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 INTERVIEW 
Octobre 2005

Simon Simsi : "Il y a trop de films qui sortent sur les écrans"

Rencontre avec Simon Simsi, exploitant de salles depuis plus de vingt ans. Venu sur le tard au cinéma, il a préservé son indépendance en créant sa propre société de distribution et en se spécialisant dans les films de répertoire.
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Comment êtes-vous devenu exploitant ?
Simon Simsi : Je travaillais dans la publicité et l'affichage pour la société Dauphin. J'avais une bonne situation mais j'avais toujours eu une véritable passion pour le cinéma. Au début des années 80, j'ai sauté le pas. J'ai acheté ma première salle rue des Acacias dans le 17ème arrondissement de Paris. Je pensais pouvoir programmer ce que je voulais et je ne me doutais pas qu'il fallait se battre auprès des distributeurs pour obtenir un film. C'est pour cette raison que j'ai décidé de monter ma propre société de distribution que j'ai appelé les Acacias. Je me suis spécialisé dans les films de répertoire, tout en restant ouvert à de nouveaux films. Ensuite, j'ai acheté et revendu plusieurs salles comme le Quartier Latin rue Champollion. J'ai aussi créé en 1994 avec Jean Labadie de Bac Films la société "Les Ecrans de Paris", une entreprise d'exploitation comprenant le Majestic Passy, puis le Majestic Bastille. Je lui ai tout revendu en 2001. Depuis, il s'en est également séparé. Enfin, il y a trois ans, j'ai racheté le Vincennes avec un associé : Martin Bidou. Je supervise également la programmation du Reflet Médicis et j'ai pris une participation dans le Max Linder. Je continue à Vincennes la même politique : maintenir le répertoire, tout en faisant découvrir des œuvres nouvelles.

Que signifie pour vous le mot "indépendant" dans le milieu du cinéma ?
La réponse n'est pas évidente et c'est un terme à la mode. Selon moi, ce n'est pas une question d'argent. Il s'agit tout d'abord de pouvoir choisir sa programmation et donc de ne pas appartenir à un réseau de salles où les films vous sont imposés comme dans les cinémas UGC ou Gaumont et Pathé. Mais il y a une deuxième condition pour les distributeurs : ne pas être dépendant d'une chaîne de télévision. TFM appartient à TF1 par exemple.

Pensez-vous que les films de répertoire soient un filon à la mode ?
C'est un gros problème. Les films de répertoire sont aujourd'hui complètement galvaudés : on les trouve à prix cassés en DVD, vendus avec des journaux, on peut les télécharger, et beaucoup de salles se mettent à en programmer n'importe comment. Il y a un véritable fossé entre le moment où j'ai débuté dans la profession et aujourd'hui. Autrefois, les films classiques permettaient d'équilibrer financièrement une salle. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Pour vous donner un ordre d'idées, il y a vingt ans quand je programmais Quai des orfèvres, le film réunissait 40 000 spectateurs. Aujourd'hui, je suis content s'il en totalise 6 000. Récemment, j'ai organisé une rétrospective Michael Powell qui a demandé un travail énorme. J'estime que c'est un succès alors que la fréquentation n'a été que de 10 000 spectateurs. C'est d'ailleurs valable pour l'ensemble des films. Il y a trop de films qui sortent sur les écrans et trop de sorties techniques qui encombrent les salles. Il y a un véritable embouteillage. D'un autre côté, les petits exploitants ont du mal à obtenir de programmer des films "porteurs".

Quels sont les grands défis de demain pour les exploitants ?
Le passage à la projection numérique et avoir de bons films à proposer au public. Je ne suis pas complètement pessimiste sur l'avenir de la profession. Bien sûr, le nombre d'exploitants va diminuer parce que le nombre d'établissements se réduit. Mais je pense qu'il y aura toujours des exploitants parce qu'il y aura toujours des passionnés de cinéma qui n'exerceront pas ce métier pour l'argent.

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 Amélie CHARNAY, L'Internaute
 
Magazine Cinéma
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