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Lord of War : 30 avis

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Un film puissant comme une déflagration !
Ce que j'ai aimé: Le scénario... C'est un sujet terriblement présent. Le jeu des acteurs, avec un Nicolas Cage très à l'aise dans ce rôle de marchand d'armes déshumanisé par une société ultra-violente. La photo de grande qualité et le talent d'Andrew Nicoll qui n'en finit pas de se construire une filmographie des plus intéressante. Au-delà d'une histoire sur le trafic d'armes international, certes connue par ceux qui s'intéressent un tant soit peu à l'actualité mondiale, Andrew Nicoll dissèque aussi bien ce réseau motifère que la conscience humaine face à un commerce de mort. L'histoire authentique de ce marchand d'arme ne captive pas tant par son propos que par l'aspect humain du film. Le personnage joué par Nicolas Cage est loin d'être un monstre, ce qui serait d'une hypocrisie éhontée qu'il en soit ainsi, tant notre société crée ses propres "monstres"... Il a une famille, une belle femme, des mômes, une maison immense, du fric à ne plus savoir qu'en faire, et même lorsque son frère est assassiné sous ses yeux, "The business must go on". Dans un contexte de mondialisation exacerbée, la vie comme la mort ne sont que des valeurs marchandes. Ce film s'inscrit dans un renouveau du cinéma hollywoodien, au même titre que "The Constant Gardener", en dénonçant les agissements d'un pays(en l'occurence les Etats-Unis, mais ça aurait pu être la France, avec nos marchands d'armes bien de chez nous qui ont pignon sur rue) qui bafoue l'ordre du monde au nom d'une logique capitaliste. On ne peut que se féliciter d'une telle prise de conscience des décideurs hollywoodiens qui depuis le 11 septembre 2001 nous avaient abreuvé de comédies teenagers insipides ou de blockbusters pour décérébrés. J'ajouterai que "Lord of war", avec la scène d'ouverture, tient là un moment culte du cinéma, avec cette balle sortie des usines d'armement qui chemine jusqu'en Afrique pour finir sa trajectoire dans le crâne d'un gamin des rues qui n'avait pour seul tort que d'être ici au plus mauvais moment. Tout est dit, il ne reste plus qu'à voir la suite, qui tient toutes les promesses d'une telle entame filmique...
Ce qui ne m'a pas plu : Pas grand chose en fait. Andrew Nicoll, réalisateur talentueux de l'inoubliable "Bienvenue à Gattaca", réussit en se frottant avec ce sujet de société, à s'en sortir avec maestria et grandeur. Rien ne l'obligeait à s'atteler à un film aussi risqué.
Je le recommande : Tout le monde... De plus de douze ans. A une époque où l'information reste aussi dramatiquement inféodée à de grands consortiums, ce film a des vertus pédagogiques évidentes. La phrase "l'homme est un loup pour l'homme" prend tout son sens à la vision de ce pamphlet.
Un avis de Sébastien Gehan, 04/09/2006

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