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Marie France Izoulet le 27 septembre 2010
Ce que j'ai aimé : Un récit dérangeant et déstabilisant, le profond malaise naît de ce personnage surréaliste : "le cancer" accroché tel un boulet au héros. Il est là, arrive à l'improviste, comme une voix d'outre-tombe, bourdonne autour de lui. C'est un double, mais un double pervers, grinçant, raillant sans cesse. Sa présence se fait étouffante et cependant notre héros, peu à peu, lui accorde de l'intérêt ; il l'apprivoise même au point que ce cancer s'interroge sur sa capacité de destruction. Pourtant le terrain choisi était favorable : forte déprime de l'écrivain, addiction à l'alcool, pensées embrumées, inappétence à la vie, aveugle à son environnement, enfin tout pour bien s'installer et creuser son trou au point d'engloutir le personnage. Et ce bruit de glaçons qui tintent ! Se glisse, par derrière, telle une ombre, la silhouette de la gouvernante, femme protectrice et attentive qui enveloppe de sa tendresse discrète et dévouée cette loque humaine, elle brûle d'un amour inavoué et s'évertue à le soutenir dans un combat qu'elle ne comprend pas. Elle aussi verra son "hôte" malin, perfide et sournois, boules aux seins, qui ne rêve que de métastases, envahisseur méticuleux, grignotant la vie. C'est avec un humour noir et grinçant que Blier traite le sujet, sur fond d'espace terne, mais il a choisi l'espoir, les personnages ne seront pas anéantis, le combat, ils le gagneront à deux. Très bonne interprétation des acteurs sur un rythme lent, celui d'une vie qui s'effiloche.