Histoire comme un fin diplomate. Grâce à son habileté et ses qualités de négociateur, il parvint à défendre aussi bien ses intérêts parmi les neuf régimes à la tête de la France de 1789 à 1838, que ceux de la France face aux autres monarchies européennes. Une vie ecclésiastique choisie par défautTalleyrand, de son vrai nom Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, est né en 1754. Issu d’une famille de la haute noblesse française, il est destitué de son droit d’aînesse en raison de son pied bot. Ne pouvant occuper de fonctions militaires, il se tourne vers le monde ecclésiastique et entre à quinze ans au séminaire Saint-Sulpice. Après avoir obtenu son baccalauréat et soutenu une thèse en théologie, il est ordonné prêtre le 1er avril 1775. Il devient vicaire général du diocèse de Reims en 1779. L’année suivante, alors qu’il est agent général du clergé de France, il se voit charger de défendre les intérêts de l'Église face aux besoins d'argent de Louis XVI. Cette position lui permet de connaître avec exactitude les richesses du clergé. A cette époque, on lui connaît une liaison avec la comtesse Adélaïde de Flahaut. Le 2 novembre 1788, Talleyrand est nommé évêque d'Autun par le roi Louis XVI. A peine à ce poste, il est élu député du clergé aux Etats généraux et quitte son évêché. Un rôle actif à la RévolutionTalleyrand est nommé membre du comité de constitution de l'Assemblée Nationale en juillet 1789. Quatre mois plus tard, il s’illustre en proposant la confiscation des biens du clergé pour améliorer l’état des finances de la nation. L’évêque d’Autun célèbre la messe sur le Champ de Mars à la Fête de la Fédération le 14 juillet 1790. A l'Assemblée nationale, il soutient la Constitution civile du clergé et prête serment sur celle-ci. Il démissionne de son évêché en janvier 1791. Il sacre les premiers évêques constitutionnels, appelés « jureurs » ou « talleyrandistes ». Talleyrand part ensuite en mission diplomatique à Londres dans le but de rassurer la monarchie anglaise sur la politique française. Il revient en juillet 1792. Il se dépêche d’obtenir un ordre de mission de Danton car il est mis en accusation par la Convention en raison de lettres compromettantes retrouvées dans l’armoire de Louis XVI. Il s’exile à Londres puis aux Etats-Unis en 1794. L’ancien évêque en revient deux ans plus tard, après avoir pris le soin de lever l’accusation qui pesait sur lui. Barras lui confie le ministère des Relations extérieures. Il fait la connaissance du général Bonaparte, qui revient de la campagne d’Italie. Il démissionne et l’aide à organiser le coup d’État du 18 brumaire. Aux côtés de NapoléonBonaparte lui rend son poste de ministre des Relations extérieures. Suite à une injonction du Pape, il se décide à épouser sa maîtresse Catherine Grand. En 1804, il est mêlé de près à l’assassinat du Duc d'Enghien. Nommé Grand chambellan en juillet, il assiste au sacre de Napoléon le 2 décembre 1804. Talleyrand se charge de négocier les traités de Presbourg (1805) et de Tilsit (1807). En récompense, l’Empereur le nomme prince de Bénévent, une petite principauté prise au Pape. Mais Talleyrand cautionne de moins en moins les actions de Bonaparte. Il critique sa politique conquérante et son ambition sans limite ; il commence à s’écarter de lui. Il abandonne son portefeuille en août 1807 en se faisant nommer Vice Grand Electeur (les deux charges n’étant pas compatibles). C’est une judicieuse porte de sortie pour lui qui est convaincu que l’Empereur va à sa perte. Napoléon fait de nouveau appel à lui en 1808. Il lui demande d’accueillir, dans sa propriété de Valençay, les princes espagnols faits prisonniers. Talleyrand se rapproche des ennemis de l’Empereur. Excédé, Napoléon le disgracie, ce qui ne l’empêche pas de lui demander en 1813 de revenir au ministère des Relations extérieures. L’ancien ministre refuse. Des tours de force dont lui seul a le secretAppelé au Conseil de régence en 1814 après la chute de l’Empereur, Talleyrand contribue au retour des Bourbons. Il est élu président du gouvernement provisoire par le Sénat. Il met Louis XVIII sur le trône, qui le nomme ministre des Affaires étrangères. Le 16 septembre 1814, il se rend au congrès de Vienne, bien que la France n’y soit pas invitée. Par d’habiles manœuvres, il parvient à diviser les Alliés et à limiter les sanctions contre son pays. Sous la pression des ultraroyalistes, Louis XVIII contraint Talleyrand à démissionner. Il le nomme ensuite Grand chambellan en 1815. Il est tenu éloigné du pouvoir jusqu'en 1830, date à laquelle il œuvre pour l’instauration de la monarchie de Juillet. Le roi Louis-Philippe, pour le remercier de son aide, le nomme ambassadeur à Londres en 1830. Là-bas, il s’emploie à rapprocher la France et le Royaume-Uni. Il participe à l’indépendance de la Belgique avant de se retirer définitivement de la vie politique en 1834. Son dernier coup de maîtreTalleyrand doit régler son contentieux avec l'Eglise, faute de quoi il ne pourra pas recevoir les derniers sacrements. S'il ne faisait pas amende honorable, il aurait jeté un discrédit sur le clergé constitutionnel qu’il avait mis sur pied. Sentant qu’il ne lui restait plus beaucoup de temps à vivre, il signa une rétractation de ses fautes et put recevoir l’extrême-onction. Il s’éteignit le 17 mai 1838. Des funérailles officielles lui furent rendues le 22 mai et il fut enterré dans une chapelle à proximité du château de Valençay. Champion de la négociation diplomatique et des double-jeu, Charles-Maurice de Talleyrand est critiquable de certains points de vue. Cependant, étant donné l’instabilité de cette époque, sa longévité politique relève de l’exploit. Pour résumer le personnage en quelques mots, on lui empruntera les siens : "La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée".
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