"La Cage dorée" : saudade

"La Cage dorée" est un film franco-portugais réalisé par Ruben Alves. Il s'inspire de son histoire pour ce film. Voici ma critique.


Pour commencer, je tiens à préciser que je suis ravie de voir ENFIN un film traitant un peu du Portugal ou du moins de la communauté portugaise en France. Ça m'a toujours énervée de voir toujours le même type de films en France qu'ils soient américains, français, anglais ou de très rares fois espagnols, italiens ou encore roumains. Je trouve qu'on ne parle pas beaucoup de cette communauté très discrète. Je suis donc très contente que l'on leur rende enfin hommage dans un film !

"La Cage dorée" n'est pas un film communautaire, même si le film aborde la question de l'immigration portugaise qui a parfaitement (trop sans doute) su s'intégrer en France à tel point qu'elle se retrouve déchirée entre ses racines et la France, terre d'accueil, où ils sentent chez eux à présent, ce qui est aussi le cas des Italiens et des Espagnols. C'est donc un film humaniste qui traite principalement de l'immigration portugaise, de l'intégration et des racines. Toutefois même si on ne vient pas d'une famille d'immigrés (je ne parle pas seulement des Portugais), on s'attache aussitôt à l’histoire touchante de cette famille d’immigrés portugais, les Ribeiro, interprétés par Rita Blanco (vu dans le film "Amour") et Joaquim de Almeida (vu dans la série "Once Upon a Time" ou encore dans le téléfilm " Rouge Brésil") qui sont très célèbres au Portugal.


On peut néanmoins retrouver certains clichés du Portugal, mais ces derniers sont défaits avec légèreté et humour (comme la scène où Solange dit de façon maladroite qu'elle espérait manger de la morue). On peut en effet voir que les deux héros, Maria et José, font des métiers communs aux stéréotypes des immigrés portugais, tels que concierge pour Maria et chef de chantier pour José. Il s'agit ici d'un petit couple discret, parfaitement bien intégré à la France et qui rend toujours service aux autres, au point que tout le monde abuse de leur sympathie ! Ils vivent avec leur petite famille dans la petite loge du rez-de-chaussée qui représente, ici, "la cage dorée". Ils sont enfermés d'une certaine manière dans leur dévotion et leur générosité ("trop bons - trop cons " selon Lourdes la sœur de Maria) et exploités par notre société. Toutefois à la mort du frère de José, le couple se voit alors avoir l'opportunité de retourner au Portugal. Un choix cornélien s'impose ainsi car en réalité, ils se sont tellement intégrés à la société française qu'ils se sentent aussi français à présent. Cette histoire est en quelque sorte "l'histoire de la vie" de ces immigrés portugais en France que l'on peut retrouver dans ce film.


"La Cage dorée" pourrait presque faire la leçon à ces communautés qui s'installent en France, mais qui refusent néanmoins de s’intégrer en se rattachant à certaines idéologies intégristes, donnant ainsi du crédit à des partis d'extrême droite et à des mouvements xénophobes en France qui vont ensuite prôner une soi-disant "identité nationale".

Un autre thème important est également abordé dans ce film : l'union inter-classes sociales. On a l'exemple de la classe ouvrière avec les Ribeiro et du patronat avec la famille Caillaux, puisque le fils Caillaux, Charles, associé de son père, souhaite vivre avec Paula Ribeiro.


En ce qui concerne le jeu des acteurs, il est tout simplement impeccable ! Rita Blanco et Joaquim de Almeida sont particulièrement touchants. Le personnage de Solange Caillaux, interprétée magnifiquement bien par Chantal Lauby, est totalement écervelée, toujours en décalage avec la situation du moment, ce qui fait d'elle un véritable spectacle à elle toute seule. Sa maladresse est si amusante qu'on ne peut que s'attacher. Le reste du casting n'est pas en reste, en particulier Charles qui nous montre qu'il peut être aussi bien portugais que sa petite amie (il semble mieux connaître les bars portugais de la ville de Paris que Paula).


Ce film  a su parfaitement bien trouver l'équilibre entre légèreté et pesanteur, joie et tristesse.... Enfin bref,  c'est un film comme on souhaiterait en voir plus souvent dans nos salles de cinéma ! On ne voit absolument pas les minutes passer car on rit, on sourit et on est ému.


Pour conclure, il s'agit d'un petit film léger, tendre, drôle, profond, humaniste et solaire, grâce auquel on sort de la salle avec un sourire au lèvre tellement il fait plaisir à voir. Il faut dire que par ces temps de crise où l'individualisme prime de plus en plus dans notre société, il est agréable de pouvoir souligner ce qu'il y a de mieux chez l'être humain. Note du film : 8,5/10.

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