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Nelly Moaligou le 25 février 2012
Voir un prétexte à oscar pour Glenn Close dans ce film m'apparaît injustifié. Il s'agit d'une histoire captivante en plus d'un hymne à la délicatesse. Photographie très soignée avec son vert-de-gris de l'époque victorienne laissant affleurer les tensions qui vont naître du frottement de ces classes sociales aux antipodes... D'abord, le "ni homme ni femme" Albert toujours poli et élégant, sauf qu'il rase les murs. On brûle de savoir ce qui a pu arriver à des yeux aussi étincelants. Tout aussi captivants, débarquent les autres personnages, bien typés, la plupart sous la houlette de la fieffée Missis Baker, le docteur bon vivant (Brendan Gleeson), les servantes dont le sang bout dès qu'un jeune homme de passage fait ses ablutions... Et que de remous dans les étages ! Rien qu'à voir les "gueules" du casting, remonte l'atmosphère hivernale de cet hôtel, les calamités, les bals où il est permis de se lâcher, plus tous les moments de silence d'une infinie justesse qui font la marque de fabrique de l'ensemble. Ni triste ni joyeux, il arrive qu'on rie (au pas de la porte puis sur la plage !). Certes, je n'ai pas lu le livre dont c'est inspiré ni vu la pièce... Il n'empêche que c'est joliment traité. D'autant que les tiraillements évoqués parlent à notre époque d'abondance mal partagée, l'abus de pouvoir, le repli sur soi dans des rêves fumeux, la peur de rester sur le carreau...