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Marco Polo
© Albert Harlingue / Roger-Viollet

Explorateurs - Italie

Marco Polo

Explorateur (15/09/1254 - 08/01/1324)


Marchand vénitien parti vers la Chine dès l’âge de dix-sept ans aux côtés de son père, Marco Polo fut le premier artisan de la connaissance de l’Extrême-Orient en Europe. Ses récits immortalisés dans Le livre des merveilles du monde firent le tour des cours royales et influencèrent les plus grands explorateurs, tel Christophe Colomb...

La passion de l’exploration comme héritage


A une époque où Venise est une cité prospère dominant Byzance, ses riches marchands en profitent pour commercer avec les Musulmans qui contrôlent la route de la Soie. Mais certains, comme Niccolo Polo, vont plus loin. Le père de Marco a en effet poursuivit sa route avec son frère Matteo jusqu’en Chine. Il a alors rencontré en personne l’Empereur Mongol Kubilaï Khan, petit fils de Gengis Khan. Après quinze ans d’absence, Niccolo revient à Venise pour une courte période mais avec une mission prestigieuse : il est chargé par Kubilaï de transmettre un message de sympathie au Pape et de lui demander de faire venir en Chine des érudits susceptibles de transmettre à l’Orient le savoir des Latins.

Toutefois, lorsqu’il arrive à Venise, Niccolo ne retrouve pas sa femme mais un fils âgé d’une quinzaine d’année prénommé Marco. La noble Vénitienne est décédée prématurément quelques années plus tôt. Quant à Marco, on ne sait s’il est né peu après ou avant le départ de son père.

Malgré un retard dû à l’élection du Pape, Niccolo Polo et Matteo Polo repartiront deux ans plus tard, accompagné cette fois-ci par le jeune Marco.

Un périple de vingt-quatre ans


A la fin de l’année 1271, Marco Polo quitte Venise avec son père et son oncle, sans savoir qu’il ne sera pas de retour avant ses quarante-et-un ans. Il en a alors dix-sept.

Après avoir traversé Israël puis l’Iran pour parvenir à l’Asie centrale, les trois hommes traversent le désert de Gobi, et parviennent à Cambaluc en 1275. Ils y rejoignent la Cour de l’Empereur Kubilaï Khan.

Durant seize années, ils suivront l’Empereur dans les plus grandes villes et les régions les plus reculées. Kubilaï, souverain raffiné qui a rompu avec les massacres systématiques pratiqués par ses ancêtres, apprécie l’apport culturel des Vénitiens. Marco Polo maîtrise progressivement le chinois et devient diplomate. Il aurait même été gouverneur de la ville Yang-chou pendant trois ans.

Toutefois, Marco, son père et son oncle s’ennuient de Venise et prient l’Empereur de les laisser partir. Kubilaï accepte le jour où il a besoin de faire de transporter une princesse mongole jusqu’en Iran. Les Vénitiens, fort d’une longue expérience de voyages, sont désignés pour l’accompagner. Après avoir traversé Sumatra et l’Inde, ils déposent la jeune femme puis poursuivent leur route jusqu’en Italie.

Un Livre des merveilles du monde écrit dans une cellule


Lors de leur retour à Venise, la citée est en conflit avec Gènes. Le 8 septembre 1298, Marco Polo dirige une galère lors d’une bataille maritime entre les deux puissances. La flotte vénitienne essuie une cinglante défaite et Marco est fait prisonnier.

Partageant sa geôle avec Rustichello de Pise, romancier génois, il lui dicte ses récits. C’est ainsi que naît, en langue française, le Devisement du monde, renommé par la suite Livre des merveilles du monde. Suite à la libération de Marco Polo en 1299, le livre se diffuse dans toute l’Europe et est traduit en plusieurs langues.

Un récit véridique ?


Ecrit à une époque où les Européens ignorent tout de l’Extrême-Orient, à l’exception des marchands qui toutefois ne sortent que rarement de la route de la Soie, ce livre apporte des connaissances exceptionnelles. Les nombreux détails géographiques qu’il contient ont d’ailleurs pu être vérifiés par la suite.

Le billet de banque initié par l’Empereur et l’utilisation du charbon par les Chinois sont autant de détails qui retiennent l’attention et rendent le récit vraisemblable. Pourtant, certains affirment que ce récit était purement factice. Ils s’appuient sur l’absence de mention de la muraille de Chine, de l’importance du porc dans les mets cuisinés ou encore de la déformation des pieds des Chinoises. Les longues descriptions de paysages dont la crédibilité ne peut être remise en doute aurait alors été rapportés à Marco par des Musulmans connaissant bien mieux la région que les Chrétiens. Toutefois, la taille limitée de la muraille à cette époque, l’enfermement des femmes et d’autres arguments encore répondent à ces accusations.

Il reste somme toute vraisemblable que de nombreux détails aient été enjolivés. Rappelons que le texte a été rédigé par un romancier à une époque où les récits épiques faisaient autorité et surtout, qu’en l’absence d’imprimerie, le texte a certainement été modifié par petites touches par les moines copistes. De surcroît le texte a subit de nombreuses manipulations, notamment au XVIème siècle, et le manuscrit original est perdu.


Malgré tous les débats qui peuvent se poursuivre autour du récit de Marco Polo, l’importance de ce dernier dans l’Europe du Moyen-Âge puis de la Renaissance ne fait aucun doute. Il a notamment contribué à l’établissement de nouvelles voies vers l’Orient, réduisant les passages par les caravansérails. Et c’est d’ailleurs sous l’influence de cet ouvrage que Christophe Colomb mettra les voiles vers l’ouest pour ouvrir une nouvelle route des Indes.

 
Voir aussi : Explorateurs - Explorateurs de l' Italie - Personnages de l' Italie - Italie

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