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© Phaidon Press Ltd. |
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JFK, le grand absent...
Lorsqu'on évoque les présidents américains, le nom de John Fitzgerald Kennedy surgit forcément. Pourtant, sans doute à cause du traumatisme causé par son assassinat, peu d'acteurs l'ont incarné au cinéma. Récemment (2000), Bruce Greenwood a endossé cette responsabilité dans 13 Jours, film politique consacré à la crise des missiles de Cuba. Dans JFK, Oliver Stone entreprit de son côté d'analyser le meurtre et le secret qui l'entoure, mais Kennedy n'apparaissait à l'écran que via des images d'archives. De sorte que, bien qu'incontournable, la figure de JFK est la grande absente du 7ème Art. En apparence du moins...
...Et le pivot esthétique du cinéma américain
Car parmi les images d'archives du président, l'Histoire a retenu le fameux film d'Abraham Zapruder, le seul cameraman à avoir immortalisé l'attentat de Dallas. De l'analyse répétée, et sous tous les angles possibles, de cette bande vidéo aurait du émerger la vérité sur le meurtre, la réponse aux interrogations du peuple... Contre toute attente, c'est le contraire qui se produisit : plus les images étaient décortiquées, plus les questions abondaient, toutes sans réponses, toutes problématiques. Un tireur ? Plusieurs ? D'où ? Comment ? Tout était là, à l'écran, visible, mais n'expliquait rien. L'objectivité présumée de l'image volait en éclat...
L'air de rien, ce bête film amateur, et le trauma national qu'il illustrait, marquèrent profondément les réalisateurs des années suivantes : De Palma (Blow Out), Lumet (Network), Friedkin (French Connection)... Tous se mirent à interroger l'image, son sens réel, sa prétendue vérité, prolongeant la réflexion d'Hitchcock (Fenêtre sur Cour) et d'Antonioni (Blow Up) sur le sujet. Absent des écrans, JFK les a en fait contaminés de manière sous-jacente. Cette obsession pour le regard, l'image et son "objectivité" hante depuis le cinéma américain jusque dans ses films les plus populaires (Minority Report ne parle que de ça). Symptôme d'une société toujours plus "filmée", toujours plus "surveillée", qui espère trouver dans l'image et les caméras la réponse à la plupart de ses maux.