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Raymond Queneau
© Lipnitzki / Roger-Viollet

Écrivains - France

Raymond Queneau

Écrivain (21/02/1903 - 25/10/1976)


Raymond Queneau

Né à Le Havre (France) le 21/02/1903 ; Mort à Paris (France) le 25/10/1976

Raymond Queneau apparaît comme un romancier et poète fantaisiste qui a su allier mathématiques et littérature pour donner naissance à des œuvres particulièrement drôles et originales. Sa curiosité débordante et sa soif de savoir lui ont permis de multiplier les activités artistiques. Il est aussi l’un des principaux fondateurs du fameux groupe de l’Oulipo.

Enfance et études

Né au Havre le 21 février 1904, Raymond Queneau grandit au sein d’un foyer catholique relativement modeste. Fils unique, il se découvre rapidement une passion pour la lecture et les mathématiques. Il suivra sa scolarité au Havre jusqu’à l’obtention de son baccalauréat.

Queneau est un esprit vif, qui ressent le besoin de s’alimenter en culture et en réflexion. Ses parents le soutiennent lorsqu’il décide de poursuivre ses études à Paris, en 1920. Il étudie tout d’abord la philosophie à la Sorbonne puis suivra plus tard des cours de mathématiques. Son parcours l’amène à côtoyer les membres du mouvement surréaliste, tels que Philippe Soupault ou Michel Leiris. En 1924, après avoir effectué son service militaire, il forme avec André BretonJacques Prévert, Yves Tanguy et Marcel Duhamel le groupe de la rue du Château.
 

Un jeune écrivain qui se cherche

Il rédige ses premiers textes en compagnie de ses amis et participe à tous leurs travaux. En 1928, il épouse Janine Kahn, la belle-sœur d’André Breton. Mais peu à peu, il réalise que les considérations surréalistes ne lui permettent pas d’approfondir son art de l’écriture. Il rompt toute relation avec André Breton dès 1929, puis peu à peu avec le reste du groupe.

Raymond Queneau connaît alors une période d’instabilité professionnelle. Les quelques métiers qu’il essaie ne lui conviennent pas. Il décide d’effectuer des recherches à la Bibliothèque Nationale sur les « fous littéraires ». Il rassemblera le fruit de son travail dans l’Encyclopédie des sciences inexactes, qu’il ne parviendra pas à faire éditer. Il suit alors plusieurs psychanalyses.
 

La publication de son premier roman

Après un séjour régénérateur en Grèce, Queneau publie son premier roman, le Chiendent, en 1933. Cette première œuvre, à la fois drôle et pessimiste, définit clairement le style particulier et novateur de son auteur. Queneau considère le langage et la littérature comme un terrain de jeux et d’expérimentation. Sans négliger l’intérêt du lecteur, il structure les paragraphes et les événements de l’histoire selon une logique mathématique rigoureuse. Avec humour et ingéniosité, il s’amuse également à confronter le langage écrit et le langage oral, bouleversant les règles de syntaxe.

Après un certain succès auprès des critiques, qui le récompense du prix des Deux-Magots, Queneau ne cessera de publier jusqu’à sa mort. En 1937, malgré son caractère discret et sa pudeur, il édite Chêne et chien, un « roman en vers » autobiographique.    

Un artiste « touche à tout »

Queneau sort du placard son Encyclopédie des sciences inexactes et la retravaille. Il en fait un roman, les Enfants du limon, qu’il parvient à publier en 1938. Sa réputation grandissante dans les milieux littéraires parisiens lui vaut une place de traducteur et de correcteur aux Éditions Gallimard. Il profite de cette position pour diffuser la littérature anglo-américaine.

Durant la première année de la guerre, il est brièvement mobilisé en Vendée. Lui et sa famille se réfugient dans le Limousin, chez le peintre Élie Lascaux. Il se rend toutefois régulièrement à Paris pour poursuivre son travail. En 1941, il est nommé secrétaire général des Éditions Gallimard. Passionné par tout, Queneau étend même ses domaines d’activité au journalisme et notamment à la radio vers 1945. Écrivain intarissable, il poursuit parallèlement ses productions littéraires (Pierrot mon ami, Ziaux, Loin de Rueil…)

Dès 1946, il fréquente les cafés d’artistes de Saint-Germain-des-Prés. Il y fait la connaissance de Boris Vian, avec qui il partagera une profonde amitié. À force de côtoyer des artistes de tout bord, Queneau se découvre une passion pour la gouache et présentera même une exposition de ses toiles. C’est également à cette période qu’il écrira Si tu t’imagines, interprété avec succès par la chanteuse Juliette Gréco.

La reconnaissance du grand public

En 1947, Queneau publie Exercices de style, son premier succès auprès du grand public. Avec beaucoup d’inventivité et d’humour, il met en scène un incident insignifiant au cœur de Paris puis le raconte quatre-vingt dix-neuf fois en utilisant quatre-vingt dix neuf styles ou procédés différents. Loin d’être ennuyante ou rébarbative, l’œuvre suscite le rire et le goût du jeu.

Sa vive curiosité pour toutes les disciplines le mène à intégrer, l’année suivante, la Société Mathématique de France, puis le collège de Pataphysique, où il poursuit ses recherches et ses expériences littéraires. Malgré le succès de ses publications, il rencontre des difficultés financières qui se résoudront enfin lorsqu’il prendra la direction de l’Encyclopédie de la Pléiade, à partir de 1954.

La parution, en 1959, de Zazie dans le métro consacre véritablement sa carrière d’écrivain. Au cœur d’un univers en décalage, il met en scène une jeune fille qui part à la découverte de Paris. Elle fait la connaissance de personnages tout aussi fantaisistes les uns que les autres. Queneau jongle ici avec l’argot, les situations délirantes et les jeux de mots pour offrir une lecture des plus plaisantes et qui lui vaudra le prix de l’Humour noir.

Le fondateur de l’Oulipo

Afin d’approfondir ses recherches expérimentales sur le langage, Queneau fonde en compagnie de François le Lionnais, le groupe de l’Oulipo (1960). Chacun tente d’y allier la logique mathématique à la création littéraire. C’est ainsi que naîtra Cent Mille Milliards de Poèmes. Cette œuvre poétique nécessite la participation du lecteur, qui doit combiner les vers de différents sonnets entre eux pour créer un nombre infini de poèmes. 
 

Une fin de carrière riche en production

En 1965, Queneau publie les Fleurs bleues, un roman burlesque et trompeur riche en jeux de mots et en références implicites. Il s’attelle également à la rédaction d’une trilogie poétique : Courir les rues, Battre la campagne, Fendre les flots.  Il publiera son dernier roman, le Vol d’Icare, en 1968.

En 1972, il est très affecté par la mort de sa femme, au point d’interrompre toute activité durant quelques temps. Sa santé se détériore, il doit suivre un régime alimentaire strict. Son dernier ouvrage se consacre aux mathématiques (Morale élémentaire).


Il s’éteint le 25 octobre 1976. Considéré comme un grand mystificateur de la littérature, Queneau a su offrir des œuvres riches en humour et en profondeur. Cet érudit du XXe siècle a apporté un souffle nouveau à son art en alliant l'arithmétique à ses talents d'auteur.


  Dates  

1903

21 février

Naissance de Raymond Queneau
Raymond Queneau naît de Joséphine Mignot et d’Auguste Queneau. Tous deux sont merciers dans la ville du Havre. C’est dans cette même ville que Queneau passera son baccalauréat.

1925

 

Queneau militaire
Raymond Queneau quitte Paris pour faire son service militaire. Il sera incorporé parmi les zouaves, en Algérie puis au Maroc, au beau milieu de la guerre du Rif.

1928

28 juillet

Queneau épouse Janine
Raymond Queneau épouse Janine Kahn, belle-sœur de son ami André Breton. De cette union naîtra un fils, Jean-Marie, en 1934. Ce dernier n’aura ni sœur ni frère. Queneau perdra sa femme quelques années avant sa propre mort.

1929

 

Queneau rompt avec Breton
Raymond Queneau rompt avec les surréalistes et son ami André Breton. Depuis quelques années, Raymond Queneau fréquentait assidûment le groupe parisien et participait à leurs travaux. Selon lui, le mouvement restait beaucoup trop artificiel et ne lui permettait pas d’approfondir ses considérations littéraires.

1933

 

Publication du "Chiendent"
Raymond Queneau publie son premier roman. Ce dernier naquit lors d'un voyage en Grèce qu'il effectua l'année précédente. La critique lui est particulièrement favorable. L’œuvre sera d’ailleurs récompensée par le prix des Deux-Magots, créé spécialement pour l’occasion.

Raymond Queneau : 13 Dates


  Citations  

 


"L'infini n'existe pas. L'univers est fini quoique illimité. Il n'y a pas de place pour Dieu."  
 
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Raymond Queneau
 
 
"Décidément, c'était le grand béguin, la belle histoire, la vraie amour."  
 
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"Il ne faut jamais faire de confidences, cela abîme les sentiments."  
 
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Raymond Queneau
 
 
"Comment ne pas avoir peur devant cette absence de raison dénuée de toute folie ?"  
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Raymond Queneau
 
 
"Enfin, vous voyez ce qu'on dégoise aux clients un peu benêts."  
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Raymond Queneau
 
 
"Et Narcense s'éleva dans l'ascenseur, s'interrogeant sur l'avenir qui s'annonçait."  
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Raymond Queneau
 
 
"D'abord, dit paisiblement Gabriel, c'est pas vrai et, deuzio, i comprendront pas."  
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Raymond Queneau
 
 
"Aussi traversa-t-il brillamment les éliminatoires et challenger dégomma le champion."  
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Raymond Queneau
 
 

Raymond Queneau : 90 citations


Le prénom Raymond : origine & statistiques

Voir aussi : Écrivains - Écrivains de France - Personnages de France - France


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