Rouget de Lisle : biographie du créateur de "La Marseillaise"

Rouget de Lisle : biographie du créateur de "La Marseillaise" ROUGET DE LISLE. Officier français du génie et poète, Rouget de Lisle est mort le 26 juin 1836. Sa biographie le présente principalement comme l'auteur de "La Marseillaise", l'hymne national de la France.

Le nom de Rouget de Lisle reste éternellement attaché à l'un des chants les plus célèbres de l'histoire de France, qui en est devenu son hymne : La Marseillaise. Morceau originellement composé sous le titre Chant de guerre pour l'armée du Rhin, il est aussi le témoin de la longue histoire personnelle de Rouget de Lisle au sein de l'armée française, dont il était également capitaine du génie, participant à de nombreuses campagnes à la fin du XVIIIe siècle.

La vie de Rouget de Lisle fut tout aussi romanesque que ses élans poétiques : royaliste convaincu au point d'avoir failli y perdre la vie, il mourut dans le dénuement le 26 juin 1836. Son empreinte reste cependant vivace dans l'histoire de France, même si ce fut pour un chant connu pour un titre dont il ne fut pas le créateur à l'origine.

Biographie courte de Rouget de Lisle

Claude Joseph Rouger dit de Lisle voit le jour le 10 mai 1760 à Lons-le-Saunier dans le Jura. Il est l'aîné des huit enfants de Claude Ignace Rouget, avocat, et Jeanne Madeleine Gaillande. Il grandit dans la commune de Montaigu aux côtés notamment de son frère Claude Pierre, qui deviendra général de brigade sous la Révolution puis l'Empire. Il fait ses études à l'École royale du génie de Charleville-Mézières avant d'intégrer les garnisons notamment de Mont-Dauphin puis Strasbourg, et d'être élevé au grade de capitaine en avril 1791. Passionné de musique et poète émérite, il est chargé par le maire de Strasbourg Philippe-Frédéric de Dietrich de composer les paroles d'un hymne à la liberté, qui sera mis en musique par le pianiste Ignace Pleyel, pour le compte de la Fête de la Constitution de 1791.

Cet hymne sera le premier des nombreux chants patriotiques composés par Rouget de Lisle, dont le plus célèbre reste le Chant de guerre pour l'armée du Rhin, plus connu de nos jours sous le nom de La Marseillaise, l'hymne national français. En parallèle, Rouget de Lisle ne délaisse pas ses fonctions militaires : en juin 1792, il prend la direction de la forteresse stratégique de Huningue, aujourd'hui située en Suisse. Ses positions politiques proches de la monarchie destituée lui vaudront d'être temporairement destitué de ses fonctions en août 1792 puis emprisonné sous la Terreur en 1795, où il échappe de peu à la guillotine. Il termine sa carrière militaire en 1795 sous les ordres du général Hoche à Brest et à Quiberon, notamment pour contrer les insurrections royalistes des Chouans.

L'histoire de La Marseillaise

Le 20 avril 1792, la France déclare la guerre à l'Autriche dans le contexte révolutionnaire qui conduira à la chute définitive de Louis XVI après sa tentative de fuite avortée à Varennes. Cinq jours plus tard, Philippe-Frédéric de Dietrich reçoit à son domicile de nombreux généraux hauts gradés, dont fait partie le capitaine du génie Rouget de Lisle. Il demande alors à ce dernier de composer un chant patriotique à destination des armées mobilisées pour la guerre. Dans la nuit du 25 au 26 avril, Rouget de Lisle compose dans son domicile rue de la Mésange un chant en six couplets, le Chant de guerre pour l'armée du Rhin. Le lendemain, il le présente à Dietrich qui le chantera pour la première fois quelques jours plus tard à l'occasion d'une parade militaire sur la place d'Armes de la ville.

Rouget de Lisle n'a composé que six des sept couplets les plus connus de La Marseillaise : le septième, dit le "couplet des enfants" fut composé des années plus tard. L'identité de l'auteur de ce couplet reste aujourd'hui sujette à discussions. D'autres couplets ont par la suite été ajoutés pour aboutir à la version la plus exhaustive du morceau, qui compte 15 couplets. La Marseillaise est déclarée hymne national de la France le 14 juillet 1795, préféré au morceau révolutionnaire Le Réveil du Peuple. Abandonnée sans être interdite par Napoléon, qui lui préféra un autre chant révolutionnaire, Veillons au salut de l'Empire, La Marseillaise sera réintroduite comme hymne national après la révolution de 1830. Le statut d'hymne national de La Marseillaise est aujourd'hui inscrit dans l'article 2 de la Constitution de la Cinquième République.

Quels sont les autres noms de La Marseillaise ?

Le premier nom officiel de La Marseillaise est le Chant de guerre pour l'Armée du Rhin dédié au maréchal Luckner, du nom du maréchal Nicolas Luckner, commandant en chef des armées du Rhin. Ce ne sera qu'au cours de la guerre que l'affiliation du chant à la ville de Marseille apparaîtra, alors que l'armée du Rhin en difficulté. De toute la France, des soldats fédérés se rendent à Paris pour défendre la patrie. Parmi eux, des soldats venus de Marseille reprennent le Chant de guerre de l'Armée du Rhin et le diffusent dans les villages dans lesquels ils passent. Aux yeux du grand public, le morceau composé par Rouget de Lisle va devenir peu à peu la Marche des Marseillois avant d'être connu sous le simple nom de La Marseillaise, bien que le chant n'ait aucun lien et ne fasse jamais référence à la cité phocéenne.

Comment est mort Rouget de Lisle ?

Après avoir démissionné de l'armée en 1796, Rouget de Lisle retourne dans sa ville natale de Lons-le-Saunier, où il tente de vivre péniblement de son métier d'auteur. Fidèle à ses convictions royalistes, il se montre particulièrement hostile à l'instauration du Premier Empire et à Napoléon Bonaparte. Si certains de ses chants seront orchestrés par des noms prestigieux comme Hector Berlioz, qui met en musique La Marseillaise et le Chant du Neuf Thermidor en 1830, Rouget de Lisle doit surtout se contenter de missions d'écriture alimentaires : traductions, écriture de mémoires ou de préfaces…

Endetté, il est contraint de vendre l'héritage légué par son père avant d'être emprisonné pour impayés. Rouget de Lisle meurt le 16 juin 1836 à Choisy-le-Roi à l'âge de 76 ans. S'il est d'abord enterré à Thiais chez son ami, le général Ange François Blein, ses cendres sont transférées aux Invalides le 14 juillet 1915. Sa première tombe est toujours conservée au cimetière de Choisy-le-Roi et certaines de ses archives personnelles peuvent être consultées aux Archives nationales.

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